Les cadavres ne portent pas de costard : la critique du film (1982)

Comédie, Policier, Film noir, Parodie | 1h28min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Affiche française de Les cadavres ne portent pas de costard de Carl Reiner

  • Réalisateur : Carl Reiner
  • Acteurs : Steve Martin, Carl Reiner, Rachel Ward, Reni Santoni
  • Date de sortie: 22 Sep 1982
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Dead Men Don't Wear Plaid
  • Titres alternatifs : Cliente muerto no paga (Argentine) / Cliente Morto Não Paga (Brésil) / Il mistero del cadavere scomparso (Italie) / Cliente Morto Não Paga a Conta (Portugal) / Cliente muerto no paga (Espagne) / Tote tragen keine Karos (Allemagne)
  • Année de production : 1982
  • Scénariste(s) : Carl Reiner, George Gipe, Steve Martin
  • Directeur de la photographie : Michael Chapman
  • Compositeur : Miklós Rózsa
  • Société(s) de production : Aspen Film Society, Universal Pictures
  • Distributeur (1ère sortie) : Coline – Océanic Films - LMD
  • Distributeur (reprise) : -
  • Le film comprend des extraits de films avec : Edward Arnold, Ingrid Bergman, Humphrey Bogart, Wally Brown, James Cagney, William Conrad, Jeff Corey, Joan Crawford, Bette Davis, Brian Donlevy, Kirk Douglas, Ava Gardner, Cary Grant, Alan Ladd, Veronica Lake, Burt Lancaster, Charles Laughton, Fred MacMurray, Charles McGraw, John Miljan, Ray Milland, Edmond O'Brien, Vincent Price, Barbara Stanwyck, Lana Turner, Norma Varden
  • Éditeur(s) vidéo : CIC Vidéo (VHS) / Universal (DVD, 2004) / Filmedia (DVD, 2011) / Elephant Films (combo DVD / Blu-ray, 2020)
  • Date de sortie vidéo : 25 février 2020 (combo DVD / Blu-ray)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 701 316 entrées / 274 012 entrées
  • Box-office nord-américain : 18 196 170 M$
  • Budget : 9 M$
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Noir et Blanc / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Michel Landi
  • Crédits : Universal Studios
Note des spectateurs :
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Audacieux pastiche de films noirs, Les cadavres ne portent pas de costard pousse son procédé fondé sur un habile montage jusqu’au bout et parvient à faire illusion. Le divertissement est aussi ambitieux que réussi, malgré quelques chutes de rythme.

Synopsis : Le détective privé Rigby Deardon est engagé par Juliet Forrest pour retrouver son père, célèbre savant et fabricant de fromages, qui a disparu. À partir d’une mystérieuse liste de noms intitulée Les amis de Carlotta, Rigby commence son enquête.

Un habile détournement de vieux classiques du film noir

Critique : Au cours des années 70, de très nombreux auteurs se penchent sur le genre du film noir (Altman et Wenders, parmi d’autres) et cherchent à lui rendre hommage, parfois en étant à la lisière du pastiche. Parallèlement, des comiques comme Mel Brooks rencontrent le succès par le biais de parodies délirantes. C’est au carrefour de ces deux modes que se situe Les cadavres ne portent pas de costard (1982) qui entend à la fois parodier le film noir, tout en rendant un hommage sincère aux artisans du Hollywood des années 40. Initialement, l’idée très originale de mêler des comiques d’aujourd’hui à des acteurs d’autrefois par le biais du montage était destinée à alimenter un simple sketch, mais Steve Martin et Carl Reiner ont estimé que ce défi pouvait être relevé à l’échelle d’un film complet.

Ils ont donc rédigé un script complet autour d’une enquête assez incompréhensible qui n’a qu’un unique but : obliger le détective privé incarné par Steve Martin à rencontrer un nombre conséquent de personnages annexes qui feront progresser son enquête. Chaque protagoniste intervient à l’aide d’extraits de vieux classiques des années 40. Par la magie du montage et du champ-contre-champ, Steve Martin peut ainsi dialoguer avec des comédiens comme Alan Ladd, Humphrey Bogart, Barbara Stanwyck, James Cagney, Ava Gardner, Burt Lancaster ou encore Charles Laughton.

