La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif – critique du film et test blu-ray (1963)

Aventures, Arts martiaux, Film de cape et d’épée | 1h26min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif, jaquette blu-ray

  • Réalisateur : Tokuzô Tanaka
  • Acteurs : Shintarô Katsu, Masayo Banri, Miwa Takada, Jutarô Kitashiro (Jutarô Hôtô)
  • Date de sortie: 10 Août 1963
  • Année de production : 1963
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Zatôichi kyôjô-tabi (座頭市兇状旅)
  • Titres alternatifs : Zatoichi the Fugitive (USA) / Ein Kopfgeld auf Zatoichi (Allemagne) / Masajista Ichi, el fugitivo (Cuba) / Zatoichi, o Fugitivo (Brésil)
  • Casting : Shintarô Katsu, Miwa Takada, Masayo Banri, Jun'ichirô Narita, Katsuhiko Kobayashi, Tôru Abe, San'emon Arashi, Yûji Hamada, Sumao Ishihara, Jun Katsumura, Jutarô Kitashiro, Kôichi Mizuhara, Yasuhiro Mizukami, Sachiko Murase, Hiroshi Nawa, Tokio Oki, Teruko Ômi, Mitsusaburô Ramon, Kazue Tamaki, Yôko Wakasugi
  • Scénaristes : Seiji Hoshikawa, Minoru Inuzuka,
  • D'après une oeuvre de : Kan Shimozawa
  • Monteur : Hiroshi Yamada
  • Directeur de la photographie : Chikashi Makiura
  • Compositeur : Akira Ifukube
  • Chef Maquilleur :
  • Chef décorateur : Seiichi Ôta
  • Directeur artistique : Seiichi Ôta
  • Producteur : Masaichi Nagata
  • Producteur exécutif : Masaichi Nagata
  • Société de production : Daiei Studios
  • Distributeur : Film inédit en France. La date ci-dessus est celle de la sortie japonaise.
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Roboto Films (blu-ray, 2025)
  • Date de sortie vidéo : 16 décembre 2025
  • Budget :
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Classification :
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Illustrateur/Création graphique : © Péchane (jaquettes blu-ray). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Kadokawa Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 4ème épisode de la franchise Zatoïchi.
Note des spectateurs :

Pâtissant d’un scénario trop alambiqué, La Légende de Zatoichi : Le Fugitif n’en demeure pas moins un quatrième volet intéressant grâce à une dernière demi-heure fort réussie. Il s’agit du plus gros succès commercial de la franchise.

Synopsis : À son arrivée dans la ville de Shimonita, Ichi apprend qu’un chef yakuza local a mis sa tête à prix. Pris au piège, il découvre qu’un ancien amour a été assassiné. Dévoré par la colère, il part affronter les meurtriers : un rōnin mercenaire et son clan.

Zatoïchi se paye un nouveau scénariste

Critique : Jusqu’alors toujours scénarisée par Minoru Inuzuka, la saga Zatoïchi connaît un tournant important en 1963 puisque c’est Seiji Hoshikawa qui signe pour la première fois le script du quatrième opus intitulé La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif. L’auteur est davantage spécialisé dans les histoires de yakuzas complexes et tortueuses et il a eu tendance à gommer l’aspect quelque peu mélodramatique de la franchise.

La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif photo 1

© 1963 Kadokawa Corporation. Tous droits réservés.

Pourtant, lors de la validation de son scénario, les producteurs ont exigé une réécriture par Minoru Inuzuka afin qu’il réintroduise le personnage d’Otane, l’ancien amour de Zatoïchi, toujours interprétée par la charismatique Masayo Banri. Cela constitue sans aucun doute la meilleure idée de l’épisode qui gagne en puissance grâce à la fin malheureuse de ce beau personnage, donnant ainsi davantage d’ampleur à la vengeance du masseur aveugle.

Une intrigue plus confuse que d’habitude

Toujours réalisé par Tokuzô Tanaka qui a effectué un travail remarquable sur le précédent épisode, Le Fugitif lui est toutefois nettement inférieur à cause d’un scénario inutilement complexe et que l’on peut même qualifier de confus. En multipliant le nombre de personnages secondaires et les sous-intrigues, le scénariste Seiji Hoshikawa perd parfois le fil de son histoire et rend la projection cryptique à plusieurs moments.

D’ailleurs, la pédale douce a été également mise sur l’action puisque la première heure espère nous passionner avec une intrigue de palais où des chefs yakuzas tentent de posséder le territoire d’un jeune héritier inexpérimenté et naïf. Zatoïchi, dont la tête a été mise à prix, se retrouve donc dans ce village au milieu d’un panier de crabes. Ses interventions ne sont pas toujours compréhensibles, de même que les raisons profondes de certains protagonistes secondaires.

