The Appointment : la critique du film (2023)

Fantastique, Epouvante | 1h29min
Note de la rédaction :
8/10
8
Affiche de The Appointment

  • Réalisateur : Lindsey C. Vickers
  • Acteurs : Edward Woodward, Jane Merrow, Samantha Weysom
  • Date de sortie: 25 Oct 2023
  • Année de production : 1982
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : The Appointment
  • Titres Alternatifs : La cita (Espagne)
  • Autres acteurs : John Judd, Alan Stuart, Auriol Goldingham, Pamela Rose
  • Scénariste : Lindsey C. Vickers
  • Monteur : Sean Barton
  • Directeur de la photographie : Brian West
  • Compositeur : Trevor Jones
  • Cheffe maquilleuse : Pauline Heys
  • Chef décorateur : Michael Stringer
  • Directeur artistique : John Roberts
  • Producteur : Tom Sachs
  • Producteur exécutif : Ken Julian
  • Sociétés de production : First Principle Film Productions Ltd.
  • Distributeur : Les Films du Camélia
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Les Films du Camélia
  • Date de sortie vidéo (blu-ray) : 15-24 novembre 2023
  • Budget :
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 2 042 entrées
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 :1 / Couleur (35mm) / Mono
  • Festivals : Festival d'Avoriaz 1983 : en compétition
  • Nominations : -
  • Illustrateur/Création graphique : © Clément Deneux pour Les Films du Camélia. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © First Principle Film Productions Ltd. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachée de presse : Paulina Gautier-Mons
Note des spectateurs :

Avec son atmosphère anxiogène qui rappelle le cinéma de David Lynch, The Appointment est une vraie pépite du cinéma fantastique britannique magnifié par une réalisation très inspirée. A voir absolument.

Synopsis : Dans l’incapacité d’assister au récital de violon de sa fille, Ian, son père, est hanté par une série de cauchemars prophétiques qui semblent annoncer une tragédie imminente. Les forces obscures se rassemblent-elles pour se déchaîner contre lui ?

Un téléfilm qui a failli tomber dans l’oubli

Critique : Avant d’évoquer les nombreuses qualités de The Appointment (1982), il faut d’abord revenir sur son histoire particulièrement complexe. Effectivement, cet unique long métrage de Lindsey C. Vickers est initialement un téléfilm produit par Tom Sachs en prévision d’une série d’une dizaine de téléfilms indépendants les uns des autres, mais avec une thématique de départ identique : celle des mauvaises décisions qui déterminent le destin d’un protagoniste principal. Réalisé pour la télévision avec un budget plutôt correct, The Appointment est donc le premier opus illustrant ce thème.

Toutefois, la mésentente entre le cinéaste débutant (il n’avait à son actif que le court métrage The Lake, en 1978, mais aussi une longue carrière d’assistant) et son producteur ont condamné la série, tandis que le téléfilm demeure dans les cartons. En réalité, il finira édité en VHS par 3M Home Video, uniquement au Royaume-Uni, tandis que les négatifs semblent définitivement perdus. Cette expérience catastrophique a d’ailleurs mis un terme à la carrière de son réalisateur qui abandonne totalement la profession à la fin des années 80.

Une résurrection grâce à des cinéphiles acharnés

Pourtant, The Appointment a marqué durablement les quelques spectateurs qui l’ont découvert à l’époque et le long métrage a donc fait l’objet de nombreuses recherches afin de retrouver un matériel exploitable. C’est ainsi que, grâce au concours du BFI (British Film Institute), un master potable a été retrouvé, puis restauré afin de permettre une vraie sortie à cette pépite méconnue. En France, le distributeur Les Films du Camélia a même organisé une sortie cinéma à partir du mercredi 25 octobre 2023.

Mais que vaut donc ce long métrage rescapé et valait-il la peine d’y consacrer tant de temps pour le sauver de l’oubli ? La réponse est bien entendu positive, puisque The Appointment se révèle être un sacré morceau de cinéma anxiogène. Cela démarre par une séquence introductive qui évoque par le biais d’une voix off un rapport de police faisant état de la disparition d’une adolescente dans les bois. Tandis que la voix récite les faits de manière neutre, les images proposées par Lindsey C. Vickers viennent contredire le récit très terre-à-terre en plongeant le spectateur de plain-pied dans le fantastique. Cette introduction, assez peu compréhensible, pose en tout cas les bases du futur téléfilm, fondé sur un fantastique qui ne se résoudrait jamais de manière cartésienne.

