La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage – critique du film et test blu-ray (1963)

Aventure, Film de cape et d’épée, Arts martiaux, Drame | 1h31min
Note de la rédaction :
8/10
8
La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage, jaquette blu-ray

  • Réalisateur : Tokuzô Tanaka
  • Acteurs : Shintarô Katsu, Mieko Kondô, Mikiko Tsubouchi, Seizaburô Kawazu
  • Date de sortie: 15 Mar 1963
  • Année de production : 1963
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : 新・座頭市物語, Shin Zatōichi monogatari
  • Titres alternatifs : New Tale of Zatoichi (titre international) / Die Rückkehr des Zatoichi (Allemagne) / Novo Conto de Zatoichi (Brésil)
  • Casting : Shintarô Katsu, Mikiko Tsubouchi, Seizaburô Kawazu, Fujio Suga, Mieko Kondô, Chitose Maki, Saburô Date, Tatsuo Endô, Gen Kimura, Kanae Kobayashi, Yutaka Nakamura, Shôsaku Sugiyama
  • Scénariste : Minoru Inuzuka
  • D'après : une nouvelle de Kan Shimozawa
  • Monteur : Hiroshi Yamada
  • Directeur de la photographie : Chikashi Makiura
  • Compositeur : Akira Ifukube
  • Directeur artistique : Seiichi Ôta
  • Producteur : Ikuo Kubodera
  • Sociétés de production : Daiei Studios
  • Distributeur : Film inédit dans les salles françaises. La date de sortie ci-dessus est celle au Japon.
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Roboto Films (blu-ray, 2025)
  • Date de sortie vidéo : 16 décembre 2025
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Illustrateur/Création graphique : © Péchane (jaquette blu-ray). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Kadokawa Corporation. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : 3ème épisode de la franchise Zatoïchi.
Note des spectateurs :

Troisième volet de la saga, La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage constitue l’un des sommets de la franchise grâce à un aspect crépusculaire et dramatique, sublimé par l’interprétation magistrale de Shintarô Katsu.

Synopsis : Zatoïchi tente de se retirer dans son village natal, mais la violence le rattrape lorsqu’il se retrouve mêlé à un conflit entre un clan de yakuzas et des villageois opprimés.

Retour aux sources pour Zatoïchi

Critique : Après l’énorme succès rencontré au Japon par les deux premiers volets de la saga La Légende de Zatoïchi, le studio Daiei a bien l’intention d’exploiter au maximum cette poule aux œufs d’or. Aussi, ils commandent aussitôt au scénariste Minoru Inuzuka – qui a déjà œuvré sur les deux précédents opus – une suite qui permettrait d’en connaître davantage sur ce personnage resté encore énigmatique.

Le scénariste a donc l’excellente idée de renvoyer Zatoïchi dans son village natal où il va retrouver la vieille femme qui l’a élevé, ainsi que son maître nommé Banno. Pourtant, ce retour aux sources ne va pas se passer comme prévu et Zatoïchi va devoir faire face au choix le plus important de sa vie lorsque la jolie Yayoi lui propose de l’épouser et donc d’abandonner sa vie d’errance liée à son statut de yakuza.

Le cinéaste Tokuzô Tanaka accentue l’aspect dramatique de la franchise

Avec La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage (1963), l’auteur revient davantage à l’ambiance du premier volet en confrontant le personnage principal à un dilemme moral : doit-il abandonner son mode de vie et ainsi trouver la rédemption ou est-il condamné à errer sans fin, victime d’une malédiction tenace ?

Zatoïchi Les années Daiei, volume 1, jaquette blu-ray détails

© 1960 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache pour Roboto Films. Tous droits réservés.

Afin de rendre palpable ces interrogations, les pontes de la Daiei choisissent de confier la réalisation de ce troisième épisode au cinéaste Tokuzô Tanaka. Celui-ci n’est pas un inconnu au Japon car il a participé à l’essor de la carrière de la star Shintarô Katsu en signant plusieurs épisodes de la saga des Akumyô, à partir de 1961. Le cinéaste est réputé pour son sérieux et pour posséder une sensibilité commune à celle de Kenji Misumi, auteur du magnifique premier épisode. D’ailleurs, ici, il parvient quasiment à en retrouver la saveur en accentuant l’aspect dramatique. Il utilise notamment à bon escient la très mélancolique musique de Akira Ifukube lors des passages émouvants, tandis qu’il s’abstient de tout ajout lors des combats, dont la violence suffit à animer l’écran.

Le premier Zatoïchi en couleurs

Bien entendu, l’ajout majeur de ce troisième volet vient de la couleur qui est également utilisée de manière à donner un aspect crépusculaire à l’intrigue. En fait, le retour de Zatoïchi dans son village natal ressemble davantage à un long chemin de croix puisqu’il va notamment devoir affronter les conséquences de ses actes, tout en se rendant compte de la duplicité et de la rouerie de son ancien maître. Petit à petit, les nœuds de l’intrigue se resserrent autour des protagonistes et amène le long métrage sur les terres de la tragédie pure et simple.

Pour cela, le drame bénéficie d’une réalisation maîtrisée de Tokuzô Tanaka. Ce dernier sait parfaitement équilibrer les moments de tension et d’émotion. Il est aidé en cela par des acteurs au meilleur de leur forme. Shintarô Katsu connaît désormais par cœur le personnage qu’il incarne et qui va marquer à jamais sa vie. Face à lui, le maître fourbe est interprété par l’excellent Seizaburô Kawazu, déjà vu chez des maîtres comme Mizoguchi, Kurosawa et Kenji Misumi. Celui-ci parvient à rendre son personnage complexe, à la fois attachant par certains côtés, mais aussi haïssable par d’autres. Enfin, l’actrice Mikiko Tsubouchi incarne avec vigueur la sœur de l’antagoniste qui tombe amoureuse de Zatoïchi et qui pense pouvoir le réformer. Elle contribue beaucoup à la crédibilité de cette sous-intrigue sentimentale touchante.

Un film resté longtemps inédit en France

Alternant scènes de combats efficaces, moments intimistes poignants et même une réflexion plutôt approfondie sur la possibilité ou non d’une rédemption pour des criminels professionnels, La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage est assurément un très bel épisode et peut aisément compter parmi les moments forts de la saga. Pourtant, il n’est jamais sorti en France, ni au cinéma, ni en vidéo, et ceci jusqu’à sa récente publication au sein du coffret Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1 édité par Roboto Films en 2025.

Critique de Virgile Dumez

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La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage, jaquette blu-ray

© 1962 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache. Tous droits réservés.

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Tokuzô Tanaka, Shintarô Katsu, Mieko Kondô, Mikiko Tsubouchi, Seizaburô Kawazu

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Test du coffret blu-ray Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1

L’éditeur Roboto Films nous propose de redécouvrir en blu-ray l’intégralité de la saga culte du sabreur aveugle Zatoïchi. Le premier volume comprend 5 films, soit le prototype Le Bandit aveugle (1960) et les quatre premiers volets de La Légende de Zatoïchi. Test réalisé à partir du produit définitif.

Packaging & Compléments : 3 / 5

Tout d’abord, le coffret est constitué d’un étui rigide luxueux contenant cinq Digipack individuels, avec pour chacun une illustration de couverture originale par Péchane. En bonus vidéo, chaque film est présenté par Clément Rauger des Cahiers du Cinéma, tandis que certains titres bénéficient d’autres suppléments exclusifs.

Sur cette galette, seule l’intervention de Clément Rauger est présente pendant huit petites minutes où le critique présente surtout le cinéaste Tokuzô Tanaka et l’acteur Seizaburô Kawazu. En revanche, on n’apprend pas grand-chose sur la création du film.

L’image du blu-ray La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage : 3,5 / 5

Le film est proposé dans une version restaurée, mais tous les plans ne sont pas d’égale tenue. Les noirs manquent clairement de profondeur, tandis qu’un léger voile s’invite sur certains plans. La colorimétrie est également un peu en retrait, avec un rendu parfois un peu éteint. Toutefois, d’autres séquences possèdent un vrai piqué digne du blu-ray. L’ensemble est donc assez inégal.

Le son du blu-ray La Légende de Zatoïchi : Un nouveau voyage : 4 / 5                                                                                       

L’unique piste sonore en version originale sous-titrée est proposée en DTS-HD Master Audio mono. Le résultat est plutôt probant avec une belle clarté des voix et une partition musicale qui ne sature jamais. Quelques craquements sont toutefois de la partie, ainsi qu’un léger souffle lors des séquences supposées silencieuses. Rien de bien gênant.

Test blu-ray : Virgile Dumez

Zatoïchi Les années Daiei, volume 1, jaquette blu-ray

© 1960 Kadokawa Corporation / Jaquette : Pénache pour Roboto Films. Tous droits réservés.

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