Drôle et enlevé, Falcon Express constitue un film d’action idéal pour les petits, tout en amusant également les accompagnateurs adultes. Un bel exemple du savoir-faire français en matière d’animation.
Synopsis : Des animaux de compagnie, piégés dans un train lancé à toute allure, vont devoir déjouer les plans de Hans, un blaireau rancunier en quête de vengeance. Alors que le crash semble inévitable, les animaux peuvent compter sur Falcon, un raton-laveur filou et débrouillard, prêt à tout pour les sauver !
Les As du rail
Critique : Depuis le début des années 2000, le studio d’animation toulousain TAT créé par Eric Tosti, David Alaux et Jean-François Tosti a gagné ses lettres de noblesse, notamment grâce à leur programme phare, la série animée Les As de la jungle constituée d’un premier moyen métrage (Les As de la jungle : Opération banquise, sorti en salles en 2013), d’une première série de 26 épisodes réalisés en 2011, puis d’une deuxième salve plus conséquente forte de 158 segments créés entre 2014 et 2020.

© 2025 TAT productions, Apollo Films Distribution, France 3 Cinéma, Kinologics. Tous droits réservés.
Ce succès a été confirmé en 2017 avec le long métrage Les As de la jungle (David Alaux, Eric Tosti et Jean-François Tosti, 2017) qui a réuni 684 123 bambins dans les salles françaises. Dès lors, le studio a pu développer d’autres projets originaux comme Terra Willy, planète inconnue (2019) et Pil (2021). Mais c’est avec Pattie et la colère de Poséidon (David Alaux, 2022) qu’ils atteignent leur pic de popularité avec 863 012 gamins hilares.
Runaway Train pour les gosses
De quoi les motiver pour écrire et mettre en chantier Falcon Express (2025) qui est leur budget le plus conséquent avec tout de même 12,5 millions d’euros en jeu. Les auteurs voulaient ici rendre hommage aux films catastrophes ferroviaires comme Runaway Train (Andreï Konchalovsky, 1985), mais aussi Speed (Jan de Bont, 1994) et plus récemment Unstoppable (Tony Scott, 2010). Toutefois, les adultes pourront aussi apprécier des références plus ou moins directes à la saga Mission : Impossible menée par Tom Cruise, ainsi qu’aux Tortues ninjas et d’autres monuments de la culture populaire comme Star Wars, à travers l’aéroglisseur du méchant blaireau Hans. Enfin, les cinéphiles s’amuseront aussi d’un clin d’œil au cinéma d’action de John Woo.
L’histoire développée par le trio fondateur du studio avait pour but d’être universelle puisque l’on ne sait jamais trop dans quel pays l’on se trouve. Cela permettait de vendre le film à l’international, y compris aux Etats-Unis. Enfin, l’idée de mettre en scène des animaux de compagnie renforce encore un peu plus l’universalité du propos. Ainsi, les enfants seront ravis de découvrir tout un bestiaire forcément mignon fait de chat, chiens, cochons d’Inde, poisson clown, tortue, ainsi qu’un serpent (appelée Anna Conda, fallait l’oser !), un blaireau, un canard méridional fan de rugby, un pigeon et enfin le héros raton-laveur.
De pleins wagons de gags
Certes, le design est parfois un peu sommaire, mais les protagonistes sont globalement trognons et feront fondre n’importe quel gamin. L’animation, quant à elle, apparaît comme très fluide et franchement digne des productions étrangères, sachant que le budget de Falcon Express est dix à vingt fois inférieur à celui des productions Pixar. Bien entendu, les textures sont nettement moins soignées, ainsi que les décors naturels qui semblent brossés à gros traits, mais le résultat demeure impressionnant pour un tel budget, prouvant une fois de plus le savoir-faire imparable du studio français.
Dynamité à coups de gags fort drôles, d’anthropomorphisme amusant et d’action pétaradante – mais pas hystérique comme dans certaines productions enfantines récentes – Falcon Express s’impose comme un spectacle parfait pour les enfants dès l’âge de six ans (ou sept pour les plus impressionnables).
Falcon Express en guerre contre les réseaux sociaux
De leur côté, les adultes pourront s’amuser de la critique des réseaux sociaux où certains propriétaires d’animaux de compagnie se servent de leur petite boule de poils pour créer des vidéos et faire le buzz. Enfin, les auteurs critiquent également l’influence néfaste des médias et notamment des chaines d’information en continu qui cherchent toujours le sensationnel afin de faire exploser l’audimat. Certes, tout ceci ne va pas très loin, mais on saluera l’initiative de ne pas laisser les accompagnateurs sur le bas-côté.

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Box-office français de Falcon Express
Pour être certain de démarrer en trombe, le distributeur Apollo Films a positionné la sortie de Falcon Express le mercredi 2 juillet 2025 qui était également le dernier jour de la Fête du cinéma. Bien lui en a pris puisque le film d’animation a pris la tête des nouveautés ce mercredi avec 45 421 spectateurs dans 457 salles, auxquels il faut ajouter 12 400 bambins en avant-première. Le pari est donc réussi et le long-métrage a profité de ce départ tonitruant pour attirer 115 219 gosses en vacances dès sa première semaine, pour une neuvième place hebdomadaire.
Pourtant, la semaine suivante souffre de l’absence de la Fête du cinéma et le film chute de 57 % avec 49 412 survivants du crash, sans doute lié à la concurrence directe de Superman de James Gunn. Mais Apollo Films pousse son poulain dans une centaine de salles supplémentaires et limite la casse en troisième septaine avec encore 44 746 enfants pour un total qui dépasse déjà les 200 000 tickets. Par la suite, le métrage va continuer à bien fonctionner au mois de juillet, mais est confiné aux séances du matin durant tout les mois d’août et septembre. A l’arrivée, ils ont été 275 945 voyageurs à prendre le train des vacances, ce qui est décevant par rapport aux derniers titres du studio toulousain, plus fréquemment habitué à tutoyer les 900 000 tickets.
Et à l’international ?
Si le résultat français paraît quelque peu décevant au vu du budget, Falcon Express a été vendu partout dans le monde, cumulant à chaque fois un nombre conséquent d’entrées et lui permettant de devenir une opération rentable sur le plan international. Aux Etats-Unis, Pets on a Train (son titre local) a généré 1,9 M$, mais son plus gros marché mondial demeure la Russie avec un cumul de 3,4 M$. Derrière, la France et le Royaume-Uni sont à égalité avec 2,1 M $ de recettes. Les Etats-Unis constituent donc son 4ème plus gros marché mondial. Une belle performance d’envergure mondiale pour le studio toulousain.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 2 juillet 2025
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Jean-Christian Tassy, Benoît Daffis
Mots clés
Cinéma français, Cinéma d’animation française, Les trains au cinéma, Les films avec des animaux qui parlent, Animaux animés