Une reconstitution des années 40 bluffante

Nécessairement tourné en noir et blanc, Les cadavres ne portent pas de costard réussit le pari fou d’intégrer de manière naturelle des extraits d’autres films au cœur de sa propre intrigue. Cela induit parfois un léger décalage entre le sérieux des comédiens des années 40 et le ridicule de certaines situations. Parmi les films utilisés, on peut notamment citer Le poison (Wilder, 1945), Assurance sur la mort (Wilder, 1944), Le facteur sonne toujours deux fois (Garnett, 1946), Les enchaînés (Hitchcock, 1946), L’île au complot (Leonard, 1949) ou encore Le violent (Ray, 1950). Au total, une petite vingtaine de longs-métrages ont été mis à contribution.

On peut en tout cas être admiratif du travail effectué par les décorateurs, costumiers et chef opérateur du début des années 80 pour être parvenus à reconstituer les décors des œuvres d’origine, afin que l’illusion soit parfaite. Au passage, le réalisateur Carl Reiner – dont ce fut le film le plus ambitieux – a fait travailler des artistes qui étaient déjà aux commandes dans les années 40. On peut notamment citer la costumière Edith Head ou le musicien Miklos Rosza qui livrent ici leurs derniers travaux après une riche carrière.

Quelques gags moins inspirés ternissent un peu la projection

Habiles dans la manière d’intégrer les extraits de films noirs d’époque, les auteurs ont été légèrement moins inspirés en ce qui concerne l’intrigue principale, simple prétexte pour faire passer le détective d’un témoin à l’autre. De même, si de nombreux passages s’avèrent très drôles grâce à des gags bien amenés, et parfois proches du non-sens, on peut aussi regretter quelques moments plus creux ou embarrassants. Tous les gags ne sont pas aussi efficaces et certains passages manquent clairement de la folie nécessaire pour emballer totalement.

La faute en revient partiellement à Steve Martin qui en fait parfois un peu trop en détective qui se prend terriblement au sérieux. Heureusement, on peut compter sur la justesse de Rachel Ward pour compenser la tendance du comique au cabotinage. Enfin, signalons l’excellente prestation de Carl Reiner dans le double rôle du majordome et général nazi. Il parodie ici le cinéaste Otto Preminger avec une jubilation communicative qui permet au dernier quart d’heure de retrouver un punch qui s’était quelque peu émoussé en cours de projection. Notons par ailleurs que Les cadavres ne portent pas de costard a sans doute inspiré Michel Hazanavicius pour son diptyque sur OSS 117 avec Jean Dujardin, tant certains éléments de l’intrigue semblent calqués sur l’œuvre de Carl Reiner.

Les Cadavres ne Portent Pas de Costard, blu-ray France, cover, jaquette

© Aspen Film Society – Edition Blu-ray France Elephant Films

Le plus gros succès français de Steve Martin, en tant que tête d’affiche

Doté d’un budget conséquent, Les cadavres ne portent pas de costard a rencontré un petit succès lors de sa sortie aux Etats-Unis, sans pour autant retrouver les sommets atteints par Un vrai schnock (1979), première collaboration entre Reiner et Martin qui avait terminé sa carrière vers 73 millions de dollars de recettes. Le pastiche de film noir devra se contenter de 18,1 millions de billets verts, un score plutôt moyen.

En France, Les cadavres ne portent pas de costard n’a pas explosé le box-office lors de sa semaine de sortie, mais il a su se maintenir sur la durée, progressant même de semaine en semaine, preuve d’un certain engouement du public. Ils furent 701 316 cinéphiles à faire le déplacement dans toute la France, alors même que Steve Martin souffrait d’un déficit de notoriété sur notre territoire. C’est donc bien le concept original qui a poussé les spectateurs français dans les salles.

D’ailleurs, il s’agit du deuxième plus gros succès de l’acteur Steve Martin en France sur l’ensemble de sa carrière, juste derrière Les Looney Tunes passent à l’action (Dante, 2003) qui n’était même pas basé sur sa présence au générique – qui plus est dans un petit rôle. On peut donc considérer le film de Carl Reiner comme le plus gros succès personnel de Steve Martin en France, ce qui est mérité.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 22 septembre 1982

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Affiche française de Les cadavres ne portent pas de costard de Carl Reiner

© 1982 Universal Studios / Affiche : Michel Landi. Tous droits réservés.

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Affiche française de Les cadavres ne portent pas de costard de Carl Reiner

Bande-annonce de Les cadavres ne portent pas de costard (VOstf)

Comédie, Policier, Film noir, Parodie

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