Cat’s Eye : la critique du film (1985)

Epouvante-Horreur, Film à sketchs | 1h34min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Stephen King's Cat's eye, jaquette française VHS Delta Vidéo / Cannon Film

  • Réalisateur : Lewis Teague
  • Acteurs : James Woods, Drew Barrymore, Alan King, Kenneth McMillan, Robert Hays
  • Date de sortie: 12 Avr 1985
  • Nationalité : Américain
  • Scénariste : Stephen King
  • Directeur de la photographie : Jack Cardiff
  • Compositeur : Alan Silvestri
  • Distributeur : Film inédit en salles en France. La date ci-dessus est celle de la sortie américaine.
  • Editeur vidéo : Delta Vidéo & Cannon Vidéo (VHS) / TF1 Vidéo (VHS) / Une Vidéo (VHS)
  • Budget : 7 M$
  • Box-office USA : 13 M$
  • Format : 2.39 : 1 / Son : Dolby Stéréo
  • Crédits visuels : © 1985 Famous Films Productions N.V. Tous droits réservés. Visuels : Enzo Sciotti, Jano... All Rights Reserved
Note des spectateurs :

Sur les traces de Creepshow, Cat’s Eye est un film à sketchs maudit en France. Sympathique, même si son second degré annule toute forme de frissons.

Synopsis : 1er sketch,  » Desintox INC  » Une entreprise utilise un moyen pour le moins original et radical pour se débarrasser des fumeurs incurables…

2ème sketch,  » la corniche  » Un homme trompé, oblige l’amant de sa femme à escalader la fenêtre de leur appartement, au 20 e étage et de faire le tour de l’immeuble sur la corniche étroite…

3ème et dernier sketch,  » Le général  » Une petite fille est persécutée par un abominable lutin qui vit dans un trou du mur de sa chambre…

Chaque histoire est liée par l’histoire d’un chat qui se balade dans la ville, et qui voyage.

Une nouvelle anthologie de sketchs sur le modèle de Creepshow

Critique : Au milieu des années 80, le producteur Dino De Laurentiis cherche à exploiter au maximum l’extrême popularité du romancier Stephen King et leur collaboration sera fructueuse jusqu’en 1987 avec des films comme Peur Bleue de Daniel Attias et surtout Maximum Overdrive, réalisé par le King lui-même.

Le célèbre nabab italien cherche également à capitaliser sur la popularité de Drew Barrymore, enfant star révélée par E.T, l’extra-terrestre (Spielberg, 1982). Satisfait du travail de la jeune fille durant le tournage de Charlie/Firestarter (Lester, 1984), De Laurentiis propose à Stephen King d’écrire un nouveau projet juste pour elle. King n’en est que plus ravi et propose au producteur, le jour suivant, l’idée de The Cat, où comment une jeune fille est harcelée par une forme démoniaque. De Laurentiis lui demande de compléter cette histoire charismatique par deux autres récits pour une nouvelle anthologie, à l’image de Creepshow (Romero, 1982) ou de La Quatrième dimension ou en En plein cauchemar de Joseph Sargent. Les deux premiers segments sont librement adaptés du recueil de nouvelles Danse macabre (Night Shift) publié en 1978, mais dont les droits pour l’écran appartenaient désormais à Milton Subotsky. Ce dernier acceptera de les céder à condition que son nom figure au générique.

Cat's Eye de Lewis Teague, affiche cinéma américaine

Affiche américaine de Cat’s Eye – © 1985 Famous Films Productions N.V. Tous droits réservés.

Afin de diriger cette anthologie, Stephen King propose Lewis Teague, cinéaste qui connaît nos « ennemies » les bêtes (L’incroyable alligator) et dont il apprécia l’adaptation de Cujo (1983), pour lui, l’une des meilleures adaptations de son œuvre. A travers ce film, le réalisateur a notamment montré sa capacité à diriger à la fois des animaux et des enfants, défi qui est à relever une nouvelle fois ici, puisqu’il faudra entraîner pas moins de 16 chats. D’ailleurs, le dresseur professionnel Karl Lewis Miller, à l’œuvre avec les différents chiens de Cujo, sera chargé de cet exercice. La passerelle entre les deux films est définitivement établie. L’importance de l’animal est d’autant plus grande que Dino De Laurentiis a imposé à King l’idée d’un lien entre la jeune enfant que joue Barrymore et un chat qui va traverser les histoires, servir de fil conducteur et de liant entre chacune de ces histoires toutes plus disparates les unes des autres. La première réaction de Stephen King face à cette idée a priori saugrenue, fut de dire que le producteur était dingue de penser qu’il était possible de relier ces histoires de la sorte. D’ailleurs, malheureusement, le distributeur MGM/UA aux USA, à la dernière minute, imposera la coupe du prologue du film qui expliquait le lien entre le chat et l’enfant, ce qui nuira considérablement au sens même du film. Il faut dire qu’il y est question des funérailles d’un enfant. Trop sombre pour un divertissement horrifique qui ambitionne une audience jeune.