The Appointment en bluray

© Clément Deneux pour Les Films du Camélia. Tous droits réservés / All rights reserved

Une immersion dans un fantastique anxiogène à la David Lynch

Ensuite, la première partie du long métrage est située dans la maison d’un couple et de leur adolescente de fille. Celle-ci est terriblement déçue car son père ne peut assister à son concert du lendemain à cause d’un rendez-vous (The Appointment, donc) professionnel imprévu. Le spectateur est donc invité au cœur de ce foyer très ordinaire durant la soirée, mais aussi la longue nuit qui s’ensuit. Dès lors, le spectateur se retrouve plongé dans un délire que n’aurait pas renié un certain David Lynch, à base de rêves prémonitoires, mais aussi avec des sous-entendus pernicieux dès lors que l’on suppose une forme d’inceste entre le père et sa fille chérie, maladivement jalouse de son géniteur.

Comme chez Lynch, rien ne passe par les dialogues – fort peu nombreux – mais par la création d’une atmosphère anxiogène liée à un étirement au-delà du raisonnable des séquences, à une profusion de gros plans insistants sur des détails apparemment insignifiants, et surtout par le design sonore créé par l’excellent Trevor Jones (déjà remarqué à l’époque pour ses scores merveilleux d’Excalibur et de Dark Cristal).

The Appointment, une œuvre insaisissable

Proche des meilleurs moments de la série Twin Peaks, The Appointment propose une atmosphère étrange qui échappe à la compréhension immédiate. Il faut dire que le cinéaste ne facilite pas le travail du spectateur en dissociant parfois rêve et réalité, mais en mêlant occasionnellement les deux. Il fait également intervenir des chiens mystérieux qui rodent autour de la petite famille ainsi qu’une voiture possédée comme dans le Christine (1983) de John Carpenter. S’il est parfois difficile de s’y retrouver, le film passionne toujours car il ne se laisse justement pas facilement appréhender.

Durant la deuxième partie, le cinéaste décrit par le menu le voyage du père, dont le destin semble être de mourir dans un terrible accident de voiture dont le spectateur a vu quelques bribes prémonitoires en rêve. Dès lors, Lindsey C. Vickers fait preuve d’un talent impressionnant pour établir le suspense, et ensuite pour filmer un accident de la route jamais vu jusque-là au cinéma. Réalisé sans aucun renfort numérique – puisque cela n’existait pas – ce morceau de bravoure laisse pantois à plusieurs reprises et offre donc de l’inédit dans un genre où l’on croyait avoir tout vu.

Bien plus qu’un simple téléfilm

On notera que l’ensemble fait preuve d’un certain sadisme, d’autant que le plan final vient suggérer que l’adolescente ne serait pas étrangère à l’élimination de son paternel incestueux. Attention toutefois, il s’agit d’une interprétation car The Appointment est suffisamment cryptique pour que le spectateur y projette ce qu’il veut. D’une savoureuse étrangeté, le film suscite à la fois le malaise et l’admiration face à une réalisation parfaitement maîtrisée, d’autant que les comédiens assurent. Le vétéran Edward Woodward (héros du génial The Wicker Man, version 1973) compose une figure paternelle ambiguë dont on ne sait jamais s’il est vraiment un père attentionné ou si son comportement révèle des pulsions inavouables.

En tout cas, The Appointment fait bien partie de ces productions télévisées miraculeuses qui offrent parfois bien plus de satisfactions que bon nombre de longs métrages médiocres destinés au grand écran.

Critique de Virgile Dumez

Box-office de The Appointment

Sorti en exclusivité au Christine Cinéma Club, le 25 octobre 2023, The Appointment a bénéficié d’un bel écho dans la presse qui a souligné son caractère rare, singulier et foncièrement culte en devenir. Le film obtient  713 entrées, avant de baisser à 473, en semaine 2, sur cette même salle. En 5e semaine, l’entité restée longtemps invisible trouve un écran de plus, celui de l’Archipel-Paris Ciné, pour 129 entrées sur ses seuls deux écrans (total de 1 721). Il finit l’année à quelques dizaines de spectateurs dans une seule salle.

Au total, ce sont 2 042 spectateurs qui ont mordu à l’hameçon.

Parallèlement, un coffret blu-ray, avec un livret de 100 pages apparaissait. Le collector limité à 1 000 exemplaires devra néanmoins faire profil bas en raison d’un prix très élevé (entre 40 et 50 euros). La plateforme Amazon en est privé. L’éditeur préférant opérer un partenariat avec la Fnac.

La VOD et le streaming sur la plateforme Canal+ lui permettent d’étendre son audience qui a forcément bon goût.

Box-office de Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 25 octobre 2023

Voir le film en VOD

Affiche de The Appointment

Graphisme : Clément Deneux pour Les Films du Camélia

Biographies +

Lindsey C. Vickers, Edward Woodward, Jane Merrow, Samantha Weysom

Mots clés

Cinéma britannique, Téléfilm, OFNI, L’inceste au cinéma, Les accidents de la route au cinéma

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Affiche de The Appointment

Bande-annonce de The Appointment

Fantastique, Epouvante

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