Les volets verts : la critique du film (2022)

Drame | 1h38min
Note de la rédaction :
6/10
6
Les volets verts, l'affiche

  • Réalisateur : Jean Becker
  • Acteurs : Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Fanny Ardant, Anouk Grinberg, Tom Novembre, Stéfi Celma, Fred Testot
  • Date de sortie: 24 Août 2022
  • Nationalité : Français, Belge
  • Titre original : Les volets verts
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2022
  • Scénariste(s) : Jean-Loup Dabadie, d'après le roman Les Volets verts de Georges Simenon
  • Directeur de la photographie : Yves Angelo
  • Compositeur : Frédéric Vercheval
  • Société(s) de production : ARP Sélection, Artémis Productions, Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), BE TV, VOO.
  • Distributeur : ARP Sélection
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : 6,2 M d'euros
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : ARP Sélection, Artémis Productions, Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), BE TV, VOO.
Note des spectateurs :

Porté par l’interprétation d’un Depardieu magistral, Les volets verts est un joli film sur la fin d’une vie et d’une époque, dans une tonalité globalement sombre. Une petite réussite dans le genre.

Synopsis : « Les Volets verts » dresse le portrait d’un monstre sacré, Jules Maugin, un acteur au sommet de sa gloire dans les années 70. Sous la personnalité célèbre, l’intimité d’un homme se révèle.

Un film testamentaire

Critique : Le projet des Volets verts a été mis sur pied par Gérard Depardieu qui aimait particulièrement ce livre de Georges Simenon et qui y voyait un rôle taillé sur mesure pour sa carrure. Ainsi, les producteurs Michèle et Laurent Pétin se sont portés acquéreurs des droits du roman et le script a été confié à Jean-Loup Dabadie, peu avant sa mort en 2020. Stoppé un temps par le décès du scénariste, le projet a finalement été proposé au cinéaste Jean Becker qui a remanié le scénario afin d’approfondir la psychologie des personnages secondaires et leur octroyer davantage d’humanité.

Les volets verts, photo d'exploitation

© 2022 ARP Sélection – Artémis Productions – Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) – BE TV – VOO. Tous droits réservés.

Tournée pendant la pandémie de la Covid-19, Les volets verts est une œuvre testamentaire qui suit les derniers mois de la vie d’un monstre sacré. Brillant à la fois sur les planches et au cinéma, Jules Maugin est un comédien admiré de tous, mais qui dissimule des failles béantes derrière un alcoolisme de moins en moins discret. Effectivement, l’homme est miné par l’échec de sa vie amoureuse et notamment par sa relation finissante avec sa partenaire au théâtre qui fut autrefois sa bienaimée. Devenu désormais un vieil animal solitaire, Jules Maugin a apparemment tout pour être heureux, mais la fortune et la gloire suffisent-elles réellement ? C’est l’interrogation qui vient le hanter alors qu’il se sait condamné par un cœur usé de trop d’excès de chair et d’alcool.

Gérard Depardieu, comme toujours magistral

Jules Maugin, c’est avant tout Gérard Depardieu. Dans Les volets verts, tout tourne autour du comédien, monstre sacré lui-même, qui donne à voir ici une facette de plus de son immense talent. L’acteur vampirise totalement le personnage et ne fait plus qu’un avec lui. Sa relation avec la talentueuse Fanny Ardant est marquée du sceau de l’échec et de la nostalgie, tandis que son amitié avec le comédien fini incarné par Benoît Poelvoorde se révèle poignante. Il faut dire que l’alchimie entre les deux acteurs n’est plus à prouver, tant ils ont désormais l’habitude de se donner la réplique. Cela donne lieu aux scènes les plus cocasses du film, ainsi que les plus émouvantes, tant leur amitié semble pure.

On retrouve d’ailleurs dans Les volets verts des qualités qui avaient récemment disparues du cinéma de Jean Becker (les ratés Bon rétablissement ! et Bienvenue parmi nous), à savoir la croyance absolue dans la pureté des sentiments. Chez lui, l’amour ne peut être que total – et souvent platonique comme ici – tandis que l’amitié est une vertu cardinale. Point de cynisme chez Jean Becker, mais bien plutôt une foi indéfectible en la beauté de l’être humain, même lorsque celui-ci se trompe. Cela imprègne complètement Les volets verts et cette absence totale de cynisme fait finalement beaucoup de bien à notre époque.

Du bon cinéma à destination des seniors

Bien évidemment, les mauvaises langues pourront toujours dire qu’il s’agit encore une fois d’un cinéma de papa, cadré de manière classique et uniquement porté par les acteurs et le script. Certes, mais cela n’est-il pas logique de la part de Jean Becker dont l’œuvre s’adresse essentiellement aux seniors ? L’important est de parvenir à susciter des émotions et de l’empathie envers des personnages bien écrits et incarnés avec un maximum de crédibilité. Avec Les volets verts, Jean Becker signe donc une œuvre plutôt inspirée sur la fin d’une vie, mais aussi le crépuscule d’une époque définitivement disparue, celle des années 60-70 dépeintes ici.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 24 août 2022

Les volets verts, l'affiche

© 2022 ARP Sélection – Artémis Productions – Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) – BE TV – VOO. Tous droits réservés.

Biographie +

Jean Becker, Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Fanny Ardant, Anouk Grinberg, Tom Novembre, Stéfi Celma, Fred Testot

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Les volets verts, l'affiche

Bande-annonce de Les volets verts

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