Pour Stephen King, c’est la première fois depuis Creepshow qu’il peut s’impliquer à ce point sur le processus créatif du film et c’est même le film qui lui donnera envie de passer à l’étape de la réalisation, l’année suivante, avec Maximum Overdrive. De toutes les collaborations avec De Laurentiis, si l’on écarte la réussite manifeste de The Dead Zone de David Cronenberg, c’est de loin le film qu’il préfère pour l’investissement personnel qui lui a été permis de manifester. Et pourtant le film sera un petit échec dans les salles américaines. Mais à la tâche sur le scénario, King trouvera l’expérience passionnante.

Cat’s Eye, un film omnibus PG 13

Toutefois, si Cat’s Eye cherche bien à rivaliser avec Creepshow et les films omnibus dégoupillés par la Hammer et la Amicus dans les années 70, le résultat s’avère nettement plus modeste de par la volonté des auteurs de tirer le spectacle vers la comédie ou le spectacle enfantin. Il ne faut donc pas espérer ressentir le grand frisson devant ce film d’épouvante qui ne fera peur à personne.

Le ton est donné par le générique qui reprend volontairement des moments culte des films estampillés Stephen King. On y croise notamment le chien enragé Cujo, une voiture rouge nommée Christine, tandis que les personnages regardent Dead Zone (Cronenberg, 1984) à la télévision un autre lit Simetierre au lit. Ces clins d’œil voulus par l’auteur, somme toute sympathiques, nous amènent vers le premier sketch, Desintox Inc, avec un James Woods qui tente d’arrêter de fumer et se retrouve aux prises avec une société privée aux méthodes radicales. Certes, le sketch s’avère plutôt drôle dans son absurdité totale, mais la demi-heure qui lui est consacrée est un peu longue, d’autant que la chute n’est pas excellente. On en sort vaguement amusés.

Les différents visuels de Cat's eye (stephen King) dans le monde

© 1985 Famous Films Productions N.V. Tous droits réservés. Visuel : E. Sciotti, Jano… All rights reserved.

Cat’s Eye ne cherche jamais la peur

Cela s’améliore avec le sketch suivant intitulé La corniche, de loin le meilleur du lot. Celui-ci reprend le principe de la vengeance maritale déjà vue dans Creepshow (le sketch Messes basses à marée basse, avec Leslie Nielsen et Ted Danson), mais en évacuant les éléments fantastiques. L’amant pris la main dans le sac est ainsi contraint par le mari – un truand notoire – à faire le tour de son immeuble en équilibre sur une corniche. Outre de superbes effets qui rendent ses évolutions au-dessus du vide stressantes, le réalisateur multiplie les éléments comiques avec bonheur (le coup de pied dans le pigeon, le klaxon etc…). Le jeu de Robert Hays et de Kenneth McMillan permet également de profiter d’un sketch vraiment amusant.

Enfin, le troisième segment de Cat’s Eye confronte Drew Barrymore à un troll qui cherche à aspirer son fluide vital durant la nuit. Heureusement, le chat du titre viendra défendre sa nouvelle maîtresse. Porté par une réalisation efficace et surtout d’excellents effets spéciaux de Carlo Rambaldi, le sketch ressemble davantage à un épisode des Histoires fantastiques de Spielberg qu’à une œuvre de Stephen King. Le sketch n’est aucunement mauvais, mais s’inscrit dans un style familial typique des productions PG 13.

Un matou privé de sortie en France

Pas étonnant donc de constater la déception commerciale de cette œuvre agréable, mais dispensable. N’ayant glané que 13 millions de dollars pour un budget de 6 millions, Cat’s Eye n’a pas totalement été à la hauteur des attentes. Ce n’est pas un camouflet, puisque la même année Peur bleue et son lycanthrope échouera à 12M$, Maximum Overdrive l’année suivante fera une sortie de route à 7M$ avec un budget plus élevé, et l’indie Horror Kid, en 1984, avait ratissé 14 millions de dollars dans ses champs de maïs. Mais Dino de Laurentiis espérait revenir aux bons scores de Creepshow, Cujo, Christine, Dead Zone…, c’est-à-dire à ces adaptations costaudes qui dépassaient systématiquement les 20 patates.

Dans ce contexte, on peut se demander pourquoi Cat’s Eye n’est même pas sorti sur les écrans français où il est resté longtemps inédit, même en VHS. Delta Vidéo le proposera seulement au début des années années 90. L’oeil du chat ne connaîtra d’ailleurs aucune édition DVD sur notre sol, alors qu’à l’étranger il a été surexploité. Curieusement, il s’est doucement fait une place sur le marché hexagonal via la VOD où il sévit en toute discrétion.

On notera le triste visuel américain, plus proche d’une jaquette de DTV que d’une affiche de cinéma des années 80. Elle a aussi lourdement contribué à discréditer cette œuvre d’une époque où les enfants d’Amblin étaient décidément rois.

Critique collaborative : Virgile Dumez et Frédéric Mignard

Lire notre dossier Creepshow

Les adaptations de Stephen King sur CinéDweller

Un site ami sur Stephen King

Voir le film en VOD

© 1985 Famous Films Productions N.V. Tous droits réservés. – Affiche cinéma italienne par Enzo Sciotti

Le site de Enzo Sciotti

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