Le Retour des morts vivants : la critique du film (1976)

Epouvante-horreur, Gore | 1h31min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Le Retour des morts vivants, l'affiche

  • Réalisateur : Amando de Ossorio
  • Acteurs : Fernando Sancho, Tony Kendall, José Canalejas, Esperanza Roy, Frank Braña
  • Date de sortie: 11 Juin 1976
  • Année de production : 1973
  • Nationalité : Espagnol
  • Titre original : El ataque de los muertos sin ojos
  • Titres alternatifs : The Return of the Evil Dead (titre international) / Die Rückkehr der reitenden Leichen (Allemagne) / Mark of the Devil 5: Return of the Blind Dead (USA, titre alternatif) / Hayaletlerin Dönüşü (Turquie) / Powrót ślepej śmierci (Pologne) / Gjengangernes hevn (Norvège) / La cavalcata dei resuscitati ciechi (Italie) / O Retorno dos Mortos Vivos (Brésil)
  • Casting : Tony Kendall, Fernando Sancho, Esperanza Roy, Frank Braña, José Canalejas, Loreta Tovar, Ramón Lillo, Lone Fleming, Maria Nuria, José Thelman, Juan Cazalilla, Betsabé Ruiz, Marisol Delgado, Luis Barboo, Francisco Sanz, Ramón Centenero, Cristino Almodóvar
  • Scénariste : Amando de Ossorio
  • Monteur : José Antonio Rojo
  • Directeur de la photographie : Miguel Fernández Mila
  • Compositeur : Antón García Abril
  • Chef Maquilleur : José Luis Campos
  • Directeur des effets spéciaux : Amando de Ossorio
  • Producteur : Ramón Plana
  • Société de production : Ancla Century Films
  • Distributeur : Etoile Distribution
  • Editeurs vidéo : MPM Productions (VHS, 1988) / Space Vidéo (VHS) / Cinéthèque (VHS) / TVI (VHS, 1994) / Le Chat qui Fume (blu-ray et 4K UHD, 2026)
  • Dates de sortie vidéo : 1988 (VHS) / 1994 (VHS) / 1er mars 2026 (Blu-ray et 4K UHD)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 215 849 entrées / 27 502 entrées
  • Classification : Interdiction aux moins de 18 ans (à l’époque) ; 16 ans (depuis 1990)
  • Formats : 1.66 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Illustrateur/Création graphique : © Inconnu (affiche) ; FRHEAD.fr (jaquette blu-ray). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Mercury, Le Chat qui Fume. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 2ème volet de la tétralogie des Templiers morts-vivants.
Note des spectateurs :

Second volet de la tétralogie des Templiers, Le Retour des morts vivants permet à Amando de Ossorio de pousser le curseur du gore et de l’action, en conservant l’ambiance gothique du premier opus. Divertissant.

Synopsis : Dans la petite ville de Bouzano, les habitants préparent une grande fête commémorative. Mais l’événement réveille accidentellement les redoutables templiers morts-vivants exécutés cinq siècles plus tôt pour hérésie. Aveugles et implacables, ces spectres sortent de leurs tombeaux pour semer la terreur. La panique s’installe alors, et les villageois tentent de se barricader. Aucune arme ne semble capable d’arrêter leur marche funèbre. Malgré tout, les villageois, avec l’aide de Jack Marlowe, venu retrouver sa fiancée Vivian, vont tout mettre en œuvre pour éliminer les templiers maudits.

Et de deux pour les Templiers morts vivants!

Critique : En 1972, le cinéaste espagnol Amando de Ossorio rencontre un joli succès international avec La Révolte des morts-vivants qui profite de l’engouement pour le cinéma de terreur espagnol. Il faut dire que le long métrage, pourtant très modeste dans sa production, inventait toute une mythologie autour de Templiers qui revenaient hanter les habitants d’une contrée relativement indéterminée (souvent désignée comme étant le Portugal, pour ne pas éveiller les soupçons de la censure franquiste).

Le Retour des morts vivants, photo 1

© 1973 Mercury, Le Chat qui Fume. Tous droits réservés.

