Sueur froide dans la nuit : la critique du film (1975)

Thriller | 1h34min
Note de la rédaction :
5/10
5
Sueur froide dans la nuit, affiche Cinédweller

  • Réalisateur : Jimmy Sangster
  • Acteurs : Peter Cushing, Ralph Bates, Judy Geeson, Joan Collins
  • Date de sortie: 08 Oct 1975
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : Fear in the Night
  • Titres alternatifs : Nachts kommt die Angst (Allemagne) / Fear in the Night (USA) / Miedo en la noche (Espagne) / A Teia (Portugal) / Nocne lęki (Pologne) / Paura nella notte (Italie) / Um Grito Dentro da Noite (Brésil) / Fright in the Night (Australie)
  • Année de production : 1972
  • Scénariste(s) : Jimmy Sangster, Michael Syson
  • Directeur de la photographie : Arthur Grant
  • Compositeur : John McCabe
  • Société(s) de production : Hammer Films
  • Distributeur (1ère sortie) : France Inter Cinéma
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Thorn Emi Vidéo (VHS, 1981) / StudioCanal (DVD, 2009)
  • Date de sortie vidéo : 5 mai 2009 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 12 325 entrées / 791 entrées
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdiction aux moins de 12 ans
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Constantin Belinsky (Affiche française 1975)
  • Crédits : StudioCanal
Note des spectateurs :

Thriller à machination agréable à suivre, Sueur froide dans la nuit n’en demeure pas moins une série B mineure à cause d’une réalisation sans grand relief.

Synopsis : Peggy Heller, jeune femme qui sort d’une dépression nerveuse, déménage avec son mari pour aller habiter près de l’école dans laquelle celui-ci va enseigner. Elle est attaquée chez elle par un individu masqué dont l’un des bras est remplacé par une prothèse mécanique. Peu après, Peggy fait la connaissance du directeur de l’école de son mari : un être plutôt bizarre qui porte, lui aussi un bras articulé.

Un thriller à machination dont le script a été remanié à plusieurs reprises

Critique : En 1971, Michael Carreras qui dirige la firme Hammer souhaite constituer un double programme qui comporterait deux thrillers, déjà pré-vendus à la compagnie EMI. Si le premier intitulé Straight On Till Morning (Collinson, 1972) est déjà en chantier, il faut impérativement mettre la main sur un sujet qui pourrait être tourné pour un coût modeste. Carreras ressort alors du placard un vieux script rédigé par Jimmy Sangster en 1963 intitulé Brainstorm. Ce scénario avait déjà fait l’objet d’une révision par Carreras en 1967 afin de produire une œuvre nommée The Claw. Mais là encore, le projet était tombé à l’eau.

Sueur froide dans la nuit, jaquette dvd

© 1972 StudioCanal. Tous droits réservés.

Finalement, Michael Carreras rappelle Jimmy Sangster et lui adjoint les services du scénariste Michael Syson pour effectuer les dernières retouches d’un script maintes fois remanié. Devenu depuis réalisateur avec des œuvres pourtant peu convaincantes, Jimmy Sangster choisit de s’éloigner du fantastique pour revenir à un sous-genre populaire des années 60, à savoir le thriller à machination.

Un script qui joue la carte du mystère

Sueur froide dans la nuit démarre sur les chapeaux de roues par l’agression d’une jeune femme interprétée par Judy Geeson. Attaquée à son domicile par un mystérieux individu ganté de noir, elle s’aperçoit que son agresseur est muni d’une prothèse au bras. De manière assez étonnante, cette scène semble ne pas avoir de conclusion et l’on retrouve Judy Geeson assistée par des médecins qui suggèrent que tout ceci est le fruit de son imagination. Le spectateur apprend alors ses antécédents médicaux : elle est sujette à des dépressions chroniques.

Après cette introduction plutôt étrange, le long-métrage suit le couple formé par Judy Geeson et Ralph Bates dans leur nouvel habitat, la dépendance d’une vaste demeure censée être une école privée pour garçons. Outre la présence d’un couple inquiétant formé par Peter Cushing et Joan Collins, volontairement mal assortis, le lieu se révèle en tout point menaçant. Jimmy Sangster multiplie alors les scènes qui nous font douter de la santé mentale du personnage féminin principal. Cela donne au long-métrage un aspect relativement mystérieux, et ceci malgré la pauvreté des moyens engagés par la Hammer. Effectivement, on ne sort que très rarement de l’école – et donc des studios Elstree – et le nombre des personnages est limité à quatre.

Sueur froide dans la nuit, vhs Thorn Emi

© 1981 Thorn Emi Video, Hammer Films Production Ltd 1972

Une série B sympathique, mais limitée par sa réalisation et l’incohérence de son script

Sueur froide dans la nuit pâtit également d’un rythme un peu languissant, ce qui est essentiellement lié à la réalisation plutôt faible de Jimmy Sangster. Heureusement, le dernier quart d’heure vient chambouler le spectateur grâce à un twist final qui s’inspire fortement des Diaboliques (Clouzot, 1955). A cheval donc entre le giallo et le thriller à machination, le long-métrage se suit avec un certain intérêt, même si la crédibilité du twist n’est pas manifeste. La stratégie des comploteurs paraît ainsi un brin complexe pour être tout à fait envisageable.

Tel quel, Sueur froide dans la nuit sonne surtout comme une petite série B sympathique, mais qui arrive en queue de peloton, à une époque où la plupart des thrillers possédait des intrigues similaires, et souvent mieux ficelées. Le métrage a été exploité en double programme dans les pays anglo-saxons, avant d’arriver tardivement en France la semaine du 8 octobre 1975, soit trois ans après sa confection. Peu de salles ont accueilli ce thriller mineur et il fut vu seulement par 12 325 fans de la Hammer sur tout le territoire français. A Paris, le film a atterri dans un seul cinéma, le Styx, réalisant l’un des pires scores annuels, avec 791 spectateurs pour sa seule semaine d’exploitation.

Par la suite, le film a été édité chez nous très tôt en VHS, chez Thorn Emi, puis en DVD, mais il n’est disponible en Blu-ray qu’à l’étranger. Si Sueur froide dans la nuit est assurément le meilleur film de Jimmy Sangster en tant que réalisateur – ainsi que son dernier – il s’agit surtout d’une œuvre mineure qui confirme le déclin du studio britannique au début des années 70.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 8 octobre 1975

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Sueur froide dans la nuit, affiche Cinédweller

© 1972 StudioCanal / Affiche : Constantin Belinsky. Tous droits réservés.

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