Swordsman 2 : la légende d’un guerrier – la critique du film (1992)

Action, Arts martiaux, Fantastique | 1h52min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Swordsman 2, la jaquette

  • Réalisateur : Ching Siu-tung
  • Acteurs : Jet Li, Brigitte Lin, Rosamund Kwan, Michelle Reis, Waise Lee
  • Date de sortie: 26 Juin 1992
  • Nationalité : Hongkongais
  • Titre original : Xiao ao jiang hu zhi : Dong Fang Bu Bai
  • Titres alternatifs : Swordsman II (titre international)
  • Année de production : 1992
  • Scénariste(s) : Chan Tin-suen, Elsa Tang, Tsui Hark d'après l'oeuvre de Louis Cha
  • Directeur de la photographie : Moon-Tong Lau
  • Compositeur : Richard Yuen
  • Société(s) de production : Film Workshop, Long Shong Pictures
  • Distributeur (1ère sortie) : Film inédit en salles en France. La date ci-dessus est celle de la sortie à Hong Kong.
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : HK Vidéo – Metropolitan FilmExport (DVD)
  • Date de sortie vidéo : 1er juillet 2008
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : -
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : 7 nominations aux Hong Kong Film Awards 1993 et une seule récompense pour William Chang et Bruce Yu (Meilleurs costumes et maquillages)
  • Illustrateur / Création graphique : Propriété graphique : © 2008 Metropolitan FilmExport. Tous droits réservés.
  • Crédits : © 1992 Golden Princess Film Production Limited
  • Franchise : 2ème volet de la trilogie Swordsman
Note des spectateurs :

Se jouant des identités sexuelles, Swordsman 2 est un wu xia pian étonnant qui navigue entre gags bis, gore délirant et évolutions aériennes un peu lassantes. Du pur divertissement made in HK, kitsch et foisonnant au risque de l’indigestion.

Synopsis : Lingwu Chung repousse sa décision de renoncer aux arts martiaux quand la Princesse Yin-Yin est enlevée par l’Invincible Asia. Parti à sa recherche, Chung est séduit par une villageoise, sans savoir qu’il s’agit de Asia, en passe de changer de sexe pour atteindre la toute-puissance enseignée par le “Canon du Tournesol”…

Comment relancer le genre du wu xia pian ?

Critique : Lorsque le producteur-réalisateur Tsui Hark a initié la saga Swordsman (1990), il compte remettre au goût du jour le genre du wu xia pian, largement tombé en désuétude. Malheureusement, le premier volet ruine la plupart de ses espoirs puisque le tournage est un enfer et que le résultat final est terriblement décevant. Pourtant, malgré des échos peu favorables, le public s’est rendu dans les salles. Suffisamment en tout cas pour envisager une suite qui aurait pour but de corriger le tir d’un premier épisode unanimement conspué.

Swordsman, la jaquette

© 1990 Film Worshop Co. Ltd / Propriété graphique : © 2008 Metropolitan FilmExport. Tous droits réservés.

Exit donc la multiplicité de réalisateurs puisque seul Ching Siu-tung (déjà à la barre des trois films de la saga Histoire de fantômes chinois) se retrouve à la mise en scène, parfois secondé par Stanley Tong qui n’est pourtant pas crédité. Exit également Samuel Hui qui incarnait le poivrot Ling Wu Chung sans réel charisme et place à Jet Li, protégé de Tsui Hark dont la réputation ne cesse de grandir à Hong Kong. Enfin, pour mettre toutes ses chances de son côté, Tsui Hark engage dans le rôle de l’antagoniste androgyne la star Brigitte Lin qui fera beaucoup pour la réussite et l’impact du film.

De l’humour bis au sein d’une intrigue curieuse

Considéré par beaucoup de fans de wu xia pian et de cinéma de Honk Kong comme un classique qui a permis de redorer le blason d’un genre alors passé de mode, Swordsman 2 n’est pourtant pas exempt de nombreux défauts qui pourront apparaître comme rédhibitoires à certains spectateurs occidentaux. Tout d’abord, le réalisateur Ching Siu-tung s’adresse ici clairement à un public populaire et signe une œuvre bis qui peut soit être vue comme jubilatoire ou terriblement kitsch. Premièrement, le long-métrage ne corrige pas la dérive comique du premier volet et l’on peut aisément rester hermétique à cette forme d’humour typiquement asiatique. Certains passages sont ainsi consternants, d’autres proprement hilarants (on adore notamment la scène où le cheval est coupé en deux dans le sens de la longueur).

On peut également rester dubitatif dans un premier temps devant cette accumulation de personnages féminins jouant des hommes et inversement. Il faut en réalité patienter jusqu’à la fin pour comprendre que l’enjeu du film tient justement dans ce bouleversement des genres. Ainsi, le personnage androgyne interprété avec talent par Brigitte Lin est de loin le plus intéressant du lot, avec cette ambiguïté sexuelle qui la caractérise. En Asie, cette évocation d’une sexualité hors norme était plutôt osée en ce début des années 90, même si Tsui Hark était coutumier du fait.

Des acteurs qui défient la pesanteur, au risque de l’overdose

Au cœur de cette intrigue qui se joue des sexes, le spectateur pourra suivre les aventures comico-fantastiques d’un Jet Li plus guilleret que d’ordinaire, preuve de la capacité d’incarnation de la star. Il est plutôt convaincant dans un rôle sautillant qui lui convient clairement mieux qu’à Samuel Hui. En ce qui concerne les séquences de combats, elles sont souvent imaginatives, assez délirantes, mais on a également le droit de rester de marbre face à ces évolutions aériennes qui tiennent plus de la voltige que du pur combat martial. Il faut bien évidemment d’imposantes capacités physiques pour effectuer ces prouesses, mais on a parfois du mal à ressentir le danger qui menace les personnages.

Bien entendu, les fans hardcore du cinéma de Tsui Hark seront sans aucun doute aux anges, grâce à un montage hystérique qui laisse peu de place aux temps morts. Heureusement que le film déploie d’autres charmes comme une très jolie photographie de Moon-tong Lau, une agréable musique de Richard Yuen et quelques outrances gore qui agrémentent une projection souvent fun.

Swordsman 2, le meilleur opus d’une saga très inégale

En tout cas, le long-métrage a rencontré un joli succès en salles et peut légitimement être considéré comme le meilleur film d’une saga très inégale. De là à en faire un chef-d’œuvre du genre, il y a un pas que nous ne franchirons pas, pour toutes les raisons invoquées plus haut. Resté inédit en salles en France, Swordsman 2 : la légende d’un guerrier n’est sorti que tardivement en DVD grâce à la collection culte de HK Vidéo. Il est disponible soit à l’unité, soit dans un superbe coffret regroupant les trois volets.

Critique de Virgile Dumez

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Swordsman 2, la jaquette

Bande-annonce de Swordsman 2 (VO)

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