Twilight Chapitre 2 Tentation : la critique du film (2009)

Romance, Fantastique, Teen movie | 2h10min
Note de la rédaction :
5.5/10
5.5
Twilight 2 Tentation, affiche cinéma française

Note des spectateurs :

Twilight 2 Tentation s’essaie à la formule des Harry Potter en changeant de réalisateur. Malheureusement l’audace de style n’est pas au rendez-vous dans ce nouveau chapitre, qui bénéficie toutefois d’un script moins mièvre, et surtout bien plus convaincant dans ses tentatives de développements narratifs et dans sa noirceur naissante.

Synopsis : “Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n’avais jamais existé.”
Abandonnée par Edward, celui qu’elle aime passionnément, Bella ne s’en relève pas. Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ? Pour combler son vide affectif, Bella court après le danger et prends des risques de plus en plus inconsidérés. Edward n’étant plus là pour la protéger, c’est Jacob, l’ami discret et indéfectible qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu elle réalise l’ambiguïté des sentiments qu’ils éprouvent l’un envers l’autre…

Critique : Retour aux années 2000 et ses saga littéraires adaptées à n’en plus finir sur le grand écran. Il s’agit de la conséquence directe du triomphe de Harry Potter qui lance la tendance, et celui colossal de Twilight qui a démarré avec une historiette de vampire jolie comme tout, mais piètrement réalisée par une réalisatrice, Catherine Hardwicke, peu à l’aise avec l’aisance visuel du blockbuster et les effets spéciaux qui l’accompagnent.

Twilight 2 Tentation : la saga Harry Potter jamais très loin

On pouvait donc se réjouir du changement de nom aux commandes de New Moon (Tentation, en français), deuxième épisode du raz-de-marée adolescent de l’année 2009. Exit la réalisatrice de productions indépendantes (Thirteen), et bienvenue à Chris Weitz, ce bon vieux routier du prêt-à-visionner. Le choix est un peu étrange, l’ancien coréalisateur d’American Pie est pour mémoire le responsable de l’échec de A la croisée des mondes : la boussole d’or, autre saga adaptée d’un roman pour mômes, dont l’échec écrasant enterra toute idée de suite. Bref, un film pour rien.

Au final, nos appréhensions face à la décision décevante de confier cette suite à Weitz se confirment à une certaine échelle. L’artisan d’œuvres impersonnelles n’a jamais eu d’identité esthétique et ne fait qu’appliquer les formules télévisuelles du premier volet. Le style et les effets spéciaux préfigurent les programmes Netflix qui s’inspireront beaucoup de ce goût des ados pour des romances qui sonnent faux, malgré un budget qui a doublé depuis le triomphe interplanétaire du premier numéro.

L’évolution progressive de Harry Potter, notamment à partir du troisième film, transformé par le filtre visionnaire d’Alfonso Cuarón, passait par un épanouissement de la réalisation, et s’orientait finement vers la noirceur inhérente aux tumultes de l’âge des protagonistes, sans chercher à éconduire un public plus âgé, voire adulte. Twilight 2 se veut, quant à lui, d’un calibre plus limité, conscient du matériau littéraire sentimentaliste, et courtise éhontément l’adolescente et la spectatrice qui se contrefiche du folklore fantastique (les vampires et les loups-garous, vous remettez?), aveuglée par les émotions passionnelles qui muent les jeunes protagonistes au bel âge, celui de l’amour infini. Pour combler sa cible, Twilight 2 s’applique donc à suivre les courbes de la romance et la générosité physique des comédiens. A ce niveau, Tentation ravira son public cible, et avec aisance !

Twilight 2 la Tentation de la crise adolescente

Pour faciliter le processus d’identification avec le public des 12-16 ans, ce second épisode épouse les tourments romantiques de Bella, joué par la future star indépendante Kristen Stewart, et la dépression conséquente à sa première séparation. Son dandy vampire, Edward, interprété par Robert Pattinson, devenu également une égérie du cinéma indépendant, s’est enfui avec toute sa famille pour ne pas la mettre en danger et lui permettre de mener une existence normale, sans risque de finir damnée à jamais, comme lui l’est devenu. Le dilemme de la damnation pèse énormément sur l’intrigue. L’expérience isole la jeune fille du monde – de son père, de ses amis. Elle vit sa détresse seule, comme beaucoup de jeunes gens qui se coupent de la vie et en viennent à penser au suicide.

