Glenda Jackson fut une actrice immense et une star importante du cinéma anglais des années 70, lauréate de deux Oscars. Elle a notamment interprété des personnages féminins forts et émancipés pour Ken Russell et John Schlesinger.
Une actrice partagée entre classicisme et modernité
Formée à la Royal Academy of Dramatic Art, Glenda Jackson débute en 1957, sur les planches et à la télévision anglaise. Elle aborde le cinéma en 1963 mais c’est surtout au théâtre qu’elle brille dans un premier temps, triomphant avec le rôle de Charlotte Corday dans Marat/Sade de Peter Weiss, mis en scène par Peter Brook. En 1967, ce dernier en tire une version cinématographique et y dirige la comédienne, qui élargit son audience. Glenda Jackson triomphe ensuite avec le film culte Love (1969) de Ken Russell, où elle interprète Gudrun Brangwen, artiste libérée, aux côtés d’Alan Bates et Oliver Reed. Elle remporte pour ce rôle son premier Oscar de la meilleure actrice.
Le réalisateur fait à nouveau appel à elle pour le personnage d’épouse nymphomane de Tchaïkovsky (Richard Chamberlain) dans Music Lovers (1971). La même année, elle compose une éblouissante reine Élizabeth 1ère dans Elizabeth R, excellente mini-série de la BBC ; ainsi que dans le long métrage Marie Stuart, reine d’Écosse de Charles Jarrott, dont elle partage l’affiche avec Vanessa Redgrave. Et cette année fructueuse est également marquée par le sulfureux Un dimanche comme les autres de John Schlesinger, avec Peter Finch et Murray Head, pour lequel elle gagne le BAFTA de la meilleure actrice.
Glenda Jackson, deux Oscars et un engagement politique
Glenda Jackson se montre aussi à l’aise dans un registre léger avec Une maîtresse dans les bras, une femme sur le dos (1973) de Melvin Frank, où elle a George Segal pour partenaire. Le film lui permet d’obtenir son second Oscar de la meilleure actrice, ainsi que le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie. Après ces sommets, la comédienne est dirigée par Joseph Losey dans Une Anglaise romantique (1975), mais la réussite est moindre. Et The Incredible Sarah (1976) de Richard Fleischer, où elle joue Sarah Bernhardt, rencontre un écho limité.
Elle se maintient en tête d’affiche pendant une quinzaine d’années mais les films marquants sont rares, à l’exception du méconnu Beyond Therapy (1987) de Robert Altman. À partir des années 90, Glenda Jackson se consacre surtout à la politique, élue du Parti travailliste. Son engagement social est dans la lignée des personnages anticonformistes qu’elle aura incarnés au cours de sa carrière. On la revoit également à la télévision. Elle fait une dernière apparition au cinéma dans Entre les lignes (2021) d’Eva Husson. Glenda Jackson est décédée le 15 juin 2023 à l’âge de 87 ans.