La Légende de Zatoïchi : Le Secret – critique du film et test blu-ray (1962)

Drame, Action, Film de cape et épée | 1h12min
Note de la rédaction :
7/10
7
La Légende de Zatoïchi : Le Secret, jaquette blu-ray

  • Réalisateur : Kazuo Mori
  • Acteurs : Shintarô Katsu, Masayo Banri, Yaeko Mizutani (Yoshie Mizutani), Tomisaburô Wakayama
  • Date de sortie: 12 Oct 1962
  • Année de production : 1962
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Zoku Zatoichi monogatari (続・座頭市物語)
  • Titres alternatifs : The Tale of Zatoichi Continues (titre international) / Die Reise des Zatoichi (Allemagne) / O Conto de Zatoichi Continua (Brésil)
  • Casting : Shintarô Katsu, Yaeko Mizutani, Masayo Banri, Tomisaburô Wakayama, Yutaka Nakamura, Sônosuke Sawamura, Shôsaku Sugiyama, San'emon Arashi, Yoshindo Yamaji, Eijirô Yanagi, Fujio Harumoto, Kôichi Mizuhara, Saburô Date, Shintarô Nanjô, Shôzô Nanbu, Kôichi Aihara, Jun Arimura, Okuyama Asao, Katsuyoshi Baba, Takaji Fukui, Yûji Hamada, Akiko Inoue, Kiyoshi Kasuga, Gen Kimura, Kenji Morita, Kazuo Moriuchi, Saburô Nagaoka, Kazuo Ôbayashi, Tokio Oki, Jun Ôsugi, Taizô Sengoku, Sôji Shibata, Akira Shiga, Ichirô Takakura, Toshihiko Takeguchi, Kazue Tamaki, Takashi Teramura, Susumu Wakahara, Yôko Wakasugi, Takeshi Yabuuchi, Fumihiko Yokoyama
  • Scénariste : Minoru Inuzuka
  • D'après : une nouvelle de Kan Shimozawa
  • Monteur : Kôji Taniguchi
  • Directeur de la photographie : Shôzô Honda
  • Compositeur : Ichirô Saitô
  • Chef décorateur : Osamu Jô
  • Directeur artistique : Seiichi Ôta
  • Producteur : Ikuo Kubodera
  • Producteur exécutif : Ikuo Kubodera
  • Sociétés de production : Daiei
  • Distributeur : Film inédit dans les salles françaises. La date de sortie ci-dessus est celle au Japon.
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Roboto Films (blu-ray, 2025)
  • Date de sortie vidéo : 16 décembre 2025
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Classification :
  • Formats : 2.35 : 1 / Noir et Blanc / Son : Mono
  • Festivals :
  • Illustrateur/Création graphique : © Péchane. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Kadokawa Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 2ème épisode de la franchise Zatoïchi.
Note des spectateurs :

Plus centré sur l’action, La Légende de Zatoïchi : Le Secret gagne en efficacité ce qu’il perd en émotion. Toutefois, la maestria des acteurs et le scénario qui approfondit le passé des personnages compensent en partie ce défaut.

Synopsis : Un an après, Zatōichi retourne dans la ville proche du temple Joshoji pour se recueillir sur la tombe d’Hirate, le samouraï qu’il a tué. Trois brigands l’attaquent alors qu’il fait sécher ses vêtements et sont mis hors d’état de nuire par un épéiste manchot. Plus tard dans la journée, Zatōichi est engagé pour masser un puissant seigneur qui, à l’insu de tous sauf de ses plus proches serviteurs, est fou. Zatōichi constate l’instabilité mentale du noble, et les serviteurs décident de le tuer…

La suite directe du premier opus

Critique : A la sortie de La Légende de Zatoïchi : Le Masseur aveugle (Kenji Misumi, 1962), le succès populaire est immédiat au Japon et la firme Daiei commande immédiatement une suite qui devra être à nouveau écrite et tournée à toute vitesse afin de pouvoir sortir sur les écrans nippons au mois d’octobre 1962. Le studio demande donc au scénariste du premier volet Minoru Inuzuka d’inventer une suite directe qui reprendrait même quelques personnages apparus dans le précédent volet, tout en accentuant la dimension martiale du récit.

La Légende de Zatoïchi : Le Secret, photo 1

© 1962 Kadokawa Corporation. Tous droits réservés.

Si la Daiei parvient à conserver le même scénariste, le réalisateur Kenji Misumi est déjà sur le tournage de Tuer (1962) et il ne peut donc être reconduit dans ses fonctions de metteur en scène. Le studio propose donc le projet au cinéaste Kazuo Mori, choix logique si l’on considère qu’il a déjà dirigé Shintarô Katsu  dans le rôle d’un masseur aveugle dans l’excellent Le Bandit aveugle (1960), sorte de matrice de la franchise Zatoïchi.

D’anciens personnages reviennent hanter cette suite

C’est ainsi que La Légende de Zatoïchi : Le Secret (1962) est mis en chantier aussi rapidement. L’intrigue concoctée par Minoru Inuzuka se situe donc un an après les événements du premier épisode, lorsque Zatoïchi tient sa promesse de venir sur la tombe de Miki Hirate, le samouraï qu’il a tué. Dès lors, le masseur revient sur les terres qui ont vu le drame se nouer précédemment. Il y retrouve notamment la femme qu’il a abandonné (toujours excellente Masayo Banri), mais aussi le parrain local toujours interprété par Eijirô Yanagi.

