Don’t Worry Darling : la critique du film (2022)

Drame, Thriller, Science-fiction | 2h03min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Don't Worry Darling, l'affiche

  • Réalisateur : Olivia Wilde
  • Acteurs : Florence Pugh, Chris Pine, Olivia Wilde, KiKi Layne, Gemma Chan, Harry Styles
  • Date de sortie: 21 Sep 2022
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Don't Worry Darling
  • Titres alternatifs : Ne t'inquiète pas chérie (Québec) / No te preocupes, querida (Espagne) / Não Te Preocupes, Querida (Portugal) / Nie martw się, kochanie (Pologne) / No te preocupes, cariño (Mexique) / Nincs baj, drágám (Hongrie) / Não Se Preocupe, Querida (Brésil)
  • Année de production : 2022
  • Autres acteurs : Nick Kroll, Sydney Chandler, Kate Berlant, Asif Ali, Douglas Smith, Timothy Simons, Ari'el Stachel, Dita von Teese, Monroe Cline
  • Scénaristes : Katie Silberman, Carey Van Dyke, Shane Van Dyke
  • Monteur : Affonso Gonçalves
  • Directeur de la photographie : Matthew Libatique
  • Compositeur : John Powell
  • Chef décorateur : Katie Byron
  • Directeurs artistiques : Mary Florence Brown, Erika Toth
  • Producteurs : Roy Lee, Katie Silberman, Olivia Wilde, Miri Yoon
  • Producteurs exécutifs : Richard Brener, Catherine Hardwicke, Celia Khong, Alex G. Scott, Carey Van Dyke, Shane Van Dyke
  • Sociétés de production : New Line Cinema, Vertigo Entertainment
  • Distributeur : Warner Bros.
  • Editeur vidéo : Warner Bros. Entertainment France (DVD, blu-ray, UHD 4K, 2023)
  • Date de sortie vidéo : 25 janvier 2023
  • Budget : 20 000 000 $
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 345 481 entrées / 137 320 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : 45 309 403 $ / 87 609 403 $
  • Classification : Tous publics avec avertissement. La commission propose une autorisation pour tous publics assortie de l’avertissement suivant : "Le climat général angoissant du film, appuyé par certaines scènes de violence physique et psychologique, peut heurter un public sensible".
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleur / Son : Dolby Digital, Dolby Atmos, IMAX 6-Track
  • Festivals : Mostra de Venise 2022 : sélection officielle, hors compétition / Festival du cinéma américain de Deauville 2022 : film de clôture, hors compétition
  • Nominations : MTV Movie + TV Awards 2023 : Meilleure actrice de cinéma pour Florence Pugh / Girls on Film Awards 2023 : 2 nominations
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : B O N D © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © New Line Cinema, Vertigo Entertainment, Warenr Bros. All Rights Reserved. Tous droits réservés.
  • Attachés de presse : Carole Chomand
  • Tagline : La perfection a un prix
Note des spectateurs :

Dystopie féministe, Don’t Worry Darling bénéficie d’une ambiance étrange et fascinante qui ne débouche sur rien de probant, si ce n’est une énième parabole sur le patriarcat. Bof.

Synopsis : La chronique d’une communauté isolée dans le désert californien en plein cœur des années 1950, au sein de laquelle une femme au foyer voit sa vie être chamboulée.

Un scénario plébiscité par tous les grands studios

Critique : Le scénario de Don’t Worry Darling rédigé par Carey et Shane Van Dyke (Chroniques de Tchernobyl de Bradley Parker en 2012) a fait l’objet d’une course aux enchères entre studios pour savoir qui pourrait en tirer un film. Parmi tous les acquéreurs potentiels, c’est la firme New Line qui est sortie gagnante et qui a ensuite engagé Katie Silberman pour compléter l’écriture d’un script jugé tout de même imparfait malgré un pitch accrocheur.

New Line propose ce projet à l’actrice Olivia Wilde qui vient de connaître un bel écho critique avec son premier long-métrage en tant que réalisatrice, la comédie Booksmart (2019). Désormais considérée comme un talent à suivre, l’actrice-réalisatrice profite aussi du vent post #MeToo pour s’imposer sur ce projet qu’elle fait évoluer vers le pamphlet féministe de manière encore plus flagrante. Pourtant, le tournage du film a été émaillé de bon nombre d’échos catastrophiques et de bad buzz, notamment à cause du comportement autoritaire de la réalisatrice.

Un tournage sous haute tension

Ainsi, l’acteur Shia LaBeouf a été littéralement expulsé du tournage et remplacé au pied levé par le chanteur Harry Styles, sous le prétexte qu’il mettait mal à l’aise sa partenaire Florence Pugh. D’autres rumeurs ont aussi fait état d’une tension permanente entre l’actrice principale et sa réalisatrice. Enfin, d’autres problèmes semblent avoir été causés par Chris Pine. Autant d’éléments prouvent l’intensité d’un tournage sous très haute tension. Pourtant, le film ne paraît pas en avoir trop souffert dans l’ensemble.

Le métrage débute par la description d’une Amérique des suburbs typique des années 50. On pénètre donc dans une résidence où toutes les maisons se ressemblent et où un rituel bien organisé se joue chaque jour. Tous les matins, l’homme en costume cravate abandonne sa jolie femme sur le perron pour aller travailler, tandis que la maîtresse de maison s’occupe du ménage et de la cuisine. On se croirait ici dans la description fantasmée d’une Amérique traditionnaliste, blanche et portée par des valeurs chrétiennes.

Alice au pays des merveilles masculines

Pourtant, au cœur de ce qui semble être un dépliant publicitaire, des événements étranges commencent à se produire qui éveillent peu à peu la conscience d’Alice – prénom chargé de symbolique – qui va vouloir traverser le miroir afin de découvrir la vérité qui se cache derrière son quotidien très normé. Incarnée avec justesse par Florence Pugh, Alice commence par interroger son entourage, dont son gentil mari interprété avec rouerie par Harry Styles. Petit à petit, des événements étranges surviennent qui créent un véritable suspense pour le spectateur qui s’interroge sur le sens de tout ceci.

Don't Worry Darling, photo d'exploitation

© 2022 Warner Bros. All Rights Reserved.

Dans le viseur de la réalisatrice, on sent des références aux œuvres de M. Night Shyamalan du type Le village (2004) ou sa série Wayward Pines (2015-2016), mais aussi à la série culte Le prisonnier (1967). Il faut dire qu’Olivia Wilde s’est également inspirée d’histoires liées à des sectes célèbres pour créer notamment le personnage du gourou joué par Chris Pine. Petit à petit, le spectateur devra malheureusement faire le deuil d’une explication franchement convaincante. De fait, le twist final – que nous ne dévoilerons bien évidemment pas – semble bien incapable de répondre à la montagne de questions que le spectateur s’est posé durant la projection.

Don’t Worry Darling ne débouche sur rien de bien intéressant

Et de fait, bien des éléments de l’histoire demeurent à jamais dans l’ombre et ne bénéficient donc d’aucune justification a posteriori si ce n’est d’éveiller la suspicion du spectateur sur ce qu’il voit à l’écran. Cela fonctionne en grande partie durant le film lors du premier visionnage, mais le résultat final ne tient guère la route sur le plan purement narratif. Dès lors, il ne reste plus qu’à interpréter cette fable de la manière la plus évidente possible. La dystopie entend surtout critiquer le patriarcat à l’œuvre dans cette Amérique des années 50, ainsi que la volonté des hommes de limiter le rôle des femmes à celui de leur chose.

Si cela correspond bien évidemment à une réalité, le film manque malheureusement tellement de nuances que la thématique est une fois de plus mal traitée. Il n’y a guère que le rôle tenu par Olivia Wilde qui vient apporter un semblant de nuance dans le tableau binaire qui s’offre à nous : les hommes sont fourbes et manipulateurs, tandis que les femmes sont toutes des victimes. Dès lors, la révolte des femmes semble quelque peu artificielle et tombe un peu comme un cheveu sur la soupe en toute fin de métrage, comme pour appuyer un message là encore sans nuance aucune.

Une bonne réalisation au service d’une thématique éculée

C’est d’autant plus dommage qu’Olivia Wilde propose une réalisation très correcte qui se démarque aisément du tout-venant, avec une très belle photographie, des effets de montage efficaces et une musique anxiogène qui tient d’ailleurs davantage du design sonore, mais qui enrobe de manière troublante les images. Du côté des interprètes, la satisfaction est également au rendez-vous avec une Florence Pugh parfaitement à sa place, une Olivia Wilde garce et un Harry Styles très juste. Seul Chris Pine semble un peu gêné par son rôle en total contre-emploi.

Regardable, mais finalement décevant par la faute de révélations foireuses, Don’t Worry Darling a tout de même performé au box-office américain, puis mondial. Ainsi, le long-métrage a généré 45,3 M$ sur le sol nord-américain pour un budget très raisonnable de 20 M$. Même constat en France, où la dystopie féministe a attiré 19 818 spectatrices dans 354 salles pour son premier jour. Au bout d’une semaine, le film cumule déjà 151 271 entrées, ce qui est plutôt bon pour une actrice-réalisatrice méconnue en France. En quatrième semaine, le long dépasse les 300 000 tickets vendus. Malheureusement, le bouche à oreille moyen a fini par avoir raison du film qui s’écroule en cinquième septaine et finit sa carrière à 345 481 prisonnières dans sa nasse. Depuis, Don’t Worry Darling est paru en DVD, blu-ray et même en UHD 4K.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 21 septembre 2022

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Don't Worry Darling, l'affiche

© 2022 New Line Cinema – New Line Productions – Vertigo Entertainment – Warner Bros. / Affiche : B O N D. Tous droits réservés.

Biographies +

Florence Pugh, Chris Pine, Olivia Wilde, KiKi Layne, Gemma Chan, Harry Styles

Mots clés

Dystopie, Film féministe, Les films sur les années 50 au cinéma, La réalité virtuelle au cinéma

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Don't Worry Darling, l'affiche

Bande annonce de Don't Worry Darling (VF)

Drame, Thriller, Science-fiction

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