Acteur, réalisateur, scénariste, écrivain et directeur de théâtre suédois, Erland Josephson est né en 1923 à Stockholm. Il a débuté sur les scènes suédoises dès 1939 au sein d’une troupe amateur dirigée par un certain Ingmar Bergman. Ainsi s’ébauche une collaboration qui va compter dans l’histoire du cinéma puisque le futur réalisateur a rapidement souhaité travailler avec l’acteur sur ses réalisations.
Erland Josephson, acteur bergmanien par excellence
Ainsi, Erland Josephson est présent dans les films suivants de Bergman : Il pleut sur notre amour (1946), Vers la joie (1950), Au seuil de la vie (1958), Le visage (1958), mais c’est véritablement avec L’heure du loup (1968) qu’il marque les cinéphiles dans un emploi plus conséquent.
Parallèlement, l’acteur a surtout été présent sur scène, entre deux participations aux films de Bergman. Toutefois, d’autres cinéastes commencent à s’intéresser à lui grâce à l’impact de ses créations pour le maître suédois comme Une passion (1968) et surtout Cris et chuchotements (1972). Il triomphe véritablement en étant le personnage masculin central de la série télévisée Scènes de la vie conjugale (1973) qui va sortir également au cinéma. Toujours formidable chez Bergman dans Face à face (1976), Erland Josephson se diversifie enfin à la fin des années 70 en jouant pour Damiano Damiani dans Un juge en danger (1977).
Dès lors, l’acteur tourne avec tout le gratin du cinéma mondial comme Liliana Cavani (Au-delà du bien et du mal, 1977), Franco Brusati (Oublier Venise, 1979), Dusan Makavejev (Les fantasmes de Madame Jordan, 1981), Goran Markovic (Variola Vera, 1982). Toujours très ambitieux dans ses choix, Erland Josephson continue à servir son maître Bergman pour Sonate d’automne (1978), Fanny et Alexandre (1982) et Après la répétition (1984). Il passe aussi à la réalisation avec deux longs-métrages à l’humour fortement ironique : Un et un (1978) et Fais donc l’amour, on n’en meurt pas ! (1980).
Un comédien sollicité par les meilleurs artistes du moment

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Toujours demandé par les meilleurs cinéastes du moment, Josephson est formidable en fou clairvoyant dans le Nostalghia (1983) d’Andrei Tarkovski, cinéaste qu’il retrouve pour Le sacrifice (1986). La même année, il joue dans le drame Le mal d’aimer (Giorgio Treves, 1986) avec Isabelle Pasco et Robin Renucci. Par la suite, on le voit dans Contrôle (Giuliano Montaldo, 1987), Le testament d’un poète juif assassiné (Frank Cassenti, 1987) et surtout L’insoutenable légèreté de l’être (Philip Kaufman, 1988) d’après l’œuvre de Milan Kundera.
Puis, István Szabó lui offre un rôle formidable dans son biopic Hanussen (1988), puis dans La tentation de Vénus (1991), Peter Greenaway le sollicite pour son Prospero’s Books (1991) et enfin Theo Angelopoulos l’emploie pour Le regard d’Ulysse (1995). Cette liste est donc particulièrement impressionnante puisque le comédien est systématiquement inclus dans les grandes œuvres du moment.
En 1997, il reste fidèle à Bergman en jouant dans le téléfilm En présence d’un clown qui sort finalement en salles. Puis, il joue carrément le rôle de son mentor dans Infidèle (Liv Ullmann, 2000) et retrouve sa partenaire dans le magnifique Saraband (Ingmar Bergman, 2003). Déjà très âgé, l’acteur est nettement moins présent dans les années 2000 à cause de la maladie de Parkinson qui l’affecte.
N’oublions pas que le comédien a également été un écrivain respecté et aussi un intendant général du Théâtre de Stockholm durant une dizaine d’années entre 1966 et 1975. Décédé en 2012 des suites de la maladie de Parkinson à l’âge de 88 ans, Erland Josephson est sans aucun doute l’un des plus grands acteurs suédois de sa génération.