Incroyable mais vrai : la critique du film (2022)

Comédie fantastique | 1h14min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Incroyable mais vrai, affiche du film de Quentin Dupieux

  • Réalisateur : Quentin Dupieux
  • Acteurs : Benoît Magimel, Alain Chabat, Léa Drucker, Anaïs Demoustier, Michel Hazanavicius
  • Date de sortie: 15 Juin 2022
  • Nationalité : Français, Belge
  • Titre original : Incroyable mais vrai
  • Titres alternatifs : Incredible But True (titre international) / Otroligt men sant (Suède) / Prawdziwe, choć nieprawdopodobne (Pologne)
  • Année de production : 2022
  • Scénariste(s) : Quentin Dupieux
  • Directeur de la photographie : Quentin Dupieux
  • Compositeur : Jon Santos
  • Société(s) de production : Atelier de Production, Arte France Cinéma, Versus Production, VOO, BE TV
  • Distributeur (1ère sortie) : Diaphana Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : 4,3 M d’euros
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Atelier de Production, Arte France Cinéma, Versus Production
Note des spectateurs :

Fondé sur un postulat absurde, Incroyable mais vrai est un pur conte philosophique plus mature qu’à l’accoutumée chez Quentin Dupieux. Ce qui n’empêche pas quelques moments vraiment drôles, et parfois même poignants.

Synopsis : Alain et Marie emménagent dans un pavillon. Une trappe située dans la cave va bouleverser leur existence.

Quentin Dupieux s’attaque au conte philosophique

Critique : Doublement d’actualité en cette année 2022, le réalisateur Quentin Dupieux vient tout juste de présenter au Festival de Cannes Fumer fait tousser qui devrait sortir sur nos écrans au mois de novembre prochain, tandis qu’il propose actuellement sa nouvelle comédie fantastique Incroyable mais vrai. Point commun entre les deux longs-métrages, la présence à leur générique d’Alain Chabat (que Dupieux avait déjà dirigé dans le très bon Réalité) et d’Anaïs Demoustier (vue dans Au poste !). Cependant, il n’avait encore jamais collaboré avec Léa Drucker et Benoît Magimel qui infiltrent donc pour la première fois l’univers barré du cinéaste insaisissable.

Ceux qui ont été séduits par Mandibules (2021) et son duo de crétins confrontés à un univers absurde retrouveront encore un postulat de départ bien étrange, mais Incroyable mais vrai est bien moins une comédie qu’un conte philosophique. Il y a bien sûr des scènes cocasses et quelques gags décalés qui font vraiment rire, mais l’ambiance est ici malgré tout plus sérieuse qu’à l’accoutumée. De même, le réalisateur semble pour une fois s’être astreint à une certaine rigueur dans la conception de son histoire qui propose un début, un milieu et une fin qui forment un tout cohérent et compréhensible.

Une histoire sur le temps qui passe

Au lieu de se laisser guider par l’inspiration du moment, on sent chez Dupieux la volonté de raconter une histoire complète qui propose une vision assez désabusée de l’humanité. Sans révéler quoi que ce soit de l’intrigue principale qui doit effectivement être tenue secrète pour que les spectateurs soient surpris, Quentin Dupieux s’interroge ici sur les notions de temps qui passe, d’érosion au sein des couples, mais aussi de névrose intérieure qui s’exprime par des dérivatifs. Ainsi, chaque personnage poursuit un rêve qui lui est propre, mais qui finit par le conduire à sa perte.

Incroyable mais vrai, photo d'exploitation

© 2022 Atelier de production, Arte France Cinéma, Versus Production

On retrouve notamment ici l’idée que la société moderne offre désormais la possibilité d’améliorer nos performances en nous upgradant. Ainsi, Dupieux rejoint les thématiques chères à un certain David Cronenberg en évoquant les possibilités offertes par le transhumanisme. Pour cela, il convoque une structure narrative proche de celle d’une œuvre de SF ibérique intitulée Timecrimes (2007) de Nacho Vigalondo. Là encore, nous n’en dévoilerons pas davantage afin de maintenir la surprise des spectateurs.

Un moteur comique inattendu nommé Benoît Magimel

Toutefois, malgré son aspect de comédie fondée sur un postulat fantastique, Quentin Dupieux livre en même temps un commentaire ironique sur notre société actuelle et sur l’individualisme qui peut entraîner les êtres vers un égotisme ravageur. Pour développer cette thématique plus riche que d’habitude, Quentin Dupieux peut compter sur des acteurs au diapason. Étrangement, Alain Chabat n’est aucunement le moteur comique de l’œuvre puisque le personnage le plus drôle est incarné avec beaucoup d’entrain par Benoît Magimel.

Celui-ci se régale dans ce rôle de patron beauf et macho uniquement préoccupé par ses performances sexuelles et l’admiration qu’il peut susciter chez les autres. Il est ici particulièrement marrant. Anaïs Demoustier est aussi amusante en « chaudasse » (dixit les dialogues du film). En comparaison, le couple formé par Léa Drucker et Alain Chabat paraît un peu plus terne, ce qui est volontaire puisque l’usure du temps a fait son œuvre et emporté les espoirs de la jeunesse.

Une œuvre plus construite et cohérente pour Dupieux

Esthétiquement proche de ses œuvres précédentes – période américaine (Wrong et Wrong Cops) – Incroyable mais vrai profite d’un décor moderne et d’images saturées de couleurs froides pour déployer ses charmes. Il est enrobé d’une musique électronique décalée de Jon Santos qui a repris des thèmes de Bach en les jouant au synthétiseur. Cela évoque notamment les créations de Wendy Carlos pour Orange mécanique (1971) de Stanley Kubrick.

Film plus construit et rationnel que les précédents de son auteur, Incroyable mais vrai souffre peut-être encore de sa très courte durée pour rester longtemps imprimé dans les mémoires. Toutefois, il s’agit d’une preuve supplémentaire de la régularité d’inspiration d’un auteur qui parvient à se renouveler, tout en creusant un sillon apparemment identique. Il est sans aucun doute l’un des cinéastes les plus motivants actuellement en activité dans nos contrées.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 15 juin 2022

Incroyable mais vrai, affiche du film de Quentin Dupieux

© 2022 Atelier de production, Arte France Cinéma, Versus Production

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Quentin Dupieux, Benoît Magimel, Alain Chabat, Léa Drucker, Anaïs Demoustier, Michel Hazanavicius

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Incroyable mais vrai, affiche du film de Quentin Dupieux

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