Sons of Philadelphia : la critique du film (2021)

Polar, Film noir | 1h30min
Note de la rédaction :
7/10
7
Sons of Philadelphia, affiche du film

  • Réalisateur : Jérémie Guez
  • Acteurs : Matthias Schoenaerts, Maika Monroe, Joel Kinnaman
  • Date de sortie: 26 Mai 2021
  • Année de production : 2020
  • Nationalité : Belge, Français, Américain
  • Titre original : Sons of Philadelphia
  • Autres acteurs : Paul Schneider, Nicholas Crovetti, Ryan Phillipe, Antoni Corone, Felix Scott
  • Distribution : The Jokers
  • Crédits : © 2020 - The Sound Of Philadelphia Production Company - Cheyenne - Killer Films - Brookstreet Pictures - Gapbusters - RTBF
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
Note des spectateurs :

Sons of Philadelphia adapte avec brio le romancier Pete Dexter (Paperboy). Jérémie Guez, réalisateur de BlueBird, confirme de son encre noire un style et une approche psychologique qui épousent le meilleur du polar indépendant. Présenté à Deauville en 2020 et au ReimsPolar Film Festival en 2021, Sons of Philadelphia est une réussite patente.

Synopsis : Philadelphie. Il y a trente ans, la famille de Michael a recueilli Peter à la mort de son père, dans des circonstances opaques. Aujourd’hui, Peter et Michael sont deux petits malfrats aux tempéraments opposés. L’un est aussi violent et exubérant que l’autre est taciturne. Quand Michael est désigné comme « gênant » par la mafia italienne, le passé trouble de la famille ressurgit…

Critique : Sons of Philadelphia est une adaptation d’Un amour fraternel de Pete Dexter. L’auteur spécialisé dans le roman très noir avait connu les honneurs de l’adaptation hollywoodienne et d’une sélection cannoise avec Paperboy. Le polar moite est resté dans les mémoires pour une scène d’anthologie mettant en scène Nicole Kidman qui urine sur Zac Efron.

Pour son projet d’adaptation, Jérémie Guez, réalisateur belge encore méconnu, n’a sûrement pas les moyens du tout Hollywood, mais au moins peut-il enfin s’envoler de l’atavisme européen de BlueBird. Son premier film posait les jalons d’un cinéaste à suivre dont les poches étaient un peu vides. Pour son deuxième coup, le cinéaste confirme dans le dur et le sensible à la fois et s’affirme dans un genre qui devient sien. Le noir tragique où le chemin de la rédemption n’est jamais balisé.

Matthias Schoenaerts dans Sons of Philadelphia, photo

Matthias Schoenaerts dans Sons of Philadelphia – Photo : © Nelson Gedalof

Guez pose sa caméra dans une mafia compartimentée de Philadelphia et dirige des vedettes à qui les archétypes du genre (le drame mafieux) collent à leurs peaux viriles. Matthias Schoenaerts, énorme de talent, bouffe l’écran à chacune de ses apparitions. Sons