Kate Beckinsale, comédienne britannique qui a traversé les décennies à la force d’une franchise, Underworld, et de quelques rares succès cinématographiques, est victime d’une filmographie fade qui risque de la précipiter dans l’oubli.
Kate Beckinsale est une actrice britannique issue d’une famille de comédiens. Son père, l’acteur Richard Beckinsale, est décédé alors qu’elle n’avait que cinq ans ; sa mère est la comédienne Judy Loe. Après une adolescence difficile, marquée par des problèmes d’anorexie durant de longues années, elle décide de devenir comédienne tout en poursuivant des études à Oxford, où elle se spécialise en français et en russe.
Elle commence sa carrière cinématographique très tôt avec des rôles notables, notamment sous la direction de Kenneth Branagh dans l’adaptation très réussie de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien, mais aussi dans Le Prince de Jutland, drame au casting prestigieux avec Gabriel Byrne, Helen Mirren et Christian Bale.
En France, en 1995, elle tient le rôle principal dans Marie-Louise ou la Permission de Manuel Flèche, un film malheureusement ignoré par le grand public. Suit la comédie britannique Shooting Fish de Stefan Schwartz, emblématique de la vague Britpop au cinéma et grand succès au Royaume-Uni. Il connaît un joli succès estival dans nos salles et fait figure de film culte.
En 1998, elle perce dans Les Derniers Jours du disco de Whit Stillman, qui, sans être un succès commercial, élargit sa palette d’actrice. Elle enchaîne avec Bangkok, aller simple sous la direction de Jonathan Kaplan, puis partage l’affiche de La Coupe d’or de James Ivory, dont l’accueil est tiède.
Dans les années 2000, Kate Beckinsale assume une carrière beaucoup plus commerciale aux États-Unis, devenant notamment l’héroïne de Pearl Harbor de Michael Bay, l’un des plus gros budgets de l’histoire du cinéma ; malgré des critiques cinglantes, le film rencontre un certain succès public, notamment en France avec 2 500 000 spectateurs, ce qui reste à ce jour son record personnel dans l’Hexagone. Elle ne cesse de travailler, tenant le premier rôle féminin d’Un amour à New York face à John Cusack, et se distingue dans plusieurs films de fantasy et d’épouvante pour un public large, notamment la franchise Underworld, lancée en 2003 avec Len Wiseman à la réalisation, qui deviendra aussi son époux. Elle participe à toutes les suites principales jusqu’à Underworld: Blood Wars en 2017, dont le succès décline au fil des volets. Len Wiseman n’en tournera qu’une seule, Underworld 2 Evolution (2006).
Dans le même registre, elle est au casting de Van Helsing (2004), autre succès notable avec 1 500 000 entrées en France.
Qualitativement, l’industrie du cinéma ne propose guère à la comédienne de grands rôles, mis à part une apparition chez Martin Scorsese dans Aviator. Kate Beckinsale est cantonnée à des productions commerciales souvent décevantes comme Click : Télécommandez votre vie, le film d’horreur Motel qui surfe sur le succès de Hostel sans en égaler les recettes, le thriller Whiteout de Dominic Sena ou encore Contrebande de Baltasar Kormákur et le remake de Total Recall réalisé par Len Wiseman, son mari. Ce dernier est un accident industriel aux USA. Elle joue aussi dans L’Affaire Jessica Fuller de Michael Winterbottom ou La Chambre des oubliés de D. J. Caruso, films qui passent inaperçus.
À partir de 2017 et Underworld: Blood Wars, sa présence devient discrète en France, pays qui l’avait pourtant applaudie comme membre du jury au festival de Cannes en 2010. Aucun de ses films récents ne sort vraiment dans les salles françaises, y compris Canary Black de Pierre Morel en 2024. Malgré une carrière active sur plus de quatre décennies, et un rythme de tournages constant, force est de constater que la plupart de ses films n’ont pas laissé une marque profonde dans l’histoire du cinéma.

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