Acteur, réalisateur et scénariste allemand, Armin Mueller-Stahl est né en 1930 à Tilsit en Prusse Orientale, désormais situé en Russie. Le petit garçon voit le jour dans une famille aisée, mais qui doit déménager à Berlin durant la guerre, tandis que son père est envoyé sur le front de l’Est.
Un grand acteur prisonnier du bloc soviétique
Etant enfant, Armin Mueller-Stahl est un petit prodige du violon et il se produit régulièrement sur scène. Cela lui donne l’envie de devenir comédien et il entre dans une école de théâtre située à Berlin-Est, dans la partie communiste appelée RDA.
A partir de 1956, l’acteur apparaît dans de nombreux films du régime communiste, ainsi que dans des programmes télévisés. Au cœur d’une filmographie très profuse, on peut citer notamment Nu parmi les loups (Frank Beyer, 1963), Le troisième (Egon Günther, 1972), Jacob le menteur (Frank Beyer, 1974).
La fuite vers le bloc de l’Ouest et l’essor international
Toutefois, il s’implique en matière de politique et proteste vivement contre la dénaturalisation du poète Wolf Biermann. Dès ce moment, Armin Mueller-Stahl est mis à l’écart de la production d’Etat pendant plusieurs années. Le comédien parvient à passer en Allemagne de l’Ouest en 1980 et, dès lors, sa carrière connaît un bel essor international, travaillant avec les plus grands cinéastes des années 80. Ainsi, on a pu le voir dans Lola, une femme allemande (Rainer Werner Fassbinder, 1981), Le secret de Veronika Voss (Rainer Werner Fassbinder, 1982), le magnifique Welcome in Vienna (Axel Corti, 1982) et il est même en tête de casting du polar Lumière fatale (Niklaus Schilling, 1982).
Sa carrière s’internationalise lorsqu’il joue aussi bien en France dans Un dimanche de flic (Michel Vianey, 1983), L’homme blessé (Patrice Chéreau, 1983), mais aussi pour le cinéaste polonais Andrzej Wajda dans Un amour en Allemagne (1983). Toujours sollicité par les plus grands auteurs, il est encore magnifique dans Amère récolte (Agnieszka Holland, 1985), Colonel Reidl (István Szabó, 1985). Toutefois, il décroche l’un de ses rôles les plus marquants aux Etats-Unis lorsque Costa-Gavras fait de lui le père nazi de Jessica Lange dans son superbe Music Box (1989).
Un précieux second rôle dans des coproductions internationales
Dès lors, des artistes américains font appel à son talent comme Barry Levinson (Avalon, 1990), Jim Jarmusch (Night on Earth, 1991) ou Steven Soderbergh (Kafka, 1991). Il reçoit l’Ours du meilleur acteur au Festival de Berlin pour son interprétation dans Utz, la passion de l’art (George Sluizer, 1992).
Ensuite, Armin Mueller-Stahl est appelé dans des coproductions comme La maison aux esprits (Bille August, 1993), Taxandria (Raoul Servais, 1994), Shine (Scott Hicks, 1996) et Le roi des aulnes (Volker Schlöndorff, 1996). Cette même année 1996, il écrit, réalise et incarne Adolf Hitler dans son unique film de réalisateur : Conversations avec la bête.
L’acteur redevient simple comédien de second rôle pour les décennies suivantes avec des œuvres comme The Game (David Fincher, 1997), Jakob le menteur (Peter Kassovitz, 1999), Les promesses de l’ombre (David Cronenberg, 2007), L’enquête (Tom Tykwer, 2009) ou encore Knight of Cups (Terrence Malick, 2015) qui demeure à ce jour sa dernière prestation à l’écran. Le comédien, désormais très âgé, est à la retraite.