The Monkey d’Oz Perkins est une comédie horrifique parfois fort drôle et très gore, mais qui pâtit de variations tonales dérangeantes et de comédiens au rabais qui en amoindrissent la portée.
Synopsis : Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…
Un scénario initial très sérieux
Critique : Grand fan de cinéma horrifique, Oz Perkins (également crédité Osgood Perkins) a connu un destin tragique puisqu’il a perdu son père, le comédien Anthony Perkins, des suites du sida, puis sa mère dans l’attentat du World Trade Center en 2001. Autant de drames qui l’ont profondément affecté et qui ont redéfini son rapport à la mort. Or, c’est justement cette thématique de l’absurdité de notre disparition qui constitue le nerf de la nouvelle Le Singe, écrite par Stephen King au début des années 80 et publiée dans le recueil Brume en 1984.

The Monkey, Courtesy of Neon.
Jamais adaptée au cinéma, la nouvelle est notamment achetée par James Wan et ses associés qui commandent un scénario intitulé The Monkey, développant le concept initial sur un ton très sérieux qui respecte totalement le travail du King.
Oz Perkins ajoute volontairement plein d’humour dans le script
Devenu en fort peu de temps une nouvelle valeur sûre du cinéma horrifique américain, Oz Perkins est pressenti pour le tourner, mais celui-ci ne souhaite pas aborder le sujet de manière terrifiante et sérieuse comme pour Longlegs (2024), son précédent coup de maître. Assurément, Oz Perkins ne veut pas se lancer dans un nouveau projet à l’ambiance glauque avec cette adaptation. Sa participation est donc conditionnée au fait qu’il modifie en profondeur le scénario pour y ajouter de nombreuses touches humoristiques, transformant toutes les morts en gags délirants.
Plutôt satisfaits du résultat final, les producteurs allongent les 10 millions de dollars nécessaires au financement de ce projet d’autant plus attractif qu’il porte la caution de Stephen King. Ainsi, The Monkey, projet initialement destiné à flanquer la frousse est devenu une véritable comédie horrifique où les morts sont destinées à être fun, comme dans la saga Destination finale.
Des moments fun entrecoupés de séquences plus anodines et plates
Pourtant, le résultat final n’est pas aussi revigorant que prévu car Oz Perkins semble avoir sans cesse hésité sur le ton à adopter en fonction des séquences. Capable d’être d’un sérieux imperturbable lorsqu’il aborde les rivalités entre deux jumeaux qui se détestent, mais aussi dans la relation compliquée entre un père et son fils, le métrage part totalement en vrille dès que les morts – par ailleurs nombreuses et très gore, ce qui devient finalement la seule véritable attraction du film – s’amoncèlent.
Comme il le déclare dans sa note d’intention lors de la sortie du film, Oz Perkins voulait insister sur l’absurdité de la mort qui peut intervenir à n’importe quel moment et parfois dans des circonstances loufoques. Et de fait, le réalisateur fait preuve d’une véritable imagination en la matière, que ce soit lors d’un plongeon explosif dans une piscine ou lorsqu’une boule de bowling finit par écraser une tête à la suite d’un processus complexe digne de la saga Destination finale ou encore des premiers films rigolos de Caro et Jeunet.
Des comédiens sans grand relief
Nonobstant, le spectateur doit subir entre ces moments franchement délirants, les atermoiements de personnages dont on se contrefiche pas mal. Dépourvu d’une psychologie fouillée, la plupart des protagonistes ennuie. Il faut dire que le métrage pâtit fortement de la présence en tête d’affiche de Theo James – qui plus est dans un double rôle. Le comédien britannique, star masculine de la saga Divergente, n’a jamais fait preuve d’un grand charisme à l’écran et il le prouve une fois de plus ici. Les seconds rôles ne sont pas mieux servis si l’on songe aux ridicules Elijah Wood, Adam Scott ou même Oz Perkins. Ce dernier aurait dû s’abstenir d’apparaître à l’écran, même si son rôle est plutôt court.

The Monkey, Courtesy of Neon.
En fait, si le petit singe est plutôt inquiétant, l’ensemble du casting manque de ce charisme nécessaire afin de faire ressentir avec force le poids du destin. Dès lors, hormis les séquences de morts atroces, le spectateur ne retiendra pas grand-chose de ce long métrage bancal qui a dilué ses belles promesses dans un brouet quelque peu indigeste.
Box-office nord-américain de The Monkey
The Monkey a bénéficié d’un joli succès au démarrage lors de sa sortie américaine puisqu’il est entré directement à la deuxième place du box-office nord-américain, tout juste derrière Captain America Brave New World (Julius Onah). Il a ainsi pu récolter 14,2 M$ en un week-end et 18,2 M$ sur sa première semaine dans 3 200 salles.
En deuxième tournée, le singe a perdu 51% de son public et cumule 27,1 M$. Toutefois, s’il perd un certain nombre de salles, The Monkey s’accroche plutôt bien les semaines suivantes et finira sa course avec 39, 7 M$. C’est toutefois nettement moins que Longlegs qui avait connu une brillante carrière sur la durée, terminant autour des 70 M$. Il s’agit d’une preuve évidente d’un bouche à oreille nettement moins unanime.
Box-office français de The Monkey
En France, le long métrage a été distribué par Metropolitan Filmexport. Le film a rameuté en une journée 29 605 spectateurs dans 250 salles, dont 10 950 en avant-premières, ce qui lui permet d’arriver en deuxième position des nouveautés du mercredi 19 février 2025 (juste derrière L’Attachement de Carine Tardieu). A la fin de sa première semaine d’exclusivité, le métrage cumule 147 508 entrées.
Mais comme aux Etats-Unis, la comédie horrifique perd rapidement du peps avec 48% de baisse en deuxième septaine (75 505 ados). La chute est trop rapide en troisième semaine avec encore 54% de spectateurs en moins et 34 105 retardataires. Désormais, le film semble condamné et il ne parviendra pas à dépasser les 300 000 tickets vendus, ce qui est un résultat pas forcément déshonorant, mais on pouvait en attendre davantage.
In fine, la France apparaît comme son cinquième marché mondial derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Mexique et la Russie. Chez nous, le singe a avalé 2 247 444 $ et des bananes, avant d’être disponible en format physique à partir du mois de juillet 2025. Faute d’obtenir une case en exclu sur Canal+, c’est Netflix France qui sera la première plateforme nationale à le diffuser sur notre marché.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 19 février 2025
Acheter le film en 4K UHD et blu-ray
Voir le film en VOD

© Metropolitan FilmExport, BlackBear, C2. All Rights Reserved.
Biographies+
Theo James, Adam Scott, Elijah Wood, Tatiana Maslany, Rohan Campbell, Oz Perkins