Réalisateur et scénariste espagnol, Amando de Ossorio (de son nom complet Amando de Ossorio Rodríguez) est né en 1918 à La Corogne, en Galice. Etant enfant, le petit Amando souffre de nombreux problèmes respiratoires et se réfugie souvent au cinéma où il découvre le muet qui marquera toute sa vie. Mais au cours des années 30, il est surtout marqué par la découverte des films d’horreur de la firme Universal.
De longues années de formation artistique
Après des études imposées par son père, Amando de Ossorio se passionne pour le journalisme qu’il pratique à Madrid, mais c’est le cinéma qui l’attire toujours au point qu’il commence à réaliser des courts métrages amateurs dès 1942. Pourtant cette escapade madrilène se termine rapidement et Amando de Ossorio est contraint d’entrer dans une banque de La Corogne pour survivre. Parallèlement, n’ayant pas remisé ses ambitions artistiques au placard, le banquier ouvre un studio de photographie, tout en travaillant aussi pour la radio qui l’emploiera durant plusieurs décennies.
L’année 1949 marque son départ définitif pour Madrid et il entre finalement à l’Ecole officielle de cinéma de Madrid en 1950, tout en se formant à la peinture. Toutefois, il ne terminera pas son cursus et doit assurer son train de vie en acceptant de travailler dans la publicité. A partir de 1952, il devient cette fois-ci scénariste, notamment pour les films Último día (Antonio Román, 1952) et La ciudad de los sueños (Enrique Gómez, 1954). Déçu par le travail des réalisateurs, Amando de Ossorio décide de repasser derrière la caméra et signe alors son premier long métrage intitulé La bandera negra (1956). Malheureusement, le caractère expérimental de l’œuvre et son message contre la peine de mort ont empêché sa sortie dans l’Espagne franquiste. La carrière du cinéaste semble stoppée nette.
L’entrée dans le cinéma commercial espagnol
Après cette déconvenue, il demeure éloigné des plateaux durant près de dix ans. Il ne peut revenir à la charge que lorsqu’il accepte de tourner des films commerciaux, dont le western Les pistoleros (1964) ou encore La frontière de la haine (1965) qui ne montrent pas de qualités grandioses. Il faut attendre 1969 pour qu’il tourne enfin son premier film d’horreur intitulé Malenka la vampire (1969) avec la grande Anita Ekberg. Le long métrage s’inscrit dans la vogue du film d’horreur espagnol qui déferle sur le pays.

© 1972 Interfilme – Plata Films S.A. / Affiche : Eric Faugère. Tous droits réservés.
Amando de Ossorio, petit maître du cinéma horrifique ibérique
Quittant son poste à la radio, Amando de Ossorio bénéficie alors d’une plus grande liberté grâce au succès obtenu par son film horrifique. Ainsi, il peut mettre en chantier ce qui restera comme sa plus grande contribution au cinéma mondial, à savoir la saga des Templiers maudits qui comprendra quatre titres grâce à un succès conséquent. Il réalise donc La révolte des morts-vivants (1972) et son succès lui permet de retrouver ses Templiers pour Le retour des morts-vivants (1973), Le monde des morts-vivants (1974) et La chevauchée des morts-vivants (1975), dont les intrigues sont autonomes. Seul le dernier fut un cruel échec au box-office, malgré des qualités certaines. Durant cette période faste, il réalise aussi Las garras de Lorelei (1973), Les nuits d’amour des sorcières (1974) et La endemoniada (1975), ce dernier cherchant à surfer sur le succès de L’exorciste (William Friedkin, 1973).
Clap de fin décevant
Pourtant, le genre s’écroule avec la fin de la dictature et la carrière d’Amando de Ossorio ne s’en remettra pas. Il tente bien de surfer sur la vague de la Movida en tournant le film Ça fait du bien une bonne vicieuse (1980), mais le cœur n’y est pas. Désormais salarié de la télévision, Amando de Ossorio réalise encore le nanar Hydra, le monstre des profondeurs (1985), mais le tournage est émaillé de problèmes de santé pour cet artiste déjà passablement âgé. Le cinéaste est écarté des grands projets et il termine ses jours en rédigeant des scripts qui ne seront jamais tournés.
Amando de Ossorio décède en 2001 à l’âge respectable de 82 ans et sa tétralogie des Templiers est désormais considérée comme culte dans le monde hispanophone et dans la communauté des fantasticophiles.