Section de chocs : la critique du film (1977)

Policier, Action | 1h43min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Affiche de Section de chocs

  • Réalisateur : Massimo Dallamano
  • Acteurs : Grace Jones, Marcel Bozzuffi, Ivan Rassimov, Franco Garofalo, Carole André, Riccardo Salvino, Antonio Marsina
  • Date de sortie: 28 Déc 1977
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : Quelli della calibro 38
  • Titres alternatifs : Section de choc (titre vidéo français) / Colt 38 Escuade spéciale (titre VHS français alternatif) / Colt 38 Special Squad (titre international) / Kaliber 38 - Genau zwischen die Augen (Allemagne) / Colt 38. Escuadra especial (Espagne)
  • Année de production : 1976
  • Autres acteurs : Francesco Ferracini, Fabrizio Capucci, Armando Brancia, Giancarlo Bonuglia
  • Scénaristes : Massimo Dallamano, Franco Bottari, Ettore Sanzò, Marco Guglielmi
  • Monteur : Antonio Siciliano
  • Directeur de la photographie : Gábor Pogány
  • Compositeur : Stelvio Cipriani
  • Chef maquilleur : Franco Freda
  • Chef décorateur : Mauro Passi
  • Directeur artistique : Franco Bottari
  • Producteur : Paolo Infascelli, Pino Buricchi
  • Producteurs exécutifs : -
  • Sociétés de production : European Inc. s.r.l.
  • Distributeur : Audifilm (Paris), Camidis Films - Lyon, Marseille, Bordeaux (Province)
  • Editeurs vidéo : VIP (VHS, 1978) / CinéHollywood (VHS sous le titre Colt 38 Escuade spéciale, 1980) / Proserpine (VHS sous le titre Section de choc, 1988) / Le Chat qui Fume (blu-ray, 2023)
  • Dates de sortie vidéo : 1978 (VHS) / 1980 (VHS) / 1988 (VHS) / mars 2023 (blu-ray)
  • Budget : -
  • Box-office : Paris-Périphérie : 7 174 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 18 ans (à sa sortie) / Interdit aux moins de 16 ans (de nos jours)
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (Technospes) / Son : Mono
  • Festivals : -
  • Illustrateur/Création graphique : Michel Landi (affiche de 1977) / Frhead.fr (jaquette blu-ray) © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Le Chat qui Fume. All Rights Reserved. Tous droits réservés.
  • Attachés de presse : -
  • Tagline : Un suspense à vous donner le frisson!
  • Franchise : Premier volet d'un diptyque non officiel, couplé avec Equipe spéciale (1977)
Note des spectateurs :

Section de chocs est un poliziottesco dispensable qui propose toutefois quelques images fortes d’une Italie en proie au terrorisme lors des années de plomb. Le traitement de l’intrigue policière s’avère quant à lui bien plus banal et routinier.

Synopsis : 1976, dans les faubourgs de Turin – Le commissaire Vanni et ses hommes font irruption dans une ferme servant de repaire à une organisation criminelle. Durant la fusillade, le frère du Marseillais, chef de la bande, est abattu. En représailles, le Marseillais se rend dans l’immeuble où réside le commissaire et tue froidement son épouse, sous les yeux de son petit garçon. Peu après, Vanni accepte de diriger un quatuor de policiers entraînés au maniement des armes (revolvers équipés de cartouches .38 Special) et à la conduite de motos enduro.

Section de chocs ou Section de choc ?

Critique : Lorsqu’il arrive sur les écrans français à la toute fin de l’année 1977, le dernier film du réalisateur Massimo Dallamano (décédé cette même année dans un accident de voiture) s’intitule Section de chocs, avec un s final qui tient de la pure faute d’orthographe. Cette erreur initiale a été ensuite corrigée pour l’exploitation du film en VHS et plus récemment par l’éditeur Le Chat qui Fume qui pare donc son blu-ray du titre Section de choc. On notera d’ailleurs que le métrage a aussi été exploité en VHS sous le titre plus étrange encore de Colt 38 Escuade spéciale. Ce sont les joies de l’exploitation d’une époque bien révolue, celle des années 70-80 où tous les moyens étaient bons pour mettre sur le marché des cassettes aux titres fantaisistes, dans un non-respect généralisé des œuvres originales.

Au mi-temps des années 70, l’Italie connaît une vague d’attentats qui voient s’affronter d’une part des forces de gauche extrémistes (les Brigades rouges) et un pouvoir aux tendances droitières et autoritaires. Ces années de plomb ont plongé le pays dans une grande confusion dont le sous-genre du poliziottesco s’est fait inlassablement l’écho. Avec Section de choc, le cinéaste Massimo Dallamano semble initialement ne pas vraiment prendre parti et préfère s’affranchir de toute accusation politique pour livrer une classique histoire de lutte entre policiers et truands.

Des images d’attentat qui évoquent l’actualité brûlante de l’époque

Toutefois, le spectateur contemporain ne pourra guère passer à côté des références à l’actualité brûlante de l’Italie des années 70. Certes, les attentats sont ici commis par un pur gangster dans la grande tradition du genre, incarné avec charisme par Ivan Rassimov, mais les images violentes signées par Dallamano ne peuvent être dissociées d’actes bien réels, vus quelques temps auparavant. On pense bien évidemment à l’attentat néofasciste de la plazza Fontana à Milan en 1969. La représentation sanglante des attentats de Section de choc anticipe également les terribles images issues de l’attentat de la gare de Bologne qui a fait 85 morts en 1980.