La franchise des Templiers au cinéma

Contrairement aux morts-vivants de George A. Romero, ceux de Ossorio ressemblent davantage à des squelettes ambulants, toujours vêtus de leurs uniformes de Templiers et chevauchant des chevaux morts-vivants dans une ambiance éthérée tournée au ralenti. Après ce beau succès, de Ossorio a tenté de se diversifier avec Las garras de Lorelei (1973) qui n’a pas du tout rencontré la même ferveur. Dès lors, le cinéaste est revenu à ses fameux Templiers pour Le Retour des morts vivants (1973), auquel nous n’ajoutons pas de tiret pour respecter l’affiche et la bande-annonce françaises de l’époque.

Suite ou reboot ? On s’en moque un peu!

En réalité, ce second opus apparaît moins comme une suite que comme un reboot du premier segment puisque l’auteur lui-même ne respecte pas la mythologie mise en place précédemment. Il réinvente donc le concept pour l’appliquer cette fois à un village entier et non uniquement à une poignée de personnages. Deuxième volet oblige, Amando de Ossorio entend aller plus loin dans l’horreur graphique avec ce segment qui ose franchir à plusieurs reprises les limites du gore, à tel point que le long métrage a souvent été amputé de ses séquences les plus gratinées. Ainsi, dans la version intégrale, on a le droit à plusieurs amputations de seins, à l’extraction d’un cœur finalement dévoré goulument par un Templier et à plusieurs décapitations bien sanglantes.

Le retour des morts vivants en VHS

Le retour des morts vivants d’Amando de Ossorio, en VHS. Illustrateur : inconnu. Copyrights: All Rights Reserved

Au niveau de l’action, Amando de Ossorio a également mis la pédale sur l’accélérateur, parfois au détriment de l’intérêt que l’on peut ressentir pour les protagonistes humains, tous archétypaux. Mais après tout, n’est-on pas venu pour voir déambuler ces magnifiques morts vivants que le cinéaste utilise au maximum ici ? L’exposition est relativement expédiée et l’attaque du village intervient de manière assez rapide, ce qui évite l’ennui durant la première partie du métrage.

Une bonne dose de références westerniennes

Visiblement désireux de rendre hommage au genre du western, Amando de Ossorio enferme ensuite les survivants dans une église, livrant un film de siège à la Rio Bravo (Howard Hawks, 1959). Bien entendu, ces séquences rappellent également celles de La Nuit des morts-vivants (George A. Romero, 1968). Pourtant, c’est véritablement la dimension westernienne qui marque ici le spectateur, renforcé par la présence au générique d’habitués du genre comme Tony Kendall, Fernando Sancho et Frank Braña. Ce long passage final manque sévèrement de rythme, mais certaines idées déviantes viennent tout de même agrémenter le spectacle afin de ravir les amateurs de cinéma bis.

Le Retour des morts vivants, photo 2

© 1973 Mercury, Le Chat qui Fume. Tous droits réservés.

Si Amando de Ossorio n’a jamais été un cinéaste très politisé, il se permet ici de se moquer des élites franquistes (mais nous ne sommes pas en Espagne, ne l’oublions pas !) en les décrivant comme des gens corrompus et qui ne respectent aucunement les valeurs morales qu’ils imposent au reste de la population ibérique.

Mais bien entendu, le plus important dans Le Retour des morts vivants vient de l’ambiance gothique, avec ces plans somptueux sur des ruines et des paysages désolés parcourus par des chevaux filmés au ralenti, le tout sur l’inquiétante musique d’Antón García Abril. L’effet est toujours aussi efficace et donne toute sa valeur à ce qui deviendra une tétralogie culte.

La sortie française du Retour des morts vivants

Proposé tardivement en France au mois de juin 1976 par Etoile Distribution, Le Retour des morts vivants arrive sur les écrans la même semaine que le film pornographique Mes nuits avec Alice, Pénélope, Arnold, Maud et Richard (Claude Mulot, Didier Philippe-Gérard) qui cartonne avec 42 123 voyeurs. Parmi les autres sorties notables, on trouve également le film de guerre Intervention Delta (Douglas Hickox), le polar urbain Special Magnum (Alberto De Martino) ou encore Le Diable au cœur (Bernard Queysanne) avec Jane Birkin.

