Opération K : la critique du film et le test DVD (1977)

Policier, Thriller | 1h31min
Note de la rédaction :
4,5/10
4,5
Opération K, jaquette DVD Artus

  • Réalisateur : Luigi Petrini
  • Acteurs : Mario Cutini, Marco Marati, Maria Pia Conte, Mario Bianchi, Gioia Scola
  • Date de sortie: 22 Juin 1977
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : Operazione Kappa : sparate a vista
  • Titres alternatifs : Day of Violence (titre international) / Kidnapping... ein Tag der Gewalt (Allemagne) / Día de violencia (Espagne) / Giorni di violenza (titre vidéo italien)
  • Année de production : 1977
  • Scénariste(s) : Luigi Petrini
  • Directeur de la photographie : Luigi Ciccarese
  • Compositeur : Franco Bixio, Fabio Frizzi, Vince Tempera
  • Société(s) de production : Filmday Productions
  • Distributeur (1ère sortie) : Film inédit en salles en France. La date de sortie ci-dessus est celle de la sortie en Italie
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Scherzo (VHS) / Editions Lange (VHS, 1991) / Artus Films (DVD)
  • Date de sortie vidéo : 5 janvier 2021 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : -
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Benjamin Mazure (DVD)
  • Crédits : MovieTime - Artus Films
Note des spectateurs :

Polar d’exploitation très inégal, Opération K commence comme un rape and revenge, avant de dériver vers le film de prise d’otages. Cette deuxième partie est nettement moins enthousiasmante et gâche en grande partie le spectacle. A réserver aux bisseux hardcore.

Synopsis : Expulsé d’une fête mondaine pour avoir couché avec la fille des propriétaires, le jeune paumé Paolo rencontre Giovanni, le fils rebelle d’un professeur. Sous l’effet de la drogue, les deux amis violent Anna, la fiancée de Giovanni, et tuent la voisine qui voulait intervenir. En fuite, avec la police à leurs trousses, ils décident de prendre un restaurant en otage…

Un pur film d’exploitation qui surfe sur la mode du rape and revenge

Critique : En 1977, le réalisateur Luigi Petrini n’a pas encore réussi à percer dans le domaine du cinéma, malgré des tentatives dans plusieurs genres, qui vont du film érotique à la comédie, en passant par un polar peu diffusé hors d’Italie (A suon di lupara en 1968). Ainsi, la mode étant au thriller violent, le petit malin se dit qu’il y a une possibilité d’exploiter des thématiques à la mode et signe le script et la réalisation d’Opération K.

Visiblement peu à l’aise avec l’écriture, le cinéaste décide de mélanger deux influences majeures au cœur du même long-métrage. Ainsi, Opération K commence comme un classique rape and revenge, avec son duo de jeunes malfrats qui violent une jeune femme et tuent par accident sa voisine de palier. On sent ici l’influence de La dernière maison sur la gauche (Craven, 1972) et surtout de La bête tue de sang-froid (Lado, 1975) dans sa volonté de présenter la situation sociale des deux protagonistes et de les opposer à une société bourgeoise qui les rejette. Toutefois, cette analyse sociale ne débouche sur aucune véritable analyse de la situation de la jeunesse au cœur de l’Italie des années de plomb puisque le réalisateur oublie assez rapidement ces données, présentées avec un certain talent dans la première partie du film.

Un tournage en mode guérilla qui dynamise la première partie du film

Avec une bonne dose de réalisme, cette première partie est de loin la meilleure d’un long-métrage qui va finir par s’égarer. Petrini filme notamment avec un certain sens de l’urgence la cavale de ses deux violeurs. Ainsi, le tournage guérilla (entendez par-là sans autorisation) impose un vrai dynamisme aux scènes de foule. On note avec amusement le nombre de figurants involontaires étonnés par ce qui se déroule devant leurs yeux ébahis, ainsi que les regards caméra qui prouvent l’aspect improvisé du tournage. Loin de casser la crédibilité, cela donne un petit côté cinéma-vérité qui n’est pas pour nous déplaire.

