La mariée était en noir : la critique du film (1968)

Thriller | 1h47min
Note de la rédaction :
8/10
8
La mariée était en noir, l'affiche

  • Réalisateur : François Truffaut
  • Acteurs : Jeanne Moreau, Charles Denner, Jean-Claude Brialy, Claude Rich, Michel Bouquet, Michael Lonsdale
  • Date de sortie: 17 Avr 1968
  • Nationalité : Français Italien
  • Année de production : 1968
  • Scénariste(s) : Jean-Louis Richard, François Truffaut, d'après le roman policier éponyme de Cornell Woolrich, alias William Irish
  • Directeur de la photographie : Raoul Coutard
  • Compositeur : Bernard Herrmann
  • Société(s) de production : Les Films du Carrosse, Les Productions Artistes Associés, Dino de Laurentiis Cinematografica
  • Distributeur (1ère sortie) : Les Artistes Associés
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Warner (VHS) / Fox Pathé Europa (DVD)
  • Date de sortie vidéo : 5 mars 2008 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 274 411 entrées / 394 280 entrées
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.66 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : Nomination aux Golden Globes 1969 dans la catégorie Meilleur film étranger
  • Illustrateur / Création graphique : René Ferracci
  • Crédits : © 1968 Les Films du Carosse Inc.
Note des spectateurs :
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Avec La mariée était en noir, Truffaut signe un thriller implacable, à la fois bel hommage aux films noirs et sublimation du mystère féminin. Sensuel et envoûtant.

Synopsis : Une jeune femme monte une implacable vengeance contre cinq hommes qu’elle tue un à un afin de se venger de ce qu’ils lui ont fait par le passé.

Quand le film noir rencontre la critique sociale

Critique : Grand admirateur du cinéma noir américain, ainsi que des intrigues minimalistes servant de base aux meilleures réalisations d’Alfred Hitchcock, François Truffaut adapte en 1968 un célèbre roman de William Irish datant de 1940, autour de l’implacable vengeance d’une femme traumatisée par la mort de son conjoint. Retrouvant Jeanne Moreau, son actrice fétiche de Jules et Jim (1962), le cinéaste lui offre ici l’un de ses plus beaux rôles, à la fois troublant, poignant et glaçant.

Jouant avec les conventions du film noir, l’auteur bouleverse l’image traditionnelle de la femme fatale en lui donnant une raison valable de se venger et par-là même en la transformant en une victime potentiellement dérangée. Truffaut s’intéresse ainsi pour la première fois à un personnage d’obsessionnel compulsif, comme il le fera par la suite pour L’homme qui aimait les femmes (1977) ou encore La chambre verte (1978). Chassant sur les terres de Claude Chabrol, il décrit au passage une bourgeoisie provinciale peu reluisante, uniquement fondée sur les apparences et dissimulant soigneusement ses perversions aux yeux de tous. Mais au-delà de cette thématique sociale, l’intérêt principal du métrage réside dans cette attraction-confrontation entre la femme mystérieuse et les hommes qui ont causé sa perte.

Eros et Thanatos

Là où d’autres réalisateurs auraient fondé toute l’œuvre sur le suspense ou la tension dramatique, l’auteur de La peau douce préfère filmer les rapports troubles entre la femme sublimée et ces mâles tous plus pitoyables les uns que les autres. Qu’ils soient des séducteurs impénitents ou d’indécrottables timides, leur attirance immédiate pour cette beauté n’est mue que par le désir de possession, ainsi que par la fascination qu’elle exerce sur eux. Alors que l’homme se rêve conquérant, la femme, par son pouvoir de séduction, mène le jeu, les entraînant irrémédiablement vers la mort.

Cette rencontre d’Eros et Thanatos est filmée avec une grâce infinie par un cinéaste qui épouse amoureusement les formes chatoyantes de son actrice, totalement magnifiée. Ainsi, jamais thriller n’aura été aussi sensuel, emballé comme un film d’amour romantique qui tournerait à la danse macabre.

La mariée était en noir et le spectateur en fête

Alors que le sujet pouvait donner lieu à une surenchère de violence gratuite afin de justifier l’autodéfense, Truffaut se contente d’enregistrer le drame intérieur d’une femme brisée qu’il n’approuve ni ne condamne. Le tout est mis en musique avec lyrisme par Bernard Herrmann, compositeur attitré de Hitchcock, et interprété par le gratin des acteurs français de l’époque. De quoi faire de ce film un incontournable du genre.

Sorti peu de temps avant les événements de mai 68, le film est parvenu malgré tout à trouver son public en cumulant 1 274 411 entrées sur tout l’Hexagone. François Truffaut retrouvait ainsi le succès après plusieurs années difficiles, puisqu’il faut remonter à Jules et Jim (1962), déjà avec sa muse Jeanne Moreau, pour retrouver de tels chiffres de fréquentation.

Le DVD (édition 2008) :

Compléments : 0 / 5

A part un petit livret très succinct, aucun supplément n’est disponible dans cette édition qui ne comporte même pas de menu.

Image & son : 1 / 5

Comme pour La chambre verte, l’image est très abîmée, comportant griffures, brûlures et autres défauts que l’on pensait désormais réservés à la préhistoire de la cassette vidéo. Le contraste est un peu meilleur à cause d’une photographie plus lumineuse, mais l’ensemble aurait vraiment mérité une restauration. Les pistes en mono sont toutes dans un état lamentable, la française présentant du souffle, des grésillements et autres saturations sur la musique, ainsi qu’un volume sonore trop faible pour bien saisir tous les dialogues.

Critique et test DVD de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 17 avril 1968

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La mariée était en noir, l'affiche

© 1968 Les Films du Carosse Inc. / Affiche : René Ferracci © ADAGP Paris, 2020. Tous droits réservés.

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