La femme à abattre : la critique du film et le test blu-ray (1951)

Film noir, Policier, Film de gangsters | 1h27min
Note de la rédaction :
8/10
8
La femme à abattre, affiche

  • Réalisateur : Bretaigne Windust Raoul Walsh
  • Acteurs : Humphrey Bogart, Jack Mower, Susan Cabot, Don Beddoe, Zero Mostel, Ted de Corsia
  • Date de sortie: 07 Sep 1951
  • Année de production : 1951
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : The Enforcer
  • Titres alternatifs : Der Tiger (Allemagne) / Sin conciencia (Espagne) / Ligan (Suède) / Sem Consciência (Portugal) / Strażnik prawa (Pologne) / En gangsterliga avsløres (Norvège) / La città è salva (Italie) / Az igazságtevő (Hongrie) / Puuttuva rengas (Finlande) / Mord for betaling (Danemark) / Um Preço para Cada Crime (Brésil)
  • Casting : Humphrey Bogart, Zero Mostel, Ted de Corsia, Everett Sloane, Roy Roberts, Michael Tolan, King Donovan, Bob Steele, Adelaide Klein, Don Beddoe, Tito Vuolo, John Kellogg, Jack Lambert, Richard Bartell, Chet Brandenburg, Helen Brown, Benny Burt, Susan Cabot, Steve Carruthers, Danny Dayton, Sayre Dearing, Tom Dillon, Ralph Dunn, Art Dupuis, Charles Ferguson, Alan Foster, Tim Graham, Greta Granstedt, Eula Guy, Creighton Hale, Chuck Hamilton, Patricia Hayes, Patricia Joiner, Pete Kellett, Fred Kelsey, Karen Kester, Mike Lally, Perc Launders, Louis Lettieri, Edwin Max, John Maxwell, Philo McCullough, David McMahon, George Meader, Howard M. Mitchell, Jay Morley, Jack Mower, Paul Panzer, Montgomery Pittman, Barry Regan, Dan Riss, Mario Siletti, Robert Strong, Brick Sullivan, Chalky Williams, Harry Wilson, Tom Wilson, Bud Wolfe
  • Scénariste : Martin Rackin
  • Monteur : Fred Allen
  • Directeur de la photographie : Robert Burks
  • Compositeur : David Buttolph
  • Chef Maquilleur : Larry Butterworth
  • Chef décorateur : Charles H. Clarke
  • Directeur artistique : Charles H. Clarke
  • Producteur : Milton Sperling
  • Producteurs exécutifs :
  • Sociétés de production : United States Pictures, Warner Bros.
  • Distributeur : Warner Bros.
  • Distributeur reprise : Films sans Frontières
  • Date de sortie reprise : 11 juillet 2018
  • Editeurs vidéo : Films sans Frontières (DVD, 2011) / Rimini Editions (DVD et blu-ray, 2025)
  • Dates de sortie vidéo : 29 septembre 2011 (DVD) / 17 septembre 2025 (DVD et blu-ray)
  • Budget : 1 109 000 $ (soit 13 830 000 $ au cours de 2025)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 1 702 032 entrées / 635 890 entrées
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Rentabilité :
  • Classification : Interdiction aux - 16 ans (à l’époque) ; Tous publics (de nos jours)
  • Formats : 1.37 : 1 / Noir et Blanc / Son : Mono
  • Festivals :
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © René Péron (affiche 1951) ; Dreano (jaquette 2025). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Melange Pictures LLC. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse :
  • Tagline : "Le chef d'œuvre du film policier" France Soir (affiche reprise 2018)
  • Franchise :
Note des spectateurs :

Modèle de construction narrative, La femme à abattre est un vrai petit classique du film noir porté par la réalisation magistrale de Raoul Walsh.

Synopsis : Le gangster qui avait accepté de témoigner contre le chef d’une redoutable organisation criminelle se tue accidentellement. Le procureur Martin Ferguson perd son témoin clé et doit repartir à zéro. Il a peu de temps pour éviter que le suspect ne ressorte libre du tribunal.