La meute de loup de Twilight 2

© SND – Summit Entertaiment, LLC, tous droits réservés

L’idée d’en finir avec la vie est récurrente dans ce second chapitre. Le seul moyen dont Bella dispose pour apercevoir Edward, c’est de se mettre en danger : suivre un loubard (peut-être la pire scène du film !), se jeter du haut d’une falaise… Un besoin d’adrénaline et une pulsion d’autodestruction qui parlera aux jeunes spectateurs et qui rend Twilight 2 Tentation beaucoup plus intéressant, voire plus audacieux que le premier. La justesse de jeu de Kristen Stewart, au personnage pourtant pas des plus sympathiques à travers son aveuglement amoureux, rend le malaise adolescent palpable. Tentation gagne en force dans sa trame et place les enjeux à un niveau plus élevé qu’un simple combat entre vampires dans une école de danse (cf la fin du premier volet qui était d’un intérêt bien vain).

La compagnie des loups

Si Chris Weitz échoue dans chaque tentative de tirer le film vers l’onirisme, le fantastique poétique et l’action terrifiante (l’attaque de la vampire rousse Victoria demeure un sommet de ridicule), Twilight 2 Tentation est sauvé par le matériau littéraire originel. Le roman de Stephenie Meyer, publié en 2006 avec un succès phénoménal (36 semaines au sommet aux USA), prend enfin son envol avec l’introduction de personnages nouveaux, le clan des hommes loups, les Quileute, sortes de loups-garous qui, quand ils ne sont pas transformés en prédateurs gigantesques, sont des garçons aux torses invariablement nus (pour faire tomber les gamines comme des mouches ?). Il y a aussi les Volturi, une caste de vampire aristocratique, peu sympathiques, qui permet à l’action de voyager au-delà du cadre sylvestre du premier film. Ces nouvelles tribus, qui laissent deviner des rebondissements peut-être plus passionnants pour les prochaines adaptations de la saga Twilight, viennent donner du fil à retordre à Bella et à Edward au teint blafard dont l’ombre plane sur le métrage. Le personnage de Robert Pattison est curieusement physiquement absent des trois quarts du film, supplanté par la présence grandissante de Jacob Black, un bellâtre tout aussi torturé par la découverte récente de ses pouvoirs surnaturels ; le jeune homme, amoureux protecteur de Bella, depuis le départ de Jack, se trouve être un lycanthrope.

Bizarre love triangle

C’est peut-être dans ce triangle amoureux que le métrage suscite le plus d’intérêt. La bestialité du jeune Taylor Lautner, dont le rôle de Jack aura été le seul succès sur toute sa carrière, s’impose invariablement plus puissante que celle de Pattinson qui pâtira sûrement de cette concurrence directe dans le cœur des spectatrices. En tout cas, il ressort de leurs relations, fort compliquées et sûrement un peu trop répétitives, un désir d’évolution vers une trame moins innocente.

In fine, de ce Chapitre 2, les spectateurs ressentent surtout la tentation des interprètes de s’endurcir et de s’encanailler dans un cadre encore trop lisse et timoré. Il faudra attendre le troisième chapitre, Hésitation, et son réalisateur David Slade (Hard candy ; 30 jours de nuit) pour que la saga prenne réellement son envol. Cela restera d’ailleurs le seul vrai bon épisode de cette saga en cinq films.

Frédéric Mignard

La franchise Twilight

Sorties de la semaine du 18 novembre 2009

Twilight 2 Tentation, affiche cinéma française

© SND – Summit Entertaiment, LLC, tous droits réservés

SND a connu avec Twilight 2 Tentation l’une des plus grosses sorties de son histoire. Avec 755 écrans sur toute la France contre 455 pour le premier volet lors de son lancement, Tentation réalisait pour sa première semaine 2 318 559 spectateurs, soit 70% de la fréquentation totale du premier épisode qui avait achevé sa carrière française à 2 802 847 spectateurs. C’était en son temps l’un des 20 plus gros démarrages de l’histoire et ce fut aussi le plus gros démarrage pour la saga en France.

En 2e semaine, le sequel a chuté à 967 840 spectateurs, dégringolade attendue puisque la franchise n’a jamais parlé qu’à son socle – certes très large- de fans, qui se sont rués dès la première semaine, sur l’objet de leurs fantasmes.

En 3e semaine, la perte est lourde avec 60% de sa fréquentation en moins (411 169)… En 10e semaine, Twilight 2 ne tente plus que 3 860 spectateurs. Il ne restera pas plus de 15 semaines dans les cinémas, mais parviendra au final à 4 201 484 entrées, un score de blockbuster pour une romance adolescente à 50 millions de dollars !

C’est donc le 2e meilleur score de la saga après les 4 525 647 spectateurs de Twilight chapitre 5 : Révélation deuxième partie.

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