L’année du requin : la critique du film (2022)

Comédie horrifique, Pastiche | 1h27min
Note de la rédaction :
4,5/10
4,5
L'année du requin, affiche du film

  • Réalisateur : Zoran Boukherma Ludovic Boukherma
  • Acteurs : Kad Merad, Marina Foïs, Ludovic Torrent, Christine Gautier, Jean-Pascal Zadi
  • Date de sortie: 03 Août 2022
  • Nationalité : Français
  • Titre original : L'année du requin
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2022
  • Scénariste(s) : Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma
  • Directeur de la photographie : David Cailley
  • Compositeur : Amaury Chabauty
  • Société(s) de production : Baxter FIlms, Les Films Velvet, France 3 Cinéma
  • Distributeur : The Jokers
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs ( ) / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : RYSK (agence)
  • Crédits : The Jokers
Note des spectateurs :

Ni comédie drôle, ni film d’horreur, L’année du requin hésite sans cesse et finit par décevoir sur tous les plans. Le spectacle manque furieusement de mordant.

Synopsis : Maja, gendarme maritime dans les landes, voit se réaliser son pire cauchemar : prendre sa retraite anticipée ! Thierry, son mari, a déjà prévu la place de camping et le mobil home. Mais la disparition d’un vacancier met toute la côte en alerte : un requin rôde dans la baie ! Aidée de ses jeunes collègues Eugénie et Blaise, elle saute sur l’occasion pour s’offrir une dernière mission…

Un film de genre qui hésite sans cesse sur le ton à adopter

Critique : Amoureux du cinéma de genre à l’américaine, les frères Boukherma ont fait leurs armes avec le film de loup-garou décalé Teddy (2021) qui était prometteur, mais qui souffrait déjà du syndrome typique des Français, à savoir la volonté de mêler l’horreur à la comédie. Avec leur second effort intitulé L’année du requin (2002), les deux frangins abordent un genre qui a été abîmé depuis plus de deux décennies par une kyrielle de produits vidéo totalement Z du type Sharktopus vs. Whalewolf (O’Neill, 2015), un exemple parmi des dizaines et des dizaines de titres.

Avec L’année du requin, les deux frères voulaient initialement revenir à l’essence de ce type de spectacle, prenant notamment exemple sur l’architecture narrative des Dents de la mer (Spielberg, 1975). Pourtant, ils décident de situer leur histoire dans un Sud-ouest français fantasmé et ajoutent de nombreux éléments décalés qui tirent le film vers la parodie, ou tout du moins le pastiche. Il est effectivement difficile de prendre au sérieux une œuvre mettant en scène des personnages incarnés par Kad Merad ou encore Jean-Pascal Zadi. Même Christine Gautier hérite d’un personnage de gendarmette caricatural. Dès lors, seule Marina Foïs semble prendre son rôle vraiment au sérieux en jouant au premier degré cette gendarme qui refuse de prendre sa retraite afin de traquer le requin tueur.

Un squale qui cale

En fait, le métrage pourrait être découpé en deux parties distinctes, avec une première heure plutôt centrée sur la description d’une petite station balnéaire de province particulièrement plouc. Les différents personnages ne cessent de se faire le relais de la pensée complotiste qui gangrène la France de ces dernières années. On se croirait finalement davantage dans un film de Jean Girault (la saga des Gendarmes) que dans un film de genre qui se voudrait un hommage au travail de Spielberg.

Durant cette première partie, le spectateur sourit de temps à autre, mais point de grand éclat de rire puisque les auteurs ne poussent jamais le curseur assez loin. Là où un Bruno Dumont a su dynamiter la comédie française classique avec Ma Loute (2016) qui osait la surenchère jusqu’à une éventuelle overdose, L’année du requin reste étonnamment sage. Le même problème intervient dans la deuxième partie qui se veut davantage centrée sur le suspense. Il est effectivement trop tard pour susciter l’angoisse chez le spectateur qui a déjà décroché. La traque est bien trop molle et les attaques du squale trop rares pour que l’on s’intéresse vraiment aux quelques rebondissements.

Le requin a les dents émoussées

Certes, on remercie les deux auteurs d’avoir opté pour un animatronique afin de signifier la présence du requin, mais celui-ci n’apparaît quasiment jamais à l’écran et la totalité des attaques et des morsures sont filmées hors champ. Cela ne peut que provoquer la frustration devant ce qui n’est finalement ni une comédie franchement drôle, ni un film d’horreur efficace. En fait, en ne choisissant jamais le ton à adopter, les deux frères sont perdants sur tous les fronts.

En l’état, L’année du requin est avant tout un film inutile qui manque définitivement de mordant. Un comble.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 3 août 2022

L'année du requin, affiche du film

© Affiche : RYSK (agence) – The Jokers (Distributeur)

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L'année du requin, affiche du film

Bande-annonce de L'année du requin

Comédie horrifique, Pastiche

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