A l’origine, une affaire réelle des années 30

Critique : Au début des années 50, le scénariste Martin Rackin, déjà actif depuis une bonne décennie, se lance dans l’écriture de La femme à abattre (1951), un film noir fondé sur une véritable affaire meurtrière datant des années 30. Effectivement, au cours de cette décade est née une entreprise liée à la pègre nommée Murder Inc. Il s’agissait tout simplement de commanditer des assassinats par le biais d’une société privée qui engageait alors des tueurs professionnels pour se charger des contrats. Le but était d’empêcher la police de trouver un mobile, d’autant que l’assassin ne connaissait même pas sa victime.

Cette entreprise a finalement été démantelée en 1941 grâce au témoignage d’Abe Reles qui s’est repenti afin d’éviter la chaise électrique. Malheureusement, celui-ci est mort peu avant de témoigner au procès. C’est exactement le point de départ de La femme à abattre puisque nous suivons la protection de Joe Rico (excellent Ted de Corsia, une révélation) par l’assistant du procureur joué par l’impérial Humphrey Bogart. Pourtant, au bout d’un quart d’heure, la mort soudaine du témoin principal prend le spectateur de court.

Un habile enchâssement de flashbacks

A partir de là, le scénario déploie un stratagème impressionnant pour nous expliquer les tenants et aboutissants de l’affaire. Il s’agit d’une multitude de flashbacks enchâssés les uns dans les autres. Malgré l’extrême complexité du dispositif narratif, le spectateur n’est jamais perdu et comprend finalement parfaitement les rouages d’une affaire pourtant complexe. Le tout nous amène avec virtuosité jusqu’à un twist final inattendu qui confirme l’excellence de l’écriture de Martin Rackin.

La femme à abattre, l'affiche de la reprise 2018

© 1951 Melange Pictures LLC. / Affiche : Les Films sans Frontières. Tous droits réservés.

Toutefois, le script est également servi par une excellente réalisation de Raoul Walsh. Effectivement, même s’il n’est pas crédité au générique, c’est bien le vétéran qui a tourné une très grande partie du film. D’abord attribuée au metteur en scène de théâtre Bretaigne Windust, la réalisation a finalement été confiée à Raoul Walsh grâce au soutien de son complice Humphrey Bogart. Officiellement, Bretaigne Windust serait tombé gravement malade durant le tournage, mais plusieurs témoignages plus tardifs semblent indiquer qu’il a été purement et simplement évincé du plateau par la Warner qui n’était pas satisfaite des rushes des premiers jours. Humphrey Bogart ne serait pas étranger à ce changement.

La femme à abattre conserve toutes les qualités des produits estampillés Warner

Même si La femme à abattre n’est pas un projet de grande envergure pour le studio (avec un budget très serré d’un million de dollars), la présence d’une star comme Bogart pouvait en faire un succès-surprise. Autant mettre donc toutes les chances de son côté en octroyant la réalisation à un professionnel aguerri. Raoul Walsh excelle d’ailleurs ici dans la création d’une ambiance sombre, baignant le film dans un clair-obscur magnifique.

Il parvient également à conserver le style nerveux des productions Warner en livrant un montage très resserré qui privilégie l’efficacité, jusque dans les dialogues, très percutants. Ainsi, en moins de 90 minutes, il raconte une intrigue particulièrement tortueuse, mais qui ne perd jamais le spectateur. En cela, on peut qualifier La femme à abattre de petit classique du genre qui devrait être étudié dans les écoles de cinéma.

Un succès amplement mérité

Outre ses qualités formelles, La femme à abattre bénéficie de comédiens chevronnés, tous parfaitement choisis. Bogart est immédiatement crédible en enquêteur teigneux, Ted de Corsia fait un mafieux impressionnant, Zero Mostel est impeccable en tueur peureux et suintant et Susan Cabot constitue une cible féminine de choix. Remarquable de bout en bout malgré la minceur de son budget, La femme à abattre n’a donc pas usurpé son statut de classique du genre.