Section de choc, la jaquette

© 2023 Le Chat qui Fume / Design : FRHEAD.FR. Tous droits réservés.

Apparemment détaché de toute forme de politique, le polar ne peut pourtant aucunement s’affranchir du contexte dans lequel il a été créé. Ainsi, Massimo Dallamano prend la défense de la police et de l’ordre établi en mettant en scène la création d’une unité de choc qui ressemble d’ailleurs fortement aux voltigeurs créés en France, ainsi qu’aux plus récentes compagnies de la BRAV-M. Autant dire que son point de vue est marqué fortement à droite, avec une volonté de répondre à la violence par la violence.

Une œuvre violente, mais qui pâtit d’une caractérisation grossière des personnages

Afin de marquer la conscience du spectateur, Massimo Dallamano commence son long-métrage par une série de séquences très violentes qui saisissent par la rapidité du montage et l’extrême dureté psychologique de l’ensemble. Ainsi, le réalisateur n’hésite pas à orchestrer des scènes de fusillades où les mères sont fauchées devant les yeux de leurs enfants, afin de rendre la violence des truands encore plus ignoble. Dès lors, le grand public accepte de bon gré la création de l’unité de choc menée par l’acteur français Marcel Bozzuffi, chargée de faire régner l’ordre, au risque d’outrepasser ses fonctions. En réalité, la réflexion s’arrête là puisque le long-métrage se veut essentiellement un divertissement basique où les bons affrontent les méchants.

L’absence de caractérisation des personnages s’avère d’ailleurs un frein majeur à l’identification des spectateurs puisque les protagonistes sont systématiquement réduits à l’état d’archétype. Marcel Bozzuffi, tout d’un bloc, ne desserre jamais les dents et ses associés ne sont que des ombres fugitives dont on peine à retenir le nom tant leurs apparitions sont furtives et souvent inconséquentes. Finalement, Massimo Dallamano est plus inspiré lorsqu’il s’intéresse aux méchants gangsters. Comme dit précédemment, Ivan Rassimov fait un implacable antagoniste, tandis que son second est un tueur pervers joué avec conviction par l’excellent Antonio Marsina (souvent vu chez Enzo G. Castellari). On apprécie également le personnage féminin plus ambigu interprété par Carole André au jeu fragile, mais plutôt adapté au rôle.

Un film sauvé en grande partie par la musique de Stelvio Cipriani

Marqué par quelques scènes d’action filmées pied au plancher, Section de choc paraît toutefois un peu long par rapport à ce qu’il raconte, à savoir la traque d’un truand par un policier revanchard. Le scénario manque furieusement d’épaisseur et se termine même par un duel expédié qui ne peut que décevoir. Finalement, le métrage est surtout agréable à suivre grâce à la beauté des paysages de la ville de Turin, ainsi que par l’excellente partition musicale de Stelvio Cipriani. Les fans de Grace Jones pourront également prendre plaisir à découvrir la chanteuse à l’orée de sa carrière lors d’une classique scène de cabaret, alors qu’elle n’a pas encore signé son premier album culte (Portfolio). Tout ceci contribue au plaisir ressenti lors de la découverte de ce film moyen qui ne se distingue pas du tout-venant, contrairement au plutôt bon La lame infernale que Massimo Dallamano avait su affuter en 1974.

Sorti en France de manière discrète en décembre 1977, Section de choc n’a pas pu exploiter son potentiel dans l’Hexagone, où Audifilm a tout d’abord distribué le film à Paris sur deux copies en intra-muros, en première semaine. Les cinémas Paramount Opéra et Paramount Montmartre en vendent alors 4 250 tickets. En deuxième semaine, seul le Paramount Opéra le programme désormais sur la capitale, pour 2 184 spectateurs, dans un quartier très stratégique. Deux Paramount de périphérie l’accompagnent. L’Elysée II et le Paramount Orly génèrent de leur côté 740 spectateurs. Au total, ce sont 7 174 spectateurs Franciliens qui tenteront d’incorporer cette Section de chocs. Vous remarquerez le retour du -s du titre cinéma original pour clore l’article. On notera que dans d’autres parties de la France, c’est le distributeur Camidis Films qui prendra en charge la distribution.

Si le succès français ne fut pas vraiment au rendez-vous, notre polar italien a obtenu des ventes à l’étranger suffisamment lucratives pour qu’un film similaire soit tourné en 1977 avec encore Marcel Bozzuffi et Riccardo Salvino. Équipe spéciale (1977) a cette fois été réalisé par Domenico Paolella sur un thème tout à fait similaire. Les personnages ne portent toutefois pas les mêmes noms et il ne s’agit donc pas d’une suite à proprement parler, mais bien d’une déclinaison typique du cinéma d’exploitation de l’époque.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 28 décembre 1977

Acheter le blu-ray sur le site de l’éditeur

Section de chocs, l'affiche

© 1976 European Inc. – Rewind Film / Affiche : Michel Landi. Tous droits réservés.

Biographies +

Massimo Dallamano, Grace Jones, Marcel Bozzuffi, Ivan Rassimov, Franco Garofalo, Carole André, Riccardo Salvino, Antonio Marsina

Mots clés

Poliziottesco, Les violences policières au cinéma, Le terrorisme au cinéma

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Affiche de Section de chocs

Bande-annonce de Section de Chocs

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