Jean Rollin

Réalisateur, Scénariste, Acteur
Lèvres de sang, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 3 novembre 1938 à Neuilly-sur-Seine
  • Date de décès : 15 décembre 2010 à Paris
  • Crédit visuel : © 1975 Nordia Films - Off Production - Scorpion V / Illustrateur : Caza. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Chantre d’un fantastique poétique suranné, fidèle à un genre banni du cinéma français, Jean Rollin est un auteur maudit qui dès son premier film, Le viol du vampire, a été assassiné par la critique de mai 68 et s’est battu pour imposer son style unique dans un genre commercial où il allait imposer ses propres codes et un phrasé décalé qui allait être sa patte.

Un réalisateur incompris

Il devient ainsi dès son premier long le spécialiste du vampirisme rustique, un cinéma d’errance et d’érotisme saphique qui ne lui a jamais permis d’attirer les foules, mais offert l’opportunité de se bâtir une petite réputation à l’étranger, notamment chez les Anglo-saxons. Avec des films comme La vampire nue (1969), Le frisson des vampires et surtout Requiem pour un vampire (1971) qu’il affectionnait particulièrement, il s’est construit une base de fidèles auprès d’initiés bisseux des cinémas de quartier de l’époque et a développé une thématique et une imagerie auxquelles il restera fidèle toute sa vie, jusque dans les années 2000 où il revint au mythe du vampire avec La fiancée de Dracula.

Il fit toutefois de nombreuses incursions en dehors de son genre de prédilection, tournant aussi bien des thrillers (La nuit des traqués), que des polars exotiques (Les trottoirs de Bangkok, l’un de ses plus gros succès) ou des films de contaminés et de zombies (Les raisins de la mort et La morte vivante).

Son style épousa les modes au fil des décennies. La pornographie s’invita à un montage alternatif de Lèvres de sang et de La nuit des traqués. Rollin tourna parallèlement plus de vingt pornos et développa une amitié artistique avec Brigitte Lahaie qui apparaîtra dans plusieurs de ses œuvres hors cinéma X (notamment Fascination, La nuit des traquées, mais aussi Les deux orphelines vampires ou La fiancée de Dracula). Il sévit aussi dans la bonne comédie Z de l’époque et céda dans les années 80 aux caprices du gore à l’américaine qu’il méprisait pourtant. La morte vivante contient ainsi quelques-unes des séquences les plus sanglantes de son cinéma, évitant toutefois toute barbarie.

Jean Rollin, des séries B culte

Outre sa casquette de réalisateur, Rollin était également scénariste (il avait écrit le script d’Emmanuelle 6 réalisé par Zincone en 1988) et surtout auteur d’ouvrages qu’il qualifiait « d’enfants » et non « pour enfants » (Les deux orphelines vampires en 1993, Bestialité en 1995, La petite ogresse en 1996…). Faute de pouvoir trouver des financements pour ses projets cinématographiques désuets, il donnait libre cours à son imagination dans la littérature qui l’avait accueilli avec succès.

La nuit des traquées de Jean Rollin, VHS, blu-ray sur Cinedweller

© 1980 Salvation Films. All Rights Reserved. VHS : Iris Films, Film Office (1996), Cinéthèque. All Rights Reserved – The Night of the Damned, Blu-ray : Design by Screenbound Pictures Ltd. All Rights Reserved.

Après la disparition des cinémas populaires et dans un paysage cinématographique de multiplexes plus mortifère que son œuvre, le cinéma de Jean Rollin a peu à peu disparu des salles. Killing car en 93 reste inédit sur grand écran et son tout dernier film édité, La nuit des horloges, a eu beaucoup de mal pour être distribué en vidéo en France. Ce dernier, sorte de film somme invitant tous les thèmes chers à Rollin, ainsi que des acteurs récurrents dans son œuvre (notamment Françoise Blanchard, la fameuse Morte vivante revue dans le très mauvais Les trottoirs de Bangkok), demeure l’un de ses plus beaux films aux côtés de classiques comme La rose de fer (très inspiré par la Nouvelle Vague) et ses premiers films de vampires, mais aussi le récent Les deux orphelines vampires qui, outre son côté indéniablement Z assumé, contient de jolis moments de fulgurance. En 2010 Jean Rollin a réalisé un ultime film, Le masque de la méduse.

