Le premier jour du reste de ta vie : la critique du film (2008)

Chronique familiale, Comédie dramatique | 1h54min
Note de la rédaction :
9/10
9
Le premier jour du reste de ta vie, affiche

  • Réalisateur : Rémi Bezançon
  • Acteurs : Gilles Lellouche, Zabou Breitman, Déborah François, Pio Marmaï, François-Xavier Demaison, Jacques Gamblin, Marc-André Grondin
  • Date de sortie: 23 Juil 2008
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Le premier jour du reste de ma vie
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2007
  • Scénariste(s) : Rémi Bezançon
  • Directeur de la photographie : Antoine Monod
  • Compositeur : Sinclair
  • Société(s) de production : Mandarin Cinéma, StudioCanal, France 2 Cinéma
  • Distributeur : StudioCanal
  • Éditeur(s) vidéo : StudioCanal
  • Date de sortie vidéo : 27 janvier 2009 (DVD, blu-ray)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 211 280 entrées / 349 429 entrées
  • Budget : 5 820 000 €
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Digital, DTS
  • Festivals et récompenses : Sélection Festival du Film de Cabourg 2008, César 2009 (6 nominations, dont Meilleur Film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur... et 3 récompenses : Meilleur jeune espoir, Marc-André Grondin, César du Meilleur jeune espoir : Déborah François, Meilleur montage : Sophie Reine)
  • Illustrateur / Création graphique : Le Cercle Noir pour Silenzio - Photos (C) Emilie de la Hosseraye
  • Crédits : Mandarin Cinéma
Note des spectateurs :
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Le premier jour du reste de ta vie est un petit chef-d’œuvre d’intelligence qui épouse les formes du cinéma commercial pour imposer sa sensibilité lunaire. Brillant.

Synopsis : Le premier jour du reste de ta vie, ou cinq jours décisifs dans la vie d’une famille de cinq personnes, cinq jours plus importants que d’autres où plus rien ne sera jamais pareil le lendemain.

Critique : Ma vie en l’air était prometteur. On a bien fait d’y croire. Rémi Bezançon confirme de manière brillante. Réalisant que depuis Cédric Klapisch, le cinéma populaire français n’avait pas connu de révélation incontournable – du genre à suivre immanquablement à chaque nouveau long -, le cinéaste marche sur les traces du bonhomme, dans le ton mélancolique et la bonne humeur, et impose sa propre personnalité rêveuse, fraîche dans ses formes (très commerciales comme le souligne son aisance visuelle) et ses personnages (le Duris de L’auberge espagnole et des Poupées russes n’est vraiment pas loin).

Le premier jour du reste de ta vie, un film virtuose et la révélation d’un auteur

Le premier jour du reste de ta vie est gonflé. Le titre, hommage au magnifique titre de Daho (Le premier jour) ne parle pas, a priori, aux caisses du multiplexe. Sa bande-annonce du style « grand déballage d’émotions en famille » agace et son affiche est un patchwork difficilement conciliable avec le bon goût commun. Pourtant, malgré ces arguments en bêton pour provoquer son bide, ce deuxième long concentre toutes les qualités de vie pour en faire un carton magistral.

En s’intéressant aux membres d’une famille lambda, fière de son appartenance aux classes moyennes (exit les appartements bourgeois parisiens et le misérabilisme de la rue), Bezançon leur distribue une universalité salvatrice, une dose de magie bienveillante qui, malgré leurs errances, les rend tour à tour drôles et émouvants. Il aime ses personnages et nous conduit à partager ses sentiments avec un soupçon d’autobiographie qui ose plonger le spectateur dans une mise en abîme existentielle vertigineuse. Face à sa caméra le casting prospère. Gamblin est énorme. Zabou aussi. Le jeune casting est à l’unisson.

Une chronique familiale qui confine à l’universel

Plutôt que de se satisfaire de la logique chronologique habituelle, le jeune cinéaste suit l’évolution de cette famille à différents moments de son existence, justifiant ainsi le très audacieux titre. Il les resitue physiquement, professionnellement, émotionnellement et, en chemin, les replace au centre d’un microcosme familial qui prend des allures cosmiques. L’aigreur du troisième âge, la rébellion adolescente, l’arrogance du jeune premier étudiant, la confusion du glandeur, les doutes des parents vieillissants… Dans la peur, chacun cherche sa place. La clairvoyance du réalisateur émeut alors que, sous nos yeux, s’animent des personnalités qu’on a rarement vues aussi attachantes dans ce genre de productions françaises. Que ce soit dans le film de vieux con ou de jeune chébran, la comparaison tourne en sa faveur.

A travers une mise en scène et un montage fantaisistes nourris aux rêves, Bezançon, virtuose, abandonne les illusions pour l’espoir, le cynisme pour la tendresse, celle d’un artiste tout puissant et pourtant vulnérable, vis-à-vis des créatures animés qu’il a forgées dans les fissures de ses propres interrogations. Tout bonnement admirable.

Critique de Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 23 juillet 2008

Le premier jour du reste de ta vie, affiche

© Photos : Emilie de la Hosseraye / Design affiche : Le Cercle Noir pour Silencio

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Le premier jour du reste de ta vie, affiche

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