Les Lyonnais : la critique du film (2011)

Polar | 1h42min
Note de la rédaction :
7.5/10
7.5
Les Lyonnais, affiche de cinéma

  • Réalisateur : Olivier Marchal
  • Acteurs : Gérard Lanvin, Etienne Chicot, Daniel Duval, Tchéky Karyo, Dimitri Storoge, Olivier Chantreau, Lionnel Astier, Francis Renaud, Valeria Cavalli
  • Date de sortie: 30 Nov 2011
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Les Lyonnais
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2011
  • Scénariste(s) : Olivier Marchal, Edgar Marie, d'après l'oeuvre de Edmond Vidal
  • Directeur de la photographie : Denis Rouden
  • Compositeur : Erwann Kermovant
  • Société(s) de production : Gaumont, France 2 Cinémas, Hatalom, LGM Productions, Rhônes-Alpes Cinéma, Nexus Factory
  • Distributeur (1ère sortie) : Gaumont Distribution
  • Éditeur(s) vidéo : Gaumont Vidéo
  • Date de sortie DVD & Blu-ray : 4 avril 2012
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 208 076 entrées / 253 693 entrées
  • Budget : 16 600 000 euros
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : : 1 / Couleurs / Son :
  • Festivals et récompenses : 1 Nomination aux César 2012 (Meilleur jeune espoir masculin pour Dimitri Storoge), Festival du Polar de Cognac 2011, Festival du Film de Sarlat 2011
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Gaumont
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Amitié, trahison et émotion. Le gang des Lyonnais revu par Olivier Marchal, est une déclaration d’amour sans faille au genre du polar que l’ancien flic devenu cinéaste a dans la peau. Les Lyonnais est l’un de ses meilleurs films.

Synopsis : De sa jeunesse passée dans la misère d’un camp de gitans, Edmond Vidal, dit Momon, a retenu le sens de la famille, une loyauté sans faille, et la fierté de ses origines. Il a surtout conservé l’amitié de Serge Suttel. L’ami d’enfance avec qui il a découvert la prison à cause d’un stupide vol de cerises. Avec lui, inexorablement il a plongé dans le Grand Banditisme, et connu l’apogée du Gang des Lyonnais, l’équipe qu’ils ont formée ensemble et qui a fait d’eux les plus célèbres braqueurs du début des années soixante dix. Leur irrésistible ascension prend fin en 1974, lors d’une arrestation spectaculaire.

Aujourd’hui à l’approche de la soixantaine, Momon tente d’oublier cette période de sa vie. Sa rédemption, il l’a trouvée en se retirant des « affaires ». En prenant soin de Janou, son épouse, qui a tant souffert à l’époque et de ses enfants et petits enfants, tous respectueux, devant cet homme aux valeurs simples et universelles, lucide et pétri d’humanité. A l’inverse de Serge Suttel, qui malgré le temps n’a rien renié de son itinéraire…

Notre avis : Quelque part entre L’immortel de Richard Berry (pour l’introspection mafieuse à la caméra clinquante) et Les liens du sang de Jacques Maillol (pour la reconstitution du Milieu des années 70), Les Lyonnais confirme la vision cinématographique sans concession d’Olivier Marchal.

Amitiés viriles dans le grand banditisme

L’ancien flic, devenu réalisateur star chez Gaumont, pour qui il a réalisé les dépressifs 36 quai des orfèvres et MR73, poursuit une œuvre cohérente, où l’on ressent une fascination manifeste pour les carcasses vieillissantes d’anciennes pointures – du crime ou de la police-, les amitiés viriles qu’un regard de comédien vient exalter, les destinées masculines passées au rouleau compresseur par ce satané destin, le système et ses codes qui finissent par échapper des mains des plus grandes pointures.

Un scénario alambiqué mais brillant

Délaissant les poulets pour les petites frappes opportunistes, Olivier Marchal présente dans Les Lyonnais a peu près le même type de personnages que dans ses films précédents. Des visages burinés qui ont vécu, mais survivent grâce à des valeurs fondatrices (la famille, l’amitié aveugle et l’honneur), jusqu’au nouvel ordre établi, le nouveau régime, forcément moins bon, pour les fonctionnaires de police (ils y perdent des vies) aussi bien que les anciens brigands (ils sont exposés à la trahison).

Le scénario alambiqué du Gang, tiré des mémoires de l’une des figures de proue du grand banditisme lyonnais des années 70, Edmond Vidal, mélange passé et présent ; il juxtapose à la sagesse de la vieillesse (désormais Vidal a soixante balais) la jeunesse arrogante qui n’est plus, avec un sentiment partagé de mélancolie (pour une criminalité moins bureaucratique) et de nostalgie (pour l’indivisible amitié).

Des acteurs hors pair lui donnent chair, notamment Gérard Lanvin, dont la beauté magnétique ne s’efface pas avec l’âge : elle prend au contraire, dans le creux de ses rides, une force de jeu qu’un Alain Delon, toujours à la troisième personne, a perdu en trente ans (depuis Notre histoire de Bertrand Blier, 1984, pour être plus précis). Le comédien du Guépard, jusqu’en avril 2010, devait d’ailleurs jouer le rôle principal du mythique Edmond Vidal, avant de décliner l’offre d’un come-back fracassant, en raison de différends avec la production.

Les Lyonnais, un modèle du genre

Dans ce nouveau bijou du polar français, l’introspection du milieu se fait sans stéréotypes, dans un refus du manichéisme abêtissant, ce qui ne nous permet pas de trancher sur l’identité des vrais justes ou des authentiques salauds de cette histoire où les héros n’ont pas les mains blanches et où les politiques ressortent largement éclaboussés.

Bâti comme un vrai film de cinéma, ample, emphatique, et irrémédiablement emporté par le souffle de la tragédie, Les Lyonnais sait monter très haut dans les émotions en décrivant l’une des histoires d’amitié les plus sensationnelles vues à l’écran depuis longtemps.

Les sorties de la semaine du 30 novembre 2011

Les Lyonnais, affiche de cinéma

Les Lyonnais – Copyright Gaumont Distribution

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Les Lyonnais, affiche de cinéma

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