La disparition du cinéaste, pénible pour tous les fans du cinéma de genre français, a tourné une page controversée de notre patrimoine national. Pour avoir grandi avec cet auteur attachant, notamment à travers les VHS de notre enfance, on sera resté attaché au souvenir de ce cinéma d’un autre temps, complètement anachronique aujourd’hui, à notre époque encline aux plaisirs consensuels d’un subversif ronflant, récupéré par les médias mainstream.

Frédéric Mignard

Filmographie :

Réalisateur (sous le nom de Jean Rollin) :

  • 1958 : Les Amours jaunes (court-métrage)
  • 1961 : Ciel de cuivre (court-métrage)
  • 1964 : Vivre en Espagne (court-métrage)
  • 1965 : Les Pays loin (court-métrage)
  • 1963 : L’Itinéraire marin (long métrage inachevé dont les bobines furent perdues)
  • 1968 : Le Viol du vampire
  • 1969 : La Vampire nue
  • 1970 : Le Frisson des vampires
  • 1971 : Requiem pour un vampire (autre titre : Vierges et vampires)
  • 1973 : La Rose de fer
  • 1974 : Les Démoniaques (autre titre : Deux vierges pour Satan)
  • 1975 : Lèvres de sang
  • 1975 : Phantasmes
  • 1978 : Les Raisins de la mort
  • 1979 : Fascination
  • 1980 : La Nuit des traquées
  • 1981 : Les Paumées du petit matin (autres titres : Fugue mineure ; Les échappées) sorti directement en vidéo.
  • 1982 : La Morte vivante
  • 1984 : Les Trottoirs de Bangkok
  • 1988 : Perdues dans New York (Moyen métrage tourné en 1988 mais sorti pour la première fois en 2005)
  • 1990 : La Griffe d’Horus (bout d’essai d’à peine 3 minutes réalisé pour la télévision, tourné directement en vidéo)
  • 1993 : Killing Car (autre titre : La Femme dangereuse)
  • 1997 : Les Deux Orphelines vampires
  • 2002 : La Fiancée de Dracula
  • 2007 : La Nuit des horloges
  • 2010 : Le Masque de la Méduse

Réalisateur (sous pseudonymes) :

  • 1973 : Jeunes filles impudiques (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1974 : Tout le monde il en a deux / Bacchanales sexuelles (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1975 : Suce-moi vampire, version hardcore de Lèvres de sang (sous le pseudonyme de Mike Gentle)
  • 1976 : La Romancière lubrique (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1976 : La Comtesse Ixe (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1977 : Saute-moi dessus (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1977 : Hard Penetration (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1977 : Vibrations sexuelles (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1977 : Positions danoises (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1978 : Remplissez-moi… les 3 trous (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1978 : Petites pensionnaires impudiques (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1978 : Lèvres entrouvertes pour sexes chauds (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1978 : Hyperpénétrations (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1978 : Discosex (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1979 : Gamines en chaleur (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1979 : Bouches lascives et pornos (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1979 : Pénétrations vicieuses (sous le pseudonyme de Michel Gentil)
  • 1981 : Le Lac des morts vivants (sous le pseudonyme de J. A. Lazer)
  • 1982 : Rêves de sexes (Quand le chat…) (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1983 : Sodomanie (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1983 : Folies anales (sous le pseudonyme de Robert Xavier)
  • 1985 : Ne prends pas les poulets pour des pigeons (sous le pseudonyme de Michel Gentil)

Réalisateur (participations non créditées) :

  • 1973 : Une vierge chez les morts-vivants de Jesús Franco (la séquence du rêve ; non crédité)
  • 1985 : Emmanuelle 6 de Bruno Zincone (co-réalisateur ; non crédité)
  • 1990 : À la poursuite de Barbara de Jesús Franco (séquences additionnelles, non crédité)
  • 1994 : Le Parfum de Mathilde de Marc Dorcel (assistant metteur en scène pour Marc Dorcel, non crédité)
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