Il fut d’ailleurs un vrai succès lors de sa sortie américaine, tandis qu’en France, il arrive sur les écrans assez rapidement à partir du vendredi 7 septembre 1951. Le film noir parviendra à passionner 635 890 Franciliens, tandis qu’ils furent 1 702 032 à venir applaudir Humphrey Bogart sur l’ensemble du territoire français. Un bien beau succès donc, qui a d’ailleurs fait l’objet d’une reprise en 2018 par le distributeur Films sans Frontières.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 5 septembre 1951

Acheter le film en blu-ray

Voir le film en VOD

La femme à abattre, affiche

© 1951 Melange Pictures LLC. / Affiche : René Péron. Tous droits réservés.

Biographies +

Bretaigne Windust, Raoul Walsh, Humphrey Bogart, Jack Mower, Susan Cabot, Don Beddoe, Zero Mostel, Ted de Corsia

Mots clés

Cinéma américain, Film noir, Film de mafia, Les gangsters au cinéma

Le test du blu-ray

Rimini nous régale avec la sortie de ce classique du film noir que tous les cinéphiles doivent posséder dans leur collection. Test réalisé à partir du produit finalisé.

Packaging & suppléments : 4 / 5

Le boitier blu-ray classique, mais au design transparent (et non bleu), est enrobé d’un fourreau très classe qui donne un joli cachet à l’ensemble. Toutefois, l’affiche utilisée est identique à l’extérieur et à l’intérieur, ce qui manque un peu d’imagination. En matière de suppléments audiovisuels, l’éditeur nous propose de suivre un entretien passionnant et très complet (35min) avec Florian Tréguer, enseignant à l’Université Rennes 2 et spécialiste du cinéma américain. Celui-ci revient sur l’affaire qui a inspiré le long métrage, mais aussi sur les déboires du réalisateur Bretaigne Windust, puis sur le travail impeccable de Raoul Walsh que l’on peut considérer comme le véritable auteur du film.

Ensuite, les cinéphiles seront ravis de suivre un entretien avec le grand Raoul Walsh (39 min) datant de 1966 et tiré de la collection Cinéastes de notre temps. Certes, le réalisateur évoque peu sa carrière de cinéaste à proprement parler, mais il revient sur son enfance, ses débuts en tant que cascadeur, puis acteur. Il insiste sur les conditions de tournage du temps du muet et se plaint de l’évolution récente du système hollywoodien qui semble ne plus l’amuser du tout. L’homme, assez rude, paraît toutefois sympathique, tant on sent qu’il a roulé sa bosse.

L’image du blu-ray : 5 / 5

La restauration du film est tout bonnement remarquable, avec un noir et blanc parfaitement contrasté, une stabilité de l’image impeccable et des arrière-plans gérés à la perfection. L’ensemble s’avère d’une réelle beauté et constitue une plus-value par rapport aux éditions DVD précédentes. On ne note aucune impureté et encore moins d’anicroches pour un rendu absolument parfait.

Le son du blu-ray : 4 / 5

En ce qui concerne la piste en version originale sous-titrée, le résultat est là encore tout à fait satisfaisant puisque le son a été intégralement nettoyé. Les voix sont clairement mises en avant, mais les ambiances ne sont pas étouffées et la musique ne sature jamais. Notre note diminue à cause de la piste sonore française, nettement moins satisfaisante. Si le doublage n’est pas en cause, la piste souffre d’un souffle constant qui peut être pénible à la longue. De toute façon, les cinéphiles purs et durs opteront naturellement pour la VO, nettement plus intéressante.

Test blu-ray : Virgile Dumez

La femme à abattre, jaquette blu-ray

© 1951 Melange Pictures LLC. / © 2025 Paramount Pictures / Jaquette : Dreano. Tous droits réservés.

Trailers & Vidéos

trailers
x
La femme à abattre, affiche

Bande-annonce de La femme à abattre (VO)

Film noir, Policier, Film de gangsters

x