Histoires de la nuit : la critique du film (2026)

Thriller | 1h54min
Note de la rédaction :
7/10
7
Histoires de la nuit, l'affiche

  • Réalisateur : Léa Mysius
  • Acteurs : Benoît Magimel, Monica Bellucci, Hafsia Herzi, Paul Hamy, Bastien Bouillon, Alane Delhaye
  • Date de sortie: 16 Sep 2026
  • Année de production : 2026
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Histoires de la nuit
  • Titres alternatifs : The Birthday Party (titre international) / Niech żyją nam (Pologne)
  • Casting : Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon, Monica Bellucci, Tawba El Gharchi, Paul Hamy, Alane Delhaye, Servane Ducorps, Tatia Tsuladze, Jean-Paul Daniel, Dario Hardouin-Spurio, Lou Nadaud, Anna Balcerzak
  • Scénariste : Léa Mysius
  • D'après : le roman éponyme de Laurent Mauvignier
  • Monteur : Yorgos Lamprinos
  • Directeur de la photographie : Paul Guilhaume
  • Compositrice : Florencia Di Concilio
  • Cheffe Maquilleuse : Alice Robert
  • Cheffe décoratrice : Esther Mysius
  • Costumière : Judith de Luze
  • Producteur : Jean-Louis Livi
  • Sociétés de production : F Comme Film, France 3 Cinéma, Division
  • Distributeur : Le Pacte
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Budget : 4 980 000 euros
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Box-office nord-américain / monde : -
  • Classification : Interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement : "La cellule familiale au cœur de la violence du film et plusieurs scènes de meurtre sont susceptibles de perturber un public sensible"
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals : Festival de Cannes 2026 : sélection officielle, en compétition
  • Nominations : -
  • Récompenses : Festival de Cannes 2026 : prix CST de la jeune technicienne de cinéma pour Esther Mysius
  • Illustrateur/Création graphique : © Silenzio. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © F Comme Film, France 3 Cinéma, Division. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Tony Arnoux, Pablo Garcia-Fons
Note des spectateurs :

Thriller tendu, Histoires de la nuit permet à Léa Mysius de livrer un home invasion violent aux personnages complexes. Une réussite portée par une musique stressante.

Synopsis : Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…

L’adaptation libre d’un roman de Laurent Mauvignier

Critique : Alors qu’elle envisageait depuis des années de rendre hommage au film A History of Violence (2005) de David Cronenberg, la réalisatrice Léa Mysius, déjà auteure des très bons Ava (2017) et Les Cinq diables(2022), est tombée par hasard sur le livre de Laurent Mauvignier intitulé Histoires de la nuit, sorti en librairie en 2020. Il se trouve que les deux intrigues se rejoignent sur plusieurs points, ce qui a motivé la décision de la cinéaste, d’autant que le producteur Jean-Louis Livi lui a proposé d’en acheter les droits d’adaptation pour l’écran. Cet alignement des planètes a permis à la scénariste de se lancer dans ce nouveau défi.

Histoires de la nuit, photo 1

© 2026 F Comme Film, France 3 Cinéma, Division. Tous droits réservés.

Contacté par la réalisatrice, Laurent Mauvignier a préféré ne jamais intervenir dans l’adaptation d’un roman qu’il a mis trois ans à finaliser. Il a notamment accepté l’idée de Léa Mysius de supprimer tous les passages en flashbacks afin de créer une unité de lieu et de temps. Effectivement, pour la cinéaste, le but était de faire monter la tension en cours de récit, ce qui aurait été impossible si l’action était sans cesse interrompue par des retours en arrière, par ailleurs trop explicatifs.

Un home invasion à la française

Léa Mysius, qui a toujours montré un goût pour le cinéma populaire, embrasse donc ici le sous-genre du home invasion. Elle pose donc les bases d’une intrigue parfaitement linéaire où des personnages vont se rencontrer, avant de s’affronter et, par des dérapages successifs vont finir par s’écharper dans un flot de violence que n’aurait pas renié le Sam Peckinpah des Chiens de paille (1971). Située dans un hameau perdu au milieu de nulle part, l’histoire suit parallèlement le destin d’une petite famille composée de Hafsia Herzi, plutôt énigmatique, Bastien Bouillon en éleveur criblé de dettes et leur petite fille jouée avec talent par la débutante Tawba El Gharchi, et de leur voisine peintre interprétée par une glaciale Monica Bellucci.

