Mort ou vif (Duels à rédemption) : la critique du film (1995)

Western | 1h48min
Note de la rédaction :
6/10
6
Mort ou vif de Sam Raimi, l'affiche cinéma

  • Réalisateur : Sam Raimi
  • Acteurs : Leonardo DiCaprio, Russell Crowe, Sharon Stone, Gene Hackman
  • Date de sortie: 21 Juin 1995
  • Nationalité : Américain, Japonais
  • Titre original : The Quick and the Dead
  • Distributeur : Columbia TriStar Films
  • Éditeur vidéo (blu-ray) : Sony Pictures
  • Sortie vidéo (blu-ray) : 9 septembre 2009
  • Budget : 32 M$
  • Box-office France / Paris-périphérie : 693 834 entrées / 197 821 entrées
  • Box-office USA : 18,6 M$
  • Classifications : Tous publics
Note des spectateurs :

Unique western réalisé par Sam Raimi, Mort ou vif est un hommage sincère et passionné aux débordements stylistiques et lyriques à la Sergio Leone. Si l’on omet une légère faiblesse au niveau du script, l’ensemble demeure intéressant.

Synopsis : Herold, qui règne en maître sur la petite ville de Redemption, organise chaque année un tournoi de duels dont le vainqueur empoche 123 000 dollars. Jusqu’à présent il a toujours gagné. Cette fois-ci, Ellen, une ravissante jeune étrangère participe à la compétition. Qui pourrait, vingt ans après, reconnaître en elle la petite fille en larmes dont le père, shérif à Redemption, avait été torturé à mort par Herold…

Un projet porté à bout de bras par Sharon Stone

Critique : Véritable star en 1995, Sharon Stone est désormais capable de monter des projets sur son seul nom et d’imposer des collaborateurs. Elle prend une option sur un script de Simon Moore intitulé Mort ou vif, un western. L’occasion pour l’actrice de prouver qu’elle n’est pas qu’un objet de fantasme et qu’elle peut jouer un rôle dans lequel on ne l’attend pas. Pour mettre toutes ses chances de son côté, Sharon Stone propose de confier la réalisation à un certain Sam Raimi. Choix apparemment étrange puisque le réalisateur s’est jusque-là exclusivement illustré dans le genre horrifique. Pourtant, son offre est acceptée avec enthousiasme par Raimi qui y voit l’occasion de rendre hommage aux westerns italiens qui ont bercé son enfance.

Autre raison moins officielle, Raimi sort tout juste du tournage compliqué de Evil Dead, l’armée des ténèbres (1993) qui lui a laissé un goût amer dans la bouche. Il souhaite donc se régénérer avec un tournage plus classique, dans une économie plus sereine puisque le budget est estimé à 32 millions de dollars. Il s’agit aussi pour le réalisateur de prouver – aux autres et à lui-même – qu’il est capable de tourner autre chose que des films gore.

De nombreuses futures stars au casting

Au passage, il accepte quelques suggestions de Sharon Stone en ce qui concerne le casting. C’est la star qui impose Leonardo Di Caprio en Kid, alors même que le jeune homme n’est encore qu’au début d’une belle carrière. Elle suggère également de prendre l’Australien Russell Crowe pour lui donner la réplique, alors que l’acteur n’avait pas encore tourné Gladiator. Si l’on ajoute la présence de Gene Hackman en pourriture intégrale, rôle plus ou moins similaire à celui qu’il tenait dans Impitoyable d’Eastwood, ainsi que la présence de seconds rôles d’anthologie (Lance Henriksen ou encore Tobin Bell), tous les éléments étaient réunis pour faire de Mort ou vif un spectacle jubilatoire.

Si le script est un petit peu faible avec sa traditionnelle histoire de vengeance qui recycle 80% des intrigues du western spaghetti, il faut bien avouer que Sam Raimi compense cette lacune à l’aide d’une réalisation sans cesse inspirée. Conçu comme un enchaînement ininterrompu de duels (on en compte plus d’une dizaine quand même), le spectacle est garanti grâce à l’imagination débordante d’un réalisateur cherchant toujours à étonner. Si la situation initiale est identique (deux personnes s’opposent), elle n’est jamais abordée de façon similaire, ce qui permet d’éviter la monotonie. Alors que Sam Raimi a souvent tourné en dérision les sujets qu’il a abordés, il tourne ce long-métrage avec un sérieux imperturbable. Point d’humour déplacé ici, mais bien un parfait premier degré qui ravira les amateurs de western spaghetti.

Sharon Stone dans Mort ou Vif en ultra HD 4K

© 1995 TriStar Pictures – Japan Satellite Broadcasting (JBS) – IndieProd Company Productions. Tous droits réservés.

Un film réalisé avec talent, mais sans originalité propre

Ainsi, la cruauté des situations n’est jamais édulcorée, tandis que la violence graphique est parfois intense. Le fait qu’aucun personnage ne soit pleinement positif explique sans doute l’échec commercial américain. Plus européen dans sa démarche, Mort ou vif est davantage un hommage sincère envers un cinéma alors disparu. C’est à la fois sa principale qualité et sa limite puisque Raimi n’invente rien de neuf, livrant une œuvre sincère et passionnée, parfois traversée d’un certain lyrisme, mais dépourvue d’originalité propre.

Au sein d’une œuvre où tout est affaire de style, la magnifique Sharon Stone s’en sort avec les honneurs et n’est jamais ridicule en pistolero de l’Ouest, contrairement à ses consœurs de Belles de l’Ouest, un nanar de 1993 signé Jonathan Kaplan. Face à elle, Gene Hackman est impérial, Di Caprio joue au jeune coq avec habileté, tandis que Russell Crowe est un peu en retrait, entravé il est vrai par un rôle moins marquant. Si l’on ajoute à cela la très belle photographie de Dante Spinotti et la musique référentielle d’Alan Silvestri, Mort ou vif est donc un western tout à fait recommandable, même si absolument pas indispensable.

Un cuisant échec commercial plutôt injuste

Gros échec aux Etats-Unis (18,6 millions de dollars de recettes pour un budget initial de 32 millions), le film n’a pas vraiment su tirer son épingle du jeu ailleurs. En France, seuls 693 834 spectateurs ont fait le déplacement, malgré une sortie proche de la Fête du cinéma. L’affiche repoussoir y serait-elle pour quelque chose ? On ne le saura jamais. En tout cas, ce nouvel échec commercial a réorienté la carrière de Sam Raimi qui va désormais se tourner vers un cinéma plus classique et mainstream, notamment avec Un plan simple (1998). Aujourd’hui, le cinéaste ne semble pas marquer un grand intérêt envers son unique western, pourtant désormais considéré comme un film intéressant et réussi. Son échec l’a sans doute déprécié dans sa mémoire.

Visionner le film en VOD

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 21 juin 1995

Mort ou vif de Sam Raimi, l'affiche cinéma

© 1995 TriStar Pictures – Japan Satellite Broadcasting (JBS) – IndieProd Company Productions. Tous droits réservés.

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