Trois pistolets contre César : la critique du film (1971)

Western | 1h27min
Note de la rédaction :
6/10
6
Trois pistolets contre cesar

  • Réalisateur : Enzo Peri
  • Acteurs : Enrico Maria Salerno, Thomas Hunter, James Shigeta, Delia Boccardo, Gianluigi Crescenzi
  • Date de sortie: 27 Jan 1971
  • Nationalité : Italien, Algérien
  • Titre original : Tre pistole contro Cesare
  • Année de production : 1967
  • Scénaristes : Enzo Peri, Piero Regnoli, Carmine Bologna
  • Directeur de la photographie : Otello Martelli
  • Compositeur : Marcello Giombini
  • Sociétés de production : Dino De Laurentiis Cinematografica, Casbah Films
  • Sortie : Inédit sur Paris - Périphérie, exploitation provinciale exclusivement
  • Box-office France Inconnu
Note des spectateurs :
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Trois pistolets contre César est un film un peu à part dans le monde du western italien pour plusieurs raisons. Malheureusement, il peine à assumer totalement sa dimension excessive.

Synopsis : Trois hommes que tout oppose reçoivent une lettre leur apprenant qu’ils ont hérité d’un mine d’or. Malheureusement, un sinistre individu fasciné par Jules César a fait mainmise sur leur dû.

Une entrée en matière trop prometteuse

Trois pistolets contre César, unique film de fiction d’Enzo Peri, s’ouvre sur une scène hallucinante. On y voit le protagoniste se débarrasser en un tournemain d’une multitude d’assaillants grâce à un revolver à quatre canons. Avec ses personnages hauts en couleurs (un pistolero aux multiples gadgets, un Français aux pouvoirs psychiques, un Japonais karatéka et un méchant qui se prend pour Jules César) et son mélange des genres (western et péplum), le film préfigure dès 1967 ce que sera le western italien des années 1970.

Las, si le film se pare d’un aspect « bande dessinée » décomplexé, son originalité n’est que trop superficielle. Trois pistolets contre César n’assume pas totalement ses excès et sous-exploite les capacités de ses personnages loufoques. Il faudra attendre les films de Ferdinando Baldi (Blindman, Pendez-le par les pieds) pour que ce type d’idées délirantes aillent au-delà du gimmick et servent le scénario. En effet, celui de Trois pistolets contre César se révèle beaucoup trop rachitique et perclus de longueurs. La faute à d’inutiles interludes musicaux et dansants en lieu et place de rebondissements ou de scènes d’action.

Trois pistolets contre César déçoit mais recèle de nombreuses qualités

Si les faiblesses du script peuvent provoquer l’ennui, le métrage demeure agréable de par le reste de ses qualités artistiques. On appréciera ainsi les cadrages et la photographie particulièrement soignés. Ils mettent en valeur de somptueux paysages rarement vus dans le genre. Et pour cause ! Le film est le seul western a avoir été tourné en Algérie, et en Afrique. Coproduit par l’Italien Dino De Laurentiis et  l’Algérien Yacef Saâdi pour Casbah Films, Trois pistolets contre César profite des magnifiques décors de Biskra et Bou Saâda, qui donnent un véritable cachet à l’aventure.

Il est toutefois regrettable que la réalisation de Peri ne soit pas plus inventive au vu  du terrain de jeu  et des personnages qui lui étaient offerts. A ce propos, si Thomas Hunter campe un pistolero plutôt crédible, il n’en va pas de même des autres acteurs, la palme du non-jeu revenant à James Shigeta dont les capacités en tant qu’artiste martial restent à prouver. Par ailleurs, la musique de Marcello Giombini, si elle emprunte beaucoup à Morricone, parvient à rendre les longueurs du film plus supportables. En définitive, Trois pistolets contre César, sorti uniquement en province chez nous, demeure un film dont le spectateur se souviendra, ce qui est un tour de force pour un genre si codifié.

Critique : Kevin Martinez

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