Pour sa part, Le Retour des morts vivants sera célébré à travers le territoire par 215 000 amateurs d’horreur gothique qui espéraient peut-être assister à la suite de La nuit des morts vivants de George A. Romero. Le score hexagonal est intéressant. Déjà sur la capitale, le film avait profité d’une belle combinaison de 12 écrans, ce qui était généreux pour une production espagnole. L’UGC Marbeuf, l’ABC, le Montparnasse 83, le Gaumont Sud, le Clichy Pathé et le Gaumont Gambetta en ont l’exclusivité en intra-muros. Ses 11 615 entrées lui permettent d’intégrer le top 20 parisien.

En 2e semaine, la production ibérique peut encore compter sur 10 écrans, dont 5 dans l’enceinte de la capitale, le Panthéon et le Nation succédant au Marbeuf et au Gaumont Gambetta. Les résultats sont stables avec 10 671 curieux.

Le retour des morts vivants d'Amando de Ossorio, en VHS et Ultra HD Blu-ray

Le retour des morts vivants d’Amando de Ossorio, en VHS et Ultra HD Blu-ray. Graphisme édition Le Chat qui fume : Frhead.fr Copyrights: All Rights Reserved

Evidemment, ce genre de série B ne peut prétendre à s’éterniser à l’affiche où les écrans sont sollicités par un marché qui, alors, ne proposait ni VHS, ni diffusion en streaming. On balançait des tonnes de nouvelles péloches en salle chaque semaine. Aussi, en semaine 3, nos templiers se replient sur 4 salles dont l’ABC et le Gaumont Sud, pour 4 095 visiteurs. La série B réalise une ultime quatrième cavalcade la semaine du 30 juin, dans 2 cinémas en intra-muros : le Brooklyn et la bien-nommée Les Templiers, pour 1 121 derniers amateurs de chevauchées macabres.

Pour sa première exploitation parisienne, la grand-messe horrifique aura donc été servie à 27 502 Parisiens. Un résultat très honorable pour le petit distributeur Etoile Distribution dont le plus grand succès cette année-là était Attention au bloc avec 85 000 entrées (Paris-Périphérie). L’œuvre n’avait pas vraiment eu d’existence médiatique, sa notoriété reposant sur un titre et une affiche accrocheurs. D’ailleurs, parmi les rares critiques de l’époque (en fait publiée en 1977), on notera celle de L’Ecran Fantastique qui déclarera dans son premier numéro :

Très médiocre produit ibérique d’un obscur tâcheron de l’épouvante. Quelques séquences plastiquement réussies ne parviennent pas à sauver l’ensemble du désastre.

Dans le tableau des étoiles de L’Ecran, sur 4 notes, trois lui accordent un zéro pour “nul”.

Le long métrage connaitra une seconde vie dans les années 80 grâce à la vidéocassette et à un nombre conséquent d’éditions. Par la suite, il disparaît de nos rayonnages pour ne réapparaître qu’en 2026, chez Le Chat qui Fume, dans une version 4K superbement restaurée qui fait honneur au support, et surtout au travail de l’équipe espagnole.

Critique de Virgile Dumez – Box-office de Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 9 juin 1976

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Le Retour des morts vivants, l'affiche

© 1973 Mercury, Le Chat qui Fume. Tous droits réservés.

Filmographies +

Amando de Ossorio, Fernando Sancho, Tony Kendall, José Canalejas, Esperanza Roy, Frank Braña

Mots clés

Cinéma espagnol, Franchise des Templiers morts-vivants, Films de zombies, Les films d’horreur des années 70, Gore

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Le Retour des morts vivants, l'affiche

Bande-annonce de Le Retour des morts vivants (VF)

Epouvante-horreur, Gore

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