Les malheurs d’Alfred : la critique du film (1972)

Comédie | 1h38min
Note de la rédaction :
5/10
5
Les malheurs d'Alfred, l'affiche

Note des spectateurs :

Pierre Richard impose peu à peu son personnage de grand nigaud lunaire et malchanceux dans Les Malheurs d’Alfred qui démarre sur les chapeaux de roues, mais s’égare en chemin.

Synopsis : Alfred est un jeune architecte né sous une mauvaise étoile : tout ce qu’il entreprend rate plus ou moins lamentablement. Jusqu’au jour où participant à des jeux télévisés, sa malchance aboutit à une série de victoires intempestives…

Pierre Richard, héritier des grands burlesques

Critique : Depuis son tout premier film en tant que metteur en scène (Le distrait en 1970), le comique Pierre Richard développe peu à peu son personnage de clown lunaire, à la fois terriblement gauche et malchanceux. Grâce à une impeccable forme physique et une souplesse impressionnante, l’acteur se conforme à toute une tradition du cinéma burlesque venue du muet. Sorte de Pierrot croisé avec Buster Keaton ou encore Harold Lloyd, Pierre Richard tente de retrouver la formule magique d’un comique pourtant déjà désuet dans les années 70.

Les malheurs d'Alfred, jaquette du blu-ray

© 1972 Gaumont – Madeleine Films / © 2014 Gaumont Vidéo. Tous droits réservés.

Malheureusement, si cette machine à gags est souvent implacable, elle a aussi tendance à tourner un peu à vide faute d’un scénario suffisamment charpenté pour affronter la durée fatidique d’une heure trente.

Une première partie enlevée en partie gâchée par la seconde, plus pataude

Inutile de revenir sur le nombre incalculable de scènes drôles, voire très drôles, concentrées essentiellement dans la première partie du métrage : elles sont pour beaucoup dans le charme que garde encore de nos jours cette comédie pas très fine. On est davantage réservé sur la seconde partie, sorte de parodie d’Intervilles où le comique s’en prend avec hargne à la télévision.

Dès lors, la plume se fait plus lourde, les acteurs hurlent et roulent des yeux afin d’être truculents tandis que le spectateur commence à trouver le temps long. Malgré la collaboration d’Yves Robert au scénario, ces Malheurs d’Alfred ne volent finalement pas très haut. Il faudra attendre de meilleurs scénaristes et réalisateurs (au hasard Gérard Oury, Georges Lautner ou encore Francis Veber) pour que Pierre Richard arrive à concilier avec le talent d’un équilibriste puissance comique et la rigueur narrative.

Alfred prépare le terrain pour le grand blond

Sans être un triomphe, cette seconde réalisation du comique lui a tout de même permis de se faire davantage connaître du grand public avec un peu plus de 300 000 entrées sur Paris en une dizaine de semaines. De quoi préparer le terrain pour un Grand blond avec une chaussure noire (Yves Robert, 1972) qui, lui, fera de Pierre Richard une valeur sûre du box-office hexagonal.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 8 mars 1972

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Les malheurs d'Alfred, l'affiche

© 1972 Gaumont – Madeleine Films / Affiche : Charles Rau. Tous droits réservés.

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Les malheurs d'Alfred, l'affiche

Bande-annonce de Les malheurs d'Alfred (VF)

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