Pourtant, lors de son périple, le masseur fait la rencontre d’une jolie prostituée (très juste Yaeko Mizutani) qui lui rappelle son premier amour. Parallèlement, il croise un mystérieux samouraï manchot devenu hors la loi, joué avec majesté par Tomisaburô Wakayama (le propre frère de Shintarô Katsu et futur interprète de Baby Cart). Au fur et à mesure du récit – qu’on vous laisse découvrir – on apprendra quels sont les liens qui unissent les deux hommes.

Le Secret pousse plus loin le curseur de l’action

Ce deuxième épisode tranche sérieusement avec le précédent puisqu’il offre un rythme beaucoup plus soutenu avec un nombre conséquent d’affrontements et de morts. Ainsi, Le Secret gagne en efficacité ce qu’il perd en émotion forte, et ceci malgré une dernière partie plus dramatique.

La Légende de Zatoïchi : Le Secret, photo 2

© 1962 Kadokawa Corporation. Tous droits réservés.

Certes, cela correspond sans aucun doute à une demande du studio, mais cela vient également de la réalisation de Kazuo Mori, plus fonctionnelle que celle de Kenji Misumi. En fait, le nouveau cinéaste entend livrer un récit compact (72 minutes, soit une durée parmi les plus courtes de la saga) qui se traduit même par un final audacieux puisqu’interrompu en pleine action.

Le personnage de Zatoïchi s’épaissit

Avec son montage très découpé, La Légende de Zatoïchi : Le Secret offre donc les premiers grands affrontements de la saga, faisant quasiment du héros un homme invincible. Toutefois, l’auteur a eu l’intelligence d’ajouter des éléments dramatiques qui permettent d’approfondir le passé nébuleux du personnage principal. Lors d’une séquence plus intimiste, Kazuo Mori arrive même à retrouver durant un court instant la magie qui faisait tout le sel du premier. Cela ne dure toutefois pas longtemps et l’action reprend vite ses droits.

A cela, il convient d’ajouter la présence de la musique composée cette fois par Ichirô Saitô qui insiste davantage sur l’aspect sec et brut du long métrage. Finalement, La Légende de Zatoïchi : Le Secret n’émarge plus du côté du grand art, mais il est un segment fondamental car il amène la saga vers une dimension plus commerciale qui ira en s’accentuant au cours de la vingtaine de films suivants.

Un épisode inédit en France jusqu’à nos jours

Malgré son impact important au sein de la franchise, ce second volet est resté inédit dans les salles françaises et même en vidéo au cours des années 2000, malgré la parution d’une (fausse) intégrale chez Wild Side Vidéo. Ainsi, il a fallu attendre sa sortie en blu-ray au sein du coffret Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1 édité par Roboto Films en 2025 pour le découvrir.

Critique de Virgile Dumez

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La Légende de Zatoïchi : Le Secret, jaquette blu-ray

© 1962 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache. Tous droits réservés.

Biographies +

Kazuo Mori, Shintarô Katsu, Masayo Banri, Yaeko Mizutani (Yoshie Mizutani), Tomisaburô Wakayama

Mots clés

Cinéma japonaisFranchise : ZatoïchiLes handicapés au cinémaLa cécité, Les samouraïs au cinéma

 

Test du coffret blu-ray Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1

L’éditeur Roboto Films nous propose de redécouvrir en blu-ray l’intégralité de la saga culte du sabreur aveugle Zatoïchi. Le premier volume comprend 5 films, soit le prototype Le Bandit aveugle (1960) et les quatre premiers volets de La Légende de Zatoïchi. Test réalisé à partir du produit définitif.

Packaging & Compléments : 3 / 5

Tout d’abord, le coffret est constitué d’un étui rigide luxueux contenant cinq Digipack individuels, avec pour chacun une illustration de couverture originale par Péchane. En bonus vidéo, chaque film est présenté par Clément Rauger des Cahiers du Cinéma, tandis que certains titres bénéficient d’autres suppléments exclusifs.

Zatoïchi Les années Daiei, volume 1, jaquette blu-ray détails

© 1960 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache pour Roboto Films. Tous droits réservés.

Sur la galette de La Légende de Zatoïchi : Le Secret, il faudra se contenter d’une courte présentation de Clément Rauger (11min) qui revient surtout sur la durée ramassée du métrage, mais aussi sur les carrières de la comédienne Masayo Banri et du génial Tomisaburô Wakayama. Son intervention est toujours aussi claire et précise, riche en informations.

Reste à consulter les bandes-annonces de l’éditeur.

L’image de La Légende de Zatoïchi : Le Secret : 4 / 5

Il s’agit à nouveau d’une belle copie, grâce à une belle fluidité, une définition de qualité et un rendu respectueux du matériau d’origine. Comme sur les autres galettes, on peut tout de même reprocher un léger manque de contrastes, avec des noirs qui ne semblent pas suffisamment profonds. Cela n’empêche aucunement de profiter d’un spectacle inédit dans nos contrées.

Le son de La Légende de Zatoïchi : Le Secret : 3,5 / 5

Le film, totalement inédit en France, est proposé en version originale sous-titrée et mono pour un rendu plutôt satisfaisant. On peut remarquer quelques passages comprenant des petits craquements et un léger souffle, mais rien qui ne soit franchement dérangeant. L’ensemble est donc de qualité, dans les limites du format sonore d’origine.

Test blu-ray : Virgile Dumez

Zatoïchi Les années Daiei, volume 1, jaquette blu-ray

© 1960 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache pour Roboto Films. Tous droits réservés.

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