La dernière demi-heure réhausse le niveau

Pâtissant d’une écriture mal maîtrisée, La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif compense cette évidente faiblesse par une dernière demi-heure bien plus convaincante. Ainsi, l’attaque finale d’une trentaine d’hommes dans la grange abandonnée – superbe décor au passage – possède une belle énergie et démontre que le cinéaste Tokuzô Tanaka n’est pas un manchot, même si son style est nettement moins flamboyant que celui de Kenji Misumi. Enfin, le duel final entre Zatoïchi et son antagoniste joué à merveille par Jutarô Kitashiro est un beau moment de cinéma qui anticipe les instants suspendus qui feront la gloire du western italien quelques temps plus tard, preuve de l’influence majeure du cinéma japonais sur l’œuvre de Sergio Leone.

La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif photo 2

© 1963 Kadokawa Corporation. Tous droits réservés.

Enfin, le long métrage ne serait pas aussi agréable à suivre sans le jeu toujours aussi magistral de Shintarô Katsu, décidément en pleine possession de ses moyens dans ce rôle iconique. Il est soutenu ici par la jeune Miwa Takada qui allie grâce et charme dans une sous-intrigue à la Roméo et Juliette. Le résultat constitue un épisode de qualité, même si on est en droit de le trouver plus faible à cause d’une histoire trop compliquée.

Le plus gros succès japonais de la franchise

Cela ne l’a pas empêché de connaitre un énorme succès commercial au Japon, atteignant des recettes records qui en ont fait l’épisode le plus lucratif de toute la saga. A partir de ce quatrième film, il était certain que la firme Daiei n’allait pas abandonner ce personnage lui rapportant gros à chaque itération. De manière étonnante, le métrage n’est jamais sorti en France et n’a même pas eu droit à une redécouverte en DVD lors de la parution de la fausse intégrale chez Wild Side Vidéo. Il a donc fallu attendre décembre 2025 pour découvrir le long métrage en France dans le coffret Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1 édité par Roboto Films.

Critique de Virgile Dumez

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La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif, jaquette blu-ray

© 1963 Kadokawa Corporation / Jaquette : Péchane. Tous droits réservés.

Biographies +

Tokuzô Tanaka, Shintarô Katsu, Masayo Banri, Miwa Takada, Jutarô Kitashiro (Jutarô Hôtô)

Mots clés

Cinéma japonaisFranchise : ZatoïchiLes handicapés au cinémaLa cécité, Les samouraïs au cinéma

 

Test du coffret blu-ray Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1

L’éditeur Roboto Films nous propose de redécouvrir en blu-ray l’intégralité de la saga culte du sabreur aveugle Zatoïchi. Le premier volume comprend 5 films, soit le prototype Le Bandit aveugle (1960) et les quatre premiers volets de La Légende de Zatoïchi. Test réalisé à partir du produit définitif.

Packaging & Compléments : 3 / 5

Tout d’abord, le coffret est constitué d’un étui rigide luxueux contenant cinq Digipack individuels, avec pour chacun une illustration de couverture originale par Péchane. En bonus vidéo, chaque film est présenté par Clément Rauger des Cahiers du Cinéma, tandis que certains titres bénéficient d’autres suppléments exclusifs.

Sur la dernière galette, on retrouve uniquement l’intervention de Clément Rauger qui revient durant 12 minutes sur le changement de scénariste, l’évolution de la saga, mais aussi sur les carrières de Miwa Takada et du second couteau Tôru Abe. L’ensemble est clair et précis.

Reste à consulter les bandes-annonces de l’éditeur.

Zatoïchi Les années Daiei, volume 1, jaquette blu-ray détails

© 1960 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache pour Roboto Films. Tous droits réservés.

L’image du blu-ray La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif : 3 / 5

Si le rendu est bien celui d’un blu-ray par la qualité du piqué et la présence de nombreux détails à l’écran, on peut regretter un léger manque de peps dans la colorimétrie générale. En fait, comme sur le précédent volet, mais en plus prononcé ici, on a parfois l’impression que les couleurs sont quelques peu éteintes ou passées, preuve d’un travail de restauration peu effectif. C’est dommage, mais cela demeure le meilleur moyen de découvrir ces épisodes inédits en France jusqu’à nos jours.

Le son du blu-ray La Légende de Zatoïchi : Le Fugitif : 3 / 5  

Proposé en DTS-HD Master Audio mono, uniquement en version originale sous-titrée, le quatrième épisode est celui qui souffre le plus d’une évidente détérioration de la bande sonore. Encore une fois, cela n’est pas très gênant, mais on note toutefois de nombreux craquements, du souffle et des impuretés qui étonnent en 2025.

Test blu-ray : Virgile Dumez

Zatoïchi Les années Daiei, volume 1, jaquette blu-ray

© 1960 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache pour Roboto Films. Tous droits réservés.

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