Hercule contre les vampires : la critique du film (1962)

Péplum, Fantastique | 1h25min
Note de la rédaction :
7/10
7
Hercule contre les vampires, l'affiche

  • Réalisateur : Mario Bava
  • Acteurs : Christopher Lee, Reg Park, Evelyn Stewart (Ida Galli), Raf Baldassarre, Rosalba Neri, Franco Giacobini, Leonora Ruffo, George Ardisson
  • Date de sortie: 09 Mai 1962
  • Nationalité : Italien, Allemand
  • Titre original : Ercole al centro della Terra
  • Titres alternatifs : Hercules in the Haunted World (titre international) / Herkules gegen die Vampire (Autriche) / Vampire gegen Herakles (Allemagne) / Hércules al centro de la tierra (Mexique) / Hércules contra o Vampiro (Portugal) / Hércules en el centro de la Tierra (Espagne) / Hercules in the Center of the Earth (titre anglais)
  • Année de production : 1961
  • Scénariste(s) : Mario Bava, Sandro Continenza, Franco Prosperi, Duccio Tessari
  • Directeur de la photographie : Mario Bava
  • Compositeur : Armando Trovaioli
  • Société(s) de production : SpA Cinematografica, Omnia Deutsche Film Export
  • Distributeur (1ère sortie) : Le Comptoir Français du Film (CCF)
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : VIP (VHS, 1982) / Movie Stars (VHS) / Opening (DVD, 2007) / Artus Films (mediabook, 2020)
  • Date de sortie vidéo : 7 avril 2020 (Mediabook)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 926 967 entrées / 177 603 entrées
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : SpA Cinematografica
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 3/5]

Magnifique livre d’images aux couleurs éclatantes, Hercule contre les vampires est un péplum mythologique délirant et délicieusement kitsch. Un pur bonheur bis.

Synopsis : Lico, usurpateur du trône du roi d’Ecalie qu’il vient de tuer, maintient sa fille Déjanire prisonnière dans un souterrain où, sous l’effet d’un diabolique sortilège, elle a perdu la raison et la mémoire. Hercule devra accomplir un voyage aux Enfers à la recherche d’une plante miraculeuse qui doit sauver Déjanire et lui permettre de lutter contre le vampire. Accompagné de Thésée, Hercule affronte le périlleux voyage…

Mario Bava revient à Hercule, seul maître à bord cette fois

Critique : Depuis la fin des années 50, le péplum est redevenu un genre porteur en Italie grâce au triomphe obtenu par Les travaux d’Hercule (Francisci, 1958). De nombreux producteurs s’engouffrent dans la brèche dont Achille Piazzi qui commande coup sur coup trois Hercule. Les deux premiers – La vengeance d’Hercule et Hercule à la conquête de l’Atlantide – sont tournés par Vittorio Cottafavi, tandis que le troisième – Hercule contre les vampires – est réalisé par Mario Bava.

Hercule contre les vampires, mediabook

© 1961 SpA Cinematografica / Conception graphique : © 2020 Benjamin Mazure pour Artus Films. Tous droits réservés.

Si le long-métrage est bien le tout premier film en couleurs d’un cinéaste qui vient de percer avec Le masque du démon (1960), le réalisateur est loin d’être un novice puisqu’il a en réalité participé très activement à la réalisation de plusieurs péplums dont Hercule et la reine de Lydie (Francisci, 1959). Toutefois, il va pouvoir ici expérimenter encore plus puisqu’il est bien le seul à la manœuvre et que le script complètement délirant qu’il a contribué à écrire avec Duccio Tessari, Franco Prosperi et Sandro Continenza lui offre toute liberté créatrice.

Une tentative d’hybridation audacieuse

Appartenant au genre mythologique du péplum, Hercule contre les vampires (1961) n’est pas seulement l’exploitation d’un thème à la mode (le vampirisme popularisé par les films Hammer), mais également l’occasion de pousser le genre vers une hybridation plutôt aventureuse. Venant du film d’horreur gothique, Bava installe une ambiance horrifique et ceci dès le magnifique prologue qui met en scène une cérémonie maléfique orchestrée par un Christopher Lee diabolique. Ce prologue n’a été retrouvé que dans les années 90 et semble avoir surtout été tourné pour le marché américain. On peut le considérer tout de même comme un modèle du genre, avec profusion de goules qui sortent de leurs tombeaux.

