Réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, Raoul Walsh (de son vrai nom Albert Edward Walsh) est né en 1887 à New York, aux Etats-Unis. Frère de l’acteur George Walsh, le jeune Raoul quitte sa famille très jeune pour vivre l’aventure dans le grand ouest en tant que cowboy, ainsi que dresseur de chevaux dans la cavalerie. Toutefois, le hasard l’amène à jouer de temps à autre des rôles sur scène et le jeune homme prend goût aux planches.
Un acteur du muet qui passe à la réalisation
Dès 1913, il parvient à se faire embaucher sur des films de court métrage où il fait preuve d’une grande virtuosité au lasso et lors des scènes de poursuite à cheval. Après de très nombreux rôles, il obtient du grand D.W. Griffith de jouer le rôle de John Wilkes Booth dans le classique Naissance d’une nation (1915). Durant le tournage, Raoul Walsh fait également office d’assistant du génial réalisateur, un formidable apprentissage pour celui qui a déjà réalisé plus d’une dizaine de courts, mais qui rêve de passer au long format dans la lignée du grand maître.
A partir de 1915, Raoul Walsh entre à la Fox où il tourne l’un des premiers films de gangsters, à savoir The Regeneration (1915). La même année, il confirme son importance en tournant Carmen (1915) qui rencontre un beau succès.
Les glorieuses années 20
Le réalisateur multiplie les films en tournant à toute vitesse et en faisant jouer son frère. Toutefois, c’est véritablement en 1924 qu’il triomphe grâce à son Voleur de Bagdad (1924) porté par la prestation de Douglas Fairbanks. Le film est devenu un véritable classique du cinéma fantastique.
Après ce coup d’éclat, Raoul Walsh peut signer un nouveau contrat d’exclusivité avec la Fox et il délivre un pur classique, cette fois du film de guerre : Au service de la gloire (1926). Walsh en signe une suite à succès intitulée Têtes brûlées (1929) qui lui permet de passer avec succès au cinéma parlant. L’année précédente, il connaît un autre triomphe avec Faiblesse humaine (1928), porté par l’interprétation de la star Gloria Swanson.
En 1928, un événement vient marquer à jamais l’existence de Walsh puisqu’il perd un œil lors du tournage du western In Old Arizona (1928). Il fera désormais partie des borgnes célèbres d’Hollywood, à l’instar de John Ford. Le cinéaste s’entiche d’un jeune acteur nommé John Wayne et il le fait tourner dans La piste des géants (1930) qui est un gros échec au box-office. Cela va entraîner le retour de John Wayne à la case série B pendant une décennie, tandis que Raoul Walsh va avoir du mal à revenir sur le devant de la scène, multipliant lui aussi les séries B sans grand intérêt.
Le creux des années 30 et la renaissance chez Warner
Si Raoul Walsh tourne beaucoup pendant les années 30, aucun film ne se détache vraiment et le réalisateur semble fini. Pourtant, en acceptant l’offre de la Warner qui l’embauche en 1939, Raoul Walsh va connaître une renaissance artistique. Il fait notamment tourner la vedette maison Humphrey Bogart dans des futurs classiques comme Une femme dangereuse (1940), La Grande évasion (1941) et parvient à tirer le meilleur d’Errol Flynn dans La Charge fantastique (1941), Sabotage à Berlin (1942) et Gentleman Jim (1942). L’alchimie fonctionne parfaitement pour des films considérés comme représentatifs de l’âge d’or hollywoodien.

Copyrights : Warner Bros Entertainment / Swashbuckler Films
A la même époque, on lui doit aussi Aventures en Birmanie (1945), puis l’excellent western La vallée de la peur (1947). Toujours avec Errol Flynn, il réussit également brillamment La rivière d’argent (1948).
En 1951, il est appelé par Humphrey Bogart sur le tournage du film noir La femme à abattre initialement commencé par le réalisateur Bretaigne Windust, tombé malencontreusement malade. En réalité, Raoul Walsh tourne la quasi-totalité de ce classique des années 50, mais il refuse d’apparaître au générique afin de favoriser la carrière de son confrère Windust. Un bien beau geste d’abnégation.
Les grosses productions impersonnelles des années 60
Au cours des années 50, Walsh tourne encore beaucoup, souvent des films d’aventures ou d’action, passant même aux grosses productions plus impersonnelles avec Hélène de Troie (1956), Esther et le roi (1960) et il termine son impressionnante carrière avec le western La charge de la huitième brigade (1964).
Après une telle activité, Raoul Walsh choisit de prendre sa retraite en 1964. Il décède finalement en 1980 à l’âge très respectable de 93 ans à la suite d’un infarctus. Il restera comme l’un des grands cinéastes du Hollywood classique.