Paternel : la critique du film (2024)

Drame | 1h33min
Note de la rédaction :
4/10
4
Paternel, affiche

  • Réalisateur : Ronan Tronchot
  • Acteurs : Grégory Gadebois, Lyes Salem, Françoise Lebrun, Géraldine Nakache, Jacques Boudet, Anton Alluin
  • Date de sortie: 27 Mar 2024
  • Année de production : 2024
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Paternel
  • Titres alternatifs : Amor Paterno (Brésil) / Un buen padre (Argentine)
  • Autres acteurs : Sarah Pachoud, Noam Morgensztern, Bruno Le Millin, Christophe Tek, Daniel Tarrare, Morgane Lacroix, Nicolas Gachet, Gaïa Warnant
  • Scénaristes : Ronan Tronchot, Ludovic du Clary
  • Ingénieurs du son : Jean-Barthélémy Velay, Damien Tronchot, Niels Barletta
  • Monteuse : Julia Maby
  • Directeur de la photographie : Antoine Chevrier
  • Compositeur : Damien Tronchot
  • Cheffe costumière : Margaux Ponsard
  • Cheffe décoratrice : Lorraine Gaulier
  • Directrice de production : Chloé Nivet
  • Producteurs : Charles Philippe, Lucile Ric
  • Producteurs exécutifs :
  • Sociétés de production : Les Films du Clan, Micro Climat
  • Distributeur : KMBO
  • Editeur vidéo : M6 Vidéo (DVD, 2024)
  • Date de sortie vidéo : 3 septembre 2024
  • Budget : 1 200 000 euros
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 54 986 entrées / 10 300 entrées
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Les Aliens.Com. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Les Films du Clan. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachées de presse : Laurence Granec, Vanessa Fröchen
Note des spectateurs :

Symptomatique d’un certain cinéma français à thèse, Paternel ne sort jamais des sentiers battus du téléfilm du samedi soir, et ceci malgré l’implication de son interprète principal.

Synopsis : Dans une petite ville du centre de la France, Simon est un prêtre dévoué à sa paroisse. Au cours d’une messe, Louise, qu’il n’avait pas revue depuis son séminaire, il y a des années, refait surface. Elle lui présente Aloé, enfant de 11 ans, dont il est le père. Cette nouvelle va bouleverser son quotidien : peut-il être un bon prêtre pour ses fidèles, et un bon père pour son enfant ? Simon va tenter de convaincre les plus hautes instances de l’Eglise que sa vocation est compatible avec l’amour paternel.

Plongée au cœur de la prêtrise

Critique : Issu d’une famille très croyante, le réalisateur Ronan Tronchot a débuté dans le cinéma en tant que monteur sur plusieurs longs métrages, avant de tourner deux courts en tant que metteur en scène. Ceux-ci abordaient déjà les thèmes de la paternité. Il était donc tout naturel pour lui de construire l’intrigue de Paternel, son premier long de fiction, autour de la figure d’un prêtre qui découvrirait onze ans plus tard qu’il est père d’un garçon conçu durant sa période au séminaire.

Pour écrire au mieux ce script, Ronan Tronchot s’est fait seconder par Ludovic du Clary à qui l’on doit déjà les scripts très bien charpentés de Les grands esprits (Olivier Ayache-Vidal, 2017) et de Burn Out (Yann Gozlan, 2017). Afin de nourrir leur histoire, les deux hommes ont passé du temps à partager le quotidien d’hommes d’Eglise, tout en s’inspirant de faits divers qui n’ont eu de cesse de toucher l’institution religieuse. Ainsi, les cas de prêtres qui finissent par quitter leur fonction par amour et désir de fonder une famille sont relativement nombreux, même si tout ceci est généralement étouffé.

Au nom du père et du fils…

Pour Paternel, métrage au budget relativement faible, Ronan Tronchot a opté pour un tournage provincial à Auxerre où il avait déjà posé ses caméras pour un précédent court. Ainsi, il entend décrire le quotidien très chargé d’un prêtre de paroisse dont les fonctions s’étendent bien au-delà de ce qui est visible par le grand public. Outre ses fonctions sacerdotales, le ministre du culte doit s’occuper de la gestion des biens de l’Eglise, des obligations administratives, mais aussi de préparer les communions, les baptêmes, ainsi que d’accompagner les mourants, parfois pendant des heures.

Paternel, photo d'exploitation 1

© 2024 Les Films du Clan – Micro Climat Studios. Tous droits réservés.

En cela, Paternel constitue un document de premier ordre qui fait preuve d’un beau réalisme dans la description d’une mission pas si évidente. Malheureusement, l’intrusion de la fiction par le biais de ce fils caché n’est pas forcément bien traitée. Certes, l’intrigue est bien construite, mais la trajectoire des personnages semble trop écrite et donc trop artificielle pour que l’on y adhère pleinement. En essayant de confronter le prêtre à plusieurs grands thèmes sociétaux comme l’avortement d’une adolescente ou bien le fameux célibat des hommes d’Eglise, les auteurs plaident pour une institution plus ouverte et humaine de manière sans doute trop scolaire. Et certaines prises de position des prêtres paraissent finalement peu probables, d’autant qu’elles vont à l’encontre de la doctrine officielle de l’Eglise.

Ministère amer

Certes, la fin du film démontre les limites de l’institution qui n’évolue pas aussi rapidement que les mentalités de ses ouailles, mais on peut tout de même douter de la belle unanimité qui semble régner autour du personnage principal, par ailleurs très bien interprété par l’excellent Grégory Gadebois. Pire, le métrage finit par un long discours du prêtre qui surligne à nouveau tous les enjeux développés précédemment avec une lourdeur que l’on dirait tout hollywoodienne.

Toutefois, l’ensemble serait un peu plus enthousiasmant s’il bénéficiait d’une réalisation digne de ce nom. Paternel rejoint malheureusement le très long cortège de ces films français sans aucun point de vue visuel, tout juste à la hauteur d’un téléfilm de France Télévision. Le choix de Géraldine Nakache n’est pas forcément très heureux non plus, la comédienne ayant visiblement du mal à s’investir dans ce rôle de mère plutôt mal écrit. Il ne reste que le petit Anton Alluin dont le naturel est impeccable. Mais son personnage est également sacrifié sur l’autel du film à thèse.

Paternel, un passage discret dans les salles

Avec sa fin sans véritable drame, Paternel ne risque donc pas de marquer les consciences et devrait s’oublier aussi rapidement qu’il a été visionné. Proposé à partir du 27 mars 2024 dans une combinaison maximale de 183 salles, le drame paroissial n’a attiré que 23 219 croyants pour sa semaine d’investiture. En deuxième septaine, le film ne rameute que 12 040 enfants de chœur de plus et en troisième semaine, il peine à dépasser les 41 000 paroissiens.

Demeuré à l’affiche de quelques cinémas pendant un total de 12 semaines, Paternel a terminé son chemin de croix avec 54 986 entrées, ce qui en fait un échec. D’ailleurs, le long métrage est disponible uniquement en DVD depuis le mois de septembre 2024, preuve du peu de potentiel commercial d’une œuvre finalement très dispensable.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 27 mars 2024

Acheter le film en DVD

Voir le film en VOD

Affiche de Paternel

© Les Films du Clan. Tous droits réservés.

Biographies +

Ronan Tronchot, Grégory Gadebois, Lyes Salem, Françoise Lebrun, Géraldine Nakache, Jacques Boudet, Anton Alluin

Trailers & Vidéos

trailers
x
Paternel, affiche

Bande-annonce de Paternel

Drame

x