D’ailleurs, ce prologue établit de manière plus nette l’appartenance du film au genre horrifique et notamment vampirique, même si les spectres en question s’éloignent fortement des représentations traditionnelles établies par Universal, puis la Hammer. On ne verra pas ici de gousses d’ail ni de crucifix, puisque l’intrigue est bien située dans l’Antiquité, mais le personnage incarné par Christopher Lee est tout de même affilié à la tradition par sa capacité à envouter ses victimes. Mais aussi par sa tendance à les tuer par une éventuelle morsure dans le cou (uniquement suggérée mais jamais montrée).

Hercule et les vampires, blu-ray 2020

© 1961 SpA Cinematografica / Conception graphique : © 2020 Benjamin Mazure pour Artus Films. Tous droits réservés.

Mythologie malmenée, mais plaisir visuel décuplé

Dans tous les cas, le film se veut hautement fantaisiste, jusque dans son traitement de la mythologie. Certes, dans la tradition, Hercule descend bien aux Enfers pour y combattre Cerbère, mais pas du tout pour y chercher sa bien-aimée. De même, la présence de Thésée est assez incongrue, même si on comprend assez vite que les auteurs ont mélangé deux mythologies différentes. Cela explique la présence du géant de pierre Procuste – un passage bien bis d’ailleurs – qui est davantage lié à l’histoire de Thésée qu’à celle d’Hercule. Comme toujours à cette époque, les auteurs ont donc créé une mixture qui ne respecte aucune tradition mythologique, mais a pour but premier de divertir le public des salles populaires avec du rêve bon marché.

Car Hercule contre les vampires n’a pas coûté bien cher à son producteur. Malgré les limites budgétaires, Mario Bava a optimisé ses faibles moyens par d’adroits subterfuges. Il utilise notamment des toiles peintes sur verre pour donner de l’ampleur à ses décors, mais surtout effectue un travail de coloriste remarquable. Il développe notamment une technique qu’il a ensuite mise à contribution dans le reste de son œuvre en attribuant à chaque personnage une couleur spécifique et en bombardant l’écran de couleurs tranchées qui habillent littéralement l’espace.

Un monument bis et kitsch

Œuvre picturale avant tout, Hercule contre les vampires est certes kitsch, mais l’ensemble est fait avec goût, réalisé avec talent et rondement mené grâce à un vrai sens du rythme qui fait que l’on ne s’ennuie jamais. Même si certaines péripéties peuvent faire sourire, l’humour n’est pas tout à fait absent et le cinéaste n’est jamais dupe de ce qu’il est en train de filmer. Sans cynisme aucun, il croit en son travail mais lui insuffle un humour qui tient du second degré volontaire. Il parvient d’ailleurs à tirer le meilleur de Reg Park, plutôt bon en Hercule. George Ardisson est également à son aise en Thésée. Bien entendu, Christopher Lee est impérial dans un rôle maléfique qu’il maîtrise à fond. Du côté des demoiselles, c’est surtout la prestation d’Ida Galli que nous retiendrons.

Les péplums d'Artus (2020)

© 1961 SpA Cinematografica / Conception graphique : © 2020 Benjamin Mazure pour Artus Films. Tous droits réservés.

Au final, ce film qui ne cherche pas à aller au-delà de son statut de spectacle bis s’avère bien plus sympathique que bon nombre de péplums de l’époque qui se voulaient trop sérieux. Ici, le délire et le rêve sont garantis dans un ensemble toujours divertissant et surtout totalement délirant, porté par le génie visuel d’un artiste complet.

Un joli succès qui nous revient dans un Mediabook indispensable

Sorti en mai 1962 en France, le long-métrage a été un joli succès dans les salles avec pas moins de 926 967 spectateurs pour la plupart situés en province. On notera d’ailleurs que la plupart des enfants et adolescents qui l’ont découvert à cette époque en sont restés émerveillés, comme le montre le témoignage d’Arnold Schwarzenegger qui a toujours cité ce film comme un déclencheur de sa vocation en tant que culturiste et acteur.

On notera enfin que le film est désormais disponible dans une magnifique édition mediabook dégoupillée par Artus Films. Non seulement la copie y est de toute beauté, mais l’ensemble bénéficie d’un bonus vidéo passionnant avec le regretté George Ardisson et d’un superbe livre de 80 pages qui revient en détail sur les entorses du long-métrage par rapport aux sources antiques. Une édition assurément collector qui est déjà en rupture de stock et commence à prendre de la valeur par sa rareté.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 9 mai 1962

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Hercule contre les vampires, l'affiche

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