Malheureusement, cette forme de spontanéité disparaît totalement dans la seconde partie du métrage, cette fois-ci inspirée par Un après-midi de chien (Lumet, 1975). Mais le réalisateur a la mauvaise idée d’enfermer ses personnages dans un restaurant où les deux chiens fous prennent les clients en otage. Dès lors, le film s’installe dans une forme d’indolence qui ennuie quelque peu, et ceci même si Petrini tente de maintenir une forme de tension. Le problème est que l’on ne croit pas un instant à cette prise d’otages surréaliste qui ne peut clairement pas aboutir.

Une dernière partie à huis clos très décevante

Les personnages étant dessinés à la serpe – avec une bonne dose de psychanalyse pour les nuls – on ne s’attache aucunement à leur parcours sanglant. Ce ne sont pas les quelques dérives putassières qui peuvent relever le niveau de cette seconde partie très décevante et guère portée par l’interprétation du réalisateur Mario Bianchi en inspecteur falot. Heureusement que les jeunes acteurs sauvent à peu près les meubles, même si on est loin de l’Actors Studio. Même la musique du trio Frizzi-Bixio-Tempera a du mal à valoriser les images. Leur partition progressive n’a jamais le temps de se développer et frustre donc plus qu’autre chose.

A la fin de la projection, le spectateur se demande bien quel a pu être le discours du réalisateur. Est-ce une critique de la violence de la jeunesse, de l’incapacité des autorités à faire face, du fossé entre les générations ou un peu de tout cela en même temps ? Difficile à dire, tant l’ensemble est noyé dans des considérations vaseuses et peu pertinentes.

Attention, doublage français nanardesque !

Opération K (1977) fut un cuisant échec à sa sortie en Italie et le long-métrage n’a été exploité en France que sous forme d’une VHS éditée par Scherzo. Attention, son doublage français précipite le film dans la catégorie nanar par son extrême médiocrité. Donc, pour découvrir le film, il faut privilégier la version originale. Et pour rire un bon coup, autant passer par la VF.

Le test DVD :

Opération K, jaquette DVD Artus

© 1977 MovieTime – Artus Films / Design : Benjamin Mazure. Tous droits réservés.

Artus Films nous propose un polar bancal et pas franchement réussi, mais dans une copie restaurée en 2K de très bonne tenue. Le test a été réalisé à partir du produit fini.

Compléments & packaging : 3 / 5

Le film rejoint la collection « polar » de l’éditeur, toujours dans un format digipack slim plutôt élégant et disposant de deux affiches (italienne et allemande) pour illustrer chaque volet. Au niveau des suppléments vidéo, Artus nous propose deux bandes-annonces du film (VF et VO), un court diaporama qui prouve la faible exploitation du film et surtout un entretien de 22 minutes avec Emmanuel Le Gagne.

Ce dernier a l’honnêteté de reconnaître la valeur toute relative du film proposé. Il en donne les influences, mais en pointe aussi les qualités et les défauts. Nous souscrivons largement à son point de vue. Il en profite aussi pour donner des renseignements sur le réalisateur et les acteurs. Son intervention est passionnante de bout en bout et complète parfaitement le programme.

L’image : 4 / 5

Si l’on excepte le générique du début un peu plus abîmé, Opération K nous est proposé dans un master restauré en 2K. Cela se voit notamment par l’absence de points blancs ou de défauts de pellicule, mais aussi par une colorimétrie de bonne tenue et une définition satisfaisante pour le support SD. Certains plans plus flous viennent de la production initiale, souvent tournée dans l’urgence.

Le son : 3 / 5

L’éditeur prévient par un carton initial : la version française réalisée pour la cassette vidéo de Scherzo est déplorable et il faut mieux découvrir le long-métrage en VO afin de lui donner sa chance. La version française, avec son mauvais doublage, possède un souffle désagréable. A noter que certains passages musicaux disparaissent également en VF. La version originale, elle, a bénéficié d’un soin plus important, avec un bon équilibre entre musique et dialogues. Elle est clairement à privilégier, sauf si vous voulez vous marrer entre potes.

Critique et test DVD de Virgile Dumez

Acheter le DVD sur le site de l’éditeur

Les éditions Artus sur CinéDweller

Cover VHS Opération K

© 1977 MovieTime. Tous droits réservés.

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