Everybody’s Fine est un mélodrame américain adapté d’un classique italien. Cette version avec Robert De Niro, réalisée par Kirk Jones, réalisateur de Nanny McPhee et Ce qui vous attend si vous attendez un enfant, a été un bide au box-office, ce qui limitera sa sortie française au seul marché de la vidéo.
Synopsis : Frank Goode, récemment veuf et nouvellement retraité, se retrouve seul dans sa maison, aspirant à revitaliser les liens familiaux en attendant la visite de ses quatre enfants. Toutefois, alors que le tant attendu jour approche, l’enthousiasme de Frank s’évente lorsque chacun de ses enfants annule à la dernière minute. Déterminé à ne pas se laisser abattre par ce dédain inattendu, il prend la décision audacieuse de partir à la recherche de ses enfants à travers les États-Unis, malgré la fragilité de son état de santé.
Critique : 2005. Nanny McPhee est un joli succès à l’échelle mondiale pour le réalisateur britannique Kirk Jones et sa comédienne, Emma Thompson. Il saisit donc l’opportunité de traverser l’Atlantique pour travailler avec des stars américaines.
Après plusieurs pistes, il s’attèle finalement au remake d’Ils vont tous bien !, classique de Giuseppe Tornatore avec Marcello Mastroianni. L’intrigue y est déportée aux USA où le protagoniste central, désormais incarné par Robert De Niro, va voyager à travers le pays pour renouer avec ses enfants, peu après la mort de son épouse.
Miramax à la production est déçu. Le résultat divise profondément la critique américaine même parfois l’on salue un Robert De Niro minimaliste, loin de l’exaltation qu’il apportait à ses comédies tonitruantes ou… grimaçantes.
Selon le San Francisco Chronicle, la version américaine, (…) se révèle être l’exception : un remake américain meilleur que l’original européen.
L’hebdo Variety souligne une fin qui donne un solide coup de poing émotionnel sans être larmoyant : C’est purement par la force de sa réalisation qu’il touche.
Mais globalement, l’enthousiasme est rare, beaucoup de critiques regrettant un voyage monotone (Boston Globe), insipide (The Globe and Mail) où aucun cliché larmoyant (…) n’est épargné (Rolling Stone). Pour USA Today, c’est carrément un film sirupeux et déprimant.
Si en 1991 le drame italien original avait empoché 1 745 000$ sur le territoire américain, son remake, au budget de 21M$, en réalise à peine 9M$. C’est ce que l’on appelle un flop. Sa sortie en fin d’année ne fait pas illusion : Everybody’s Fine n’ira pas aux Oscars. Et pour cause : 3 852 000$ pour son premier week-end dans 2 133 cinémas… le mélodrame entre péniblement en 10e position du box-office. Même le drame psychologique Brothers de Jim Sheridan, avec Toby Maguire, Jake Gyllenhaal et Natalie Portman, fait mieux en première semaine, avec 45 écrans de moins (9 527 000$ !).
Lors de la semaine suivante, Everybody’s Fine rétrograde de 3 places et de 43% dans ses recettes. Puis, le gadin est de 72.6% pour des recettes à 601 659$. A l’issue de cette troisième semaine, la messe est dite.
Privé d’espoir d’un succès mondial, les distributeurs étrangers sont peu pressés de le présenter à leur public. Everybody’s Fine est à peine distribué en Asie. En Europe, le Royaume-Uni et la France le gardent à distance. Seul l’Italie (1 994 000$) et l’Espagne (1 411 000$) manifestent une petite curiosité.
Les Français découvrent les tribulations de Robert De Niro en DVD via StudioCanal à la fin de l’été 2010. La sortie en DVD intervient en août 2015. Il est aussi rediffusé sur Arte, notamment en prime time le mercredi 27 août 2025. Un choix qui interpelle de par l’exigence de la chaîne franco-allemande. Pour une fois, leur programmation n’est pas à la hauteur. Elle arrive d’ailleurs un peu tard, près de deux mois après la reprise d’Ils vont tous bien de Tornatore qui est repassé par les salles françaises en juin 2025.

© 2010 Studiocanal
Kirk Jones, Robert De Niro, Drew Barrymore, Sam Rockwell, Melissa Leo, Damian Young, Lynn Cohen, Brendan Sexton III
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