Suite encore plus portée sur l’action, Les Bad Guys 2 demeure un spectacle familial agréable grâce à un humour décalé plutôt drôle.
Synopsis : Les criminels animaliers s’efforcent de se faire à leur nouvelle vie de gentils. Bientôt, ils sont tirés de leur retraite et forcés de faire “un dernier travail” par une équipe entièrement féminine.
Critique : Avec des recettes dépassant les 250 millions de dollars à l’échelle mondiale pour un budget très raisonnable de 70 M$, Les Bad Guys (2022) a été une belle affaire pour le studio Dreamworks et son distributeur Universal. Il n’en fallait guère davantage pour que la firme renouvèle sa confiance envers Pierre Perifel, premier Français à réaliser une œuvre d’animation importante à Hollywood. Celui-ci envisageait bel et bien de continuer à travailler sur cette saga en cas de succès et il a donc accepté l’offre de tourner Les Bad Guys 2, secondé cette fois par JP Sans à la direction. Ce dernier était déjà à la tête de l’animation des personnages sur le précédent opus, pour mémoire un très agréable divertissement qui jouissait de protagonistes charismatiques et d’une action pétaradante.

© 2025 Dreamworks, Universal Pictures. Tous droits réservés.
Afin de répondre au classique cahier des charges d’une bonne suite, les compères ont poussé les curseurs de l’action au maximum avec ce nouvel épisode qui gagne encore en efficacité, mais qui perd un peu de vue ses personnages principaux en ajoutant une nouvelle équipe face à notre groupe préféré. Signe des temps, les antagonistes sont toutes des protagonistes féminines qui vont donner du fil à retordre aux fameux Bad Guys, les obligeant notamment à redevenir méchants alors qu’ils s’étaient convertis à l’honnêteté à la fin du premier volet.
De l’action et encore de l’action, au risque de l’overdose
En apparence plus consensuel que le précédent par sa volonté de minorer les actes malfaisants des héros, Les Bad Guys 2 se noie parfois un peu trop dans l’action tous azimuts, au risque de tomber dans une surenchère fatigante. Ainsi, les auteurs confondent parfois efficacité et frénésie et peuvent indisposer lors de quelques passages où la caméra numérique semble prise de folie furieuse. Heureusement, l’ensemble bénéficie encore d’un humour franc et salvateur qui s’adresse à tous les publics. Ainsi, les enfants riront des gags à base de pets et des mimiques hilarantes des personnages, tandis que les adultes se régaleront d’un nombre considérable d’allusions sexuelles douteuses (que les parents se rassurent, leurs enfants ne les comprendront pas).
Mais là où Pierre Perifel et JP Sans marquent des points, c’est sans aucun doute dans leur volonté de signer un véritable film de cinéma, pétri notamment de références qui feront le bonheur des cinéphiles. De manière évidente, le métrage cite la saga des Mission : impossible, version Tom Cruise, mais il s’amuse aussi à parodier la fameuse séquence d’interrogatoire culte du Silence des agneaux (Jonathan Demme, 1991).
Des références multiples à destination des cinéphiles
Mieux, les auteurs inventent une nouvelle roche nommée la MacGuffinite qui est une référence directe au fameux MacGuffin, le terme employé par Alfred Hitchcock pour désigner un simple prétexte scénaristique qui permet d’enclencher la mécanique narrative alors même que personne ne sait ce que c’est (il s’agit la plupart du temps d’un objet à récupérer). Largement utilisé par le maître du suspense, ce moyen est également employé par les auteurs de ce Bad Guys 2 qui nous convie au plus grand casse du siècle.

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Cette cinéphilie se retrouve aussi dans la volonté de faire voler en éclat la forme de l’animation contemporaine, sur le modèle des deux Spider-Man animés (Spider-Man : New Generation et sa suite délirante Spider-Man : Across the Spider-Verse). Comme le film est destiné à un public plus jeune, Les Bad Guys 2 ne va pas aussi loin dans l’expérimentation que ses glorieux ainés, mais les auteurs prennent toutefois quelques risques lors de plans bien azimutés qui confirment l’ambition artistique de Pierre Perifel, au-delà de la simple commande de studio.
Une franchise à suivre…
En tout cas, si l’on en croit la désormais inévitable scène post-générique, une suite est déjà prévue pour cette fine équipe qui obtient le statut d’agents secrets du gouvernement. De là à dire que la saga pourrait se prolonger dans le style des Mission : impossible, il n’y a qu’un pas que nous franchirons allègrement. L’excellent démarrage au box-office de ce second opus devrait permettre de continuer l’exploitation de la franchise bien au-delà de cet épisode fort agréable, souvent drôle, mais parfois un peu trop frénétique.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 30 juillet 2025

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Cinéma américain, Dreamworks Animation, Films pour enfants avec des animaux qui parlent, Films de casse

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