X-Men, Apocalypse : la critique du film (2016)

Film de super-héros, Action, Blockbuster | 2h20min
Note de la rédaction :
5/10
5
X-Men Apocalypse, affiche française

Note des lecteurs

Dans sa banalité, ce septième épisode de la franchise des X-Men frôle la catastrophe nucléaire. Mais que s‘est-il passé sur le tournage d’Apocalypse, le mystère demeure. Bryan Singer signe ici le pire film de sa carrière de bon faiseur.

Synopsis : Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d’années et désillusionné par le monde qu’il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l’humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l’humanité d’une destruction totale.

Critique : On ne s’y attendait pas et on se le prend donc dans la gueule ! En 2016, le nouvel épisode d’X-Men, énième retour dans la jeunesse des personnages du comics de Marvel, qui propose la mise en place des personnages mutants de la première trilogie, déçoit. Hors spins-off velu (les deux premiers Wolverine), l’on avait rarement été autant déçus par cette franchise souvent exemplaire.

Un accident industriel embarrassant

Force est d’admettre que Bryan Singer, jadis auteur de petits films malins (Usual suspects, Un élève doué) et grand gourou de la saga avec quatre films à son actif, n’a pas pu maîtriser cet épisode cossu, dont on ne ressent ni le panache, ni l’intensité et la force des épisodes précédents. Pourtant, cynique, Singer ironise en évoquant le 3e Star Wars des années 80, puisque le film se situe dans cette décennie : il fait dire à l’un de ses personnages que les numéros 3 sont toujours les pires volets des sagas. Une référence au 3e X-Men, signé Brett Ratner, qui aurait pu être tordante si Apocalypse avait été à la hauteur des enjeux. Il ne l’est pas.

De sa durée de 2h30, le film lambine, traîne, cherche sa voie, et finit par livrer ce que l’on redoutait le plus, un final de série B aux effets spéciaux particulièrement grossiers.

X-Men Apocalypse photo d'exploitation

Copyrights : Twentieth Century Fox. Marvel. All Rights Reserved

Bryan Singer se perd dans l’anonymat

Cela n’est pas la catastrophe logistique des Quatre Fantastiques et l’on prend du plaisir à retrouver tous les mutants qu’on a su adorer au cinéma pendant plus d’une décennie et demie, mais l’impression d’approximation dans le script, d’incapacité à jongler entre les tons (l’humour tombe à plat et l’émotion cale), finit par engendrer une interrogation constante. Comment un cinéaste au style éminent a-t-il pu livrer une réalisation aussi passe-partout, disparaissant parfois totalement pour laisser les effets numériques peu finauds prendre le pas sur son génie d’artisan même quand il s’implique (et s’applique) dans le blockbuster.

X-Men Apocalypse blu-ray steelbook

Crédits : Twentieth Century Fox, Marvel

Des comédiens déjà ailleurs

Parfait exemple de l’accident industriel inattendu, X-Men Apocalypse ne déchaînera pas les passions, car de la haine il n’en mérite même pas. Tout juste énerve-t-il lors de séquences déplacées ou des mauvaises idées de conception. Le retour de Magneto à Auschwitz sonne faux, Oscar Isaac en père fondateur des mutants revenu de son sommeil antique pour assujettir l’espèce humaine est grimé de façon grossière, et quid du manque de justesse des acteurs dirigés de façon approximative ? On citera en particulier Rose Byrne, qui minaude plus qu’elle ne joue, ou la version ado de Tornade, Alexandra Shipp, qui n’a pas l’étoffe de son rôle. Quant à Jennifer Lawrence, son rôle de leader qui ne s’assume pas est une terne réplique de celui qu’elle incarnait déjà dans les Hunger Games. On voit qu’elle n’y croit plus, sa tête est ailleurs que dans un collectif super-héroïque.

Wolverine sauvera le monde (des X-Men)

Avec Apocalypse, les X-Men se sont remis en place pour un piètre numéro, mais au moins accordent-ils un magnifique caméo au personnage de Wolverine qui, en 3 minutes toutes griffes dehors, manifeste bien plus d’animalité et de brutalité, que sur les deux épisodes en solo où il n’avait vraiment pas été bon. Un avant-goût du come-back annoncé de Wolverine dans Logan, en 2017, un chef d’œuvre du cinéma super-héroïque.

Tous les films X-men sur CinéDweller

Critique : Frédéric Mignard

X-Men Apocalypse, affiche française
x