Le jour de l’anniversaire de la mère de famille, trois intrus s’invitent à la fête, armés jusqu’aux dents et visiblement bien décidés à en découdre. Alors que la voisine est prise en otage, la famille va devoir régler ses comptes avec un passé qui va venir écorner le vernis d’un bonheur artificiel. En réalité, la famille est déjà décrite comme une entité fracturée, et la suite viendra expliquer les non-dits qui minent les relations entre les trois, tout en finissant par les ressouder au terme d’une aventure fort traumatique.

Des personnages complexes qui échappent à la caricature

Le trio d’intrus est d’ailleurs incarné avec beaucoup de charisme par Benoît Magimel, d’une rouerie parfaitement entretenue, Paul Hamy en mec violent et sans nuance et surtout Alane Delhaye qui interprète le frangin le plus faible des trois, mais aussi le plus dangereux par son imprévisibilité. Le comédien qui a été découvert adolescent dans la mini-série de Bruno Dumont P’tit Quinquin (2014) constitue l’un des points forts du métrage tant il manie avec brio les registres – du mec inquiétant, au type sympa, voire pathétique, jusqu’à l’implacable machine à tuer.

Histoires de la nuit, photo 2

© 2026 F Comme Film, France 3 Cinéma, Division. Tous droits réservés.

Dans ce type de film en huis-clos, les comédiens sont forcément très sollicités et ils sont ici tous au diapason, tandis que la réalisatrice manie avec talent les silences, les non-dits et aussi les moments de pure violence. Soutenu par une excellente partition musicale bruitiste créée par Florencia Di Concilio, Histoires de la nuit suit une implacable progression vers l’explosion de violence durant près de deux heures qui permettent de construire des personnages complexes, et donc forcément intéressants.

Une tension continue qui éclate en toute fin

Grâce aux dialogues et à l’interprétation nuancée de l’intégralité du casting, les différents protagonistes échappent aux archétypes et deviennent des êtres humains complexes. La mère de famille dissimule un secret inavouable sur son passé et demeure mystérieuse de bout en bout. Face à elle, Benoît Magimel pourrait n’être qu’un méchant de plus, mais le comédien parvient à insuffler une réelle humanité à cet homme qui se sent trahi. Enfin, la gamine change régulièrement de camp puisqu’elle se sent affectée directement par les révélations des intrus.

Tout ceci nous mène inexorablement vers un dernier quart d’heure où la violence peut enfin s’exprimer, comme un geste libérateur après tant de tension accumulée. La réalisatrice n’hésite pas à faire couler le sang ou à faire exploser des boites crâniennes, ce qui justifie pleinement son interdiction aux moins de 12 ans assorti d’un avertissement.

Une réussite passée par le Festival de Cannes 2026

Grâce à une réalisation inspirée, des comédiens au diapason et une bande originale aux petits oignons, Histoires de la nuit s’impose donc comme un film d’auteur intéressant, tout en rendant un vibrant hommage au sous-genre du home invasion.

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2026, le thriller tendu est reparti bredouille dans les catégories les plus importantes, mais bénéficie désormais d’une sortie par Le Pacte sur une combinaison très large de 340 copies. D’ailleurs, cela risque de nuire au long métrage, pas vraiment taillé pour une telle exposition, étant donné sa violence et son caractère jusqu’au-boutiste.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 16 septembre 2026

Histoires de la nuit, l'affiche

Affiche : Silenzio, © Comme Film, France 3 Cinéma, Division.

Biographies +

Léa Mysius, Benoît Magimel, Monica Bellucci, Hafsia Herzi, Paul Hamy, Bastien Bouillon, Alane Delhaye

Mots clés

Cinéma français, Thrillers français, Home Invasion, Le monde paysan au cinéma, Compétition Festival de Cannes 2026 

 

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