Marisa Paredes fut, avec Carmen Maura, Victoria Abril et Penélope Cruz, l’une des actrices emblématiques du cinéma d’Almodóvar. Elle a aussi été dirigée par Jesús Franco, Raoul Ruiz et Arturo Ripstein.
Une comédienne complète
Actrice espagnole, Marisa Paredes débute au théâtre et à la télévision au début des années 1960. Grande comédienne, elle est d’abord remarquée dans des productions locales comme Les religieuses (1961) de José María Elorrieta et L’horrible docteur Orlof (1962) de Jesús Franco. Elle tourne aussi pour la télévision. Le public hispanique la retrouve dans Les crocs du diable (1977) d’Antonio Isasi-Isasmendi ou Cousine, je t’aime (1980) de Fernando Trueba.
Marisa Paredes devient surtout célèbre grâce à Pedro Almodóvar qui en fait l’une de ses interprètes de prédilection, à partir de Dans les ténèbres (1983), où elle joue l’une des nonnes. L’apogée de leur collaboration a lieu dans les années 90. L’actrice forme un truculent et émouvant duo avec Victoria Abril dans Talons aiguilles (1991), où son jeu à la fois fantaisiste et mélodramatique atteint le sublime.
Marisa Paredes, une collaboration fructueuse avec Almodóvar
La comédienne est tout autant excellente en écrivaine à succès malheureuse en amour dans La fleur de mon secret (1995), peut-être son plus beau rôle. Et elle incarne à merveille l’une des figures féminines de Tout sur ma mère (1999). Ces trois longs métrages de première importance suffisent à établir son statut d’actrice culte. D’autres réalisateurs font appel au talent de Paredes, à l’instar de Raoul Ruiz (Trois vies et une seule mort, 1996), Arturo Ripstein (Carmin profond, 1996) et Roberto Benigni (La vie est belle, 1997).
Elle tourne des films aussi divers que L’échine du diable (2001) de Guillermo del Toro, Les yeux de sa mère (2011) de Thierry Klifa et Petra (2018) de Jaime Rosales. Mais Almodóvar ne l’oublie pas et lui confie un rôle non crédité dans Parle avec elle (2002), puis en fait la partenaire d’Antonio Banderas dans le troublant La piel que habito (2011). Marisa Paredes, récompensée par un Goya d’honneur en 2018, tourne jusqu’en 2024, année de son décès, le 17 décembre, à l’âge de 78 ans.