Pendant plus de deux heures, Conjuring l’heure du jugement brasse du vide et nous sert une catéchèse insupportable fondée sur des faits supposés véridiques. L’ennui est abyssal.
Synopsis : Alors qu’ils espéraient une nouvelle vie, Ed et Lorraine Warren se voient impliqués dans une dernière enquête…qu’ils n’auraient jamais dû accepter. Dans la maison de la famille Smurl, un mal ancien les attend. Un ennemi qu’ils croyaient à jamais enfoui… Découvrez comment les Warren ont affronté le cas le plus maléfique de leur carrière, inspiré de faits réels qui ont terrorisé l’Amérique.
Un nouvel avatar de la saga Conjuring
Critique : Immédiatement après la sortie du troisième opus intitulé Conjuring : Sous l’emprise du diable (2021), son réalisateur Michael Chaves annonce qu’il serait partant pour tourner un quatrième et dernier épisode, information également confirmée par les comédiens Patrick Wilson et Vera Farmiga. Pourtant, la mise en chantier du scénario prend plus de temps que prévu et Michael Chaves a eu le temps de réaliser La nonne 2 : la malédiction de Sainte-Lucie (2023) qui explore à nouveau l’univers cinématographique autour de Conjuring.

© 2025 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. Photo Credit: Courtesy of Warner Bros. Pictures
De la part du cinéaste qui nous avait déjà passablement ennuyé avec La malédiction de la dame blanche (2019), cela dénote un cruel manque d’ambition, voire de personnalité. Certes, ses films ont connu un joli succès mondial, mais les critiques n’ont pas été très tendres, à raison d’ailleurs. Franchement, on se demande encore pourquoi le producteur James Wan fait encore confiance en ce réalisateur dépourvu de vision.
Comment transformer des escrocs en héros!
Malheureusement, il est inutile d’attendre un miracle avec Conjuring l’heure du jugement, quatrième opus d’une saga essorée dont tous les artifices ont déjà été usés jusqu’à la corde. Pire, le long métrage entend rendre ici un hommage sincère au couple Warren, insistant notamment sur la véracité des faits racontés. Or, pour mémoire, le couple réel n’a cessé de défrayer la chronique aux Etats-Unis car, hormis quelques partisans aveugles, leurs histoires ont systématiquement été des escroqueries destinées à abuser un grand public naïf et féru d’histoires religieuses fantastiques. Ainsi, plusieurs scientifiques ont démontré la façon dont le couple montait ses canulars, puis les exploitait dans des livres leur rapportant de l’argent.
On est donc à des années-lumière du portrait peint par les auteurs de la saga Conjuring. Non pas que leurs avatars fictionnels nous dérangent, mais l’insistance des producteurs à ajouter des placards de texte pour indiquer que tout ceci est parfaitement véridique tient de la malhonnêteté la plus totale. Rappelons donc que cette franchise est fondée sur un couple d’escrocs notoires qui ne sont même pas soutenus par les adeptes du paranormal.
Les démons de l’ennui
Ceci étant dit, il n’est guère besoin d’avoir recours à cet argument pour critiquer Conjuring l’heure du jugement, film testamentaire qui devrait enterrer une bonne fois pour toute cette franchise dont il ne restera que l’excellent premier film de James Wan. Inspiré soi-disant par la véritable affaire de la famille Smurl, ce quatrième volet met à peu près une heure et demie avant de vraiment démarrer. D’un ennui abyssal, le scénario se concentre essentiellement sur la vie de famille supposée des Warren (ainsi, rien n’est dit sur les infidélités d’Ed Warren, visiblement porté sur les jeunes adolescentes).

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De temps à autre, le cinéaste se souvient qu’il tourne un film d’horreur et il fait apparaître un démon après une lente déambulation dans un couloir, avant de le faire disparaître sans qu’aucune personne ne soit réellement en danger. D’ailleurs, en plus de deux heures de projection, il n’y aura qu’un seul mort, et encore par suicide. Autant dire que les démons à l’œuvre ne paraissent guère menaçants.
Un casting fade et télévisuel
D’une lenteur effarante, le métrage commence enfin à se réveiller dans son dernier tiers pour nous donner à voir la lutte des protagonistes contre… un miroir. Passionnant comme climax! Réalisé sans aucun sens de l’ambiance horrifique, Conjuring l’heure du jugement est donc bien un épisode médiocre de plus dans une saga moribonde. Si Vera Farmiga semble encore y croire, Patrick Wilson ne fait même plus l’effort de paraître un peu impliqué. Quant au reste du casting, il semble terriblement télévisuel et dépourvu de charisme à l’écran.
On notera que pour boucler la saga, certains personnages des précédents volets viennent refaire un court tour de piste lors de la dernière séquence. Visiblement, les auteurs semblent bien décider à arrêter les frais. Malheureusement, le triomphe remporté par le film dès ses premiers jours de sortie risque bien de susciter des convoitises et de pousser les producteurs à réactiver la machine à créer inlassablement du vide.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 10 septembre 2025
La saga Conjuring au cinéma

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Michael Chaves, Patrick Wilson, Vera Farmiga, Lili Taylor, Frances O’Connor, Madison Wolfe, Steve Coulter, Ben Hardy, Mia Tomlinson
Mots clés
Cinéma américain, La franchise Conjuring, Film de fantômes, Les maisons hantées au cinéma, Les films d’horreur des années 2020