La femme au tableau : la critique du film (2015)

Drame, Biopic, Historique | 1h50min
Note de la rédaction :
6/10
6
La femme au tableau, affiche du film de Simon Curtis

  • Réalisateur : Simon Curtis
  • Acteurs : Ryan Reynolds, Helen Mirren, Tom Schilling, Charles Dance, Elizabeth McGovern, Jonathan Pryce, Frances Fisher, Daniel Brühl, Katie Holmes, Tatiana Maslany
  • Date de sortie: 15 Juil 2015
  • Année de production : 2015
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : Woman in Gold
  • Titres alternatifs : Die Frau in Gold (Allemagne), , La dame en or (Québec), La dama de oro (Espagne, Mexique, Amétique latine), Złota dama (Pologne), Mulher de Ouro (Portugal), A Mulher de Ouro (Brésil)...
  • Scénaristes : Alexi Kaye Campbell
  • D'après les récits de E. Randol Schoenberg, Maria Altmann
  • Directeur de la photographie : Ross Emery
  • Monteur : Peter Lambert
  • Compositeur : Martin Phipps, Hans Zimmer
  • Producteurs : Joanie Blaikie, Peter Heslop, Kris Thykier, David M. Thompson
  • Sociétés de production : Origin Pictures, BBC Films
  • Distributeur : SND (France), The Weinstein Company (USA)
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : M6 Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 18 novembre 2015 (DVD, blu-ray)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 336 008 entrées / 148 817 entrées
  • Box-office USA / Monde 33 307 793$ / 61 619 773$
  • Budget : 11 000 000$
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Dolby Digital
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : © 2015 SND Tous droits réservés. Emma Boutboul / M'A
  • Crédits : © The Weinstein Company. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

La femme au tableau offre des émotions garanties dans sa restitution du combat de Maria Altmann. Helen Mirren est évidemment exceptionnelle en campant le rôle d’une Américaine d’origine autrichienne qui lutte pour récupérer son héritage artistique, spolié par les nazis. Classique et académique, mais toujours pertinent. 

Synopsis : Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

Un film de procès à la portée émotionnelle très forte

Critique : Simon Curtis (le plus petit nom sur l’affiche française, un signe ?) n’évoque pas grand-chose. Son premier long, My week-end with Marilyn avec Michelle Williams en Monroe, n’a pas laissé un souvenir inébranlable. Son approche du combat judiciaire d’une femme pour récupérer des œuvres spoliées par les nazis, puis retenues en Autriche après la guerre, dans un musée local, ne viendra pas le consacrer pour autant, tant sa réalisation se contente d’être classieuse, et se retrouve minée par une narration de passerelle un peu facile entre le passé et le présent, un peu rébarbative et déséquilibrée, bref, une réalisation essentiellement illustrative.

La femme au tableau appartient à un cinéma académique tire-larmes où la prestance des images, l’apparat des décors, et la majesté de jeu des acteurs (ici Helen Mirren, formidable, à un moindre niveau Ryan Reynolds dans un contre-emploi plus porté sur la maîtrise de son jeu habituellement fanfaron) offrent matière à occuper les spectateurs pendant deux heures de procès et d’enquêtes dans les coulisses obscures d’une Autriche à qui l’on somme de ne pas oublier son passé, notamment l’accueil très chaleureux des troupes allemandes par une partie de la population locale, lors du funeste Anschluss.

Helen MIrren dans La femme au tableau

© The Weinstein Company. All Rights Reserved.

Les scènes historiques reconstituent de façon somptueuse un passé, celui de la grande Vienne, meurtrie par la barbarie nazie dont on voit ici les premières conséquences sur la population juive : humiliation, spoliation, destruction des familles et des liens sociaux, avec l’approbation d’une partie des habitants, délateurs détestables, lors de scènes fortes, qui ravivent la réalité dramatique de la Seconde Guerre mondiale que certains seraient encore tentés de réviser aujourd’hui.

La femme au tableau, une histoire des arts qui croise l’horreur nazie

La femme au tableau est donc le combat impressionnant et touchant d’une vieille femme, Maria Altmann, qui a donc réellement existé. Elle a lutté, aux USA et en Autriche, dans les années 2000 pour récupérer des œuvres de Klimt estimées à des centaines de millions de dollars, notamment l’une représentant sa tante Adèle, sorte de Madeleine de Proust à ses yeux. Grâce à ce personnage attachant, le cinéaste en profite pour dresser le portrait glaçant de l’antisémitisme des années 30-40, une image douloureuse qui fait miroir avec l’antisémitisme rampant de notre époque où les raccourcis entre « juif », « argent » et « pouvoir » sont encore couramment entendus.

La femme au tableau de Simon Curtis en blu-ray

© The Weinstein Company. All Rights Reserved. — SND/M6 vidéo

Le réquisitoire en faveur du devoir de mémoire, pour que l’on n’oublie pas que derrière ces drames historiques se trouvaient des destins brisés, est particulièrement poignant. Il dresse une opposition manifeste entre l’individu et l’État tout puissant : une vieille dame inoffensive, accompagnée de son avocat juvénile, se trouve face au pouvoir autrichien prêt à tout pour conserver le patrimoine culturel du pays. De ce combat de titans, Simon Curtis parvient à livrer un récit à bien des moments passionnant et incroyable dans ses aboutissements.

Des stars pas toujours égales

On pourra reprocher une structure parfois déséquilibrée entre les séquences du passé et celles du présent, le jeu moyen de Ryan Reynolds loin d’être à la hauteur de Helen Mirren qui domine de sa présence l’ensemble du casting, et quelques seconds rôles ronflants (Katie Holmes, très faible, dans le rôle de son épouse). Mais ces détails ont été insignifiants aux yeux du public qui a bien accueilli ce somptueux mélodrame. Faute d’accéder aux Oscars et autres cérémonies de fin d’année, La femme au tableau a pu prétendre, le temps d’un été d’exploitation en salle, à sa place aux beaux arts.

Frédéric Mignard

La femme au tableau, affiche du film de Simon Curtis

© The Weinstein Company. All Rights Reserved. Création graphique : © 2015 SND Tous droits réservés. Emma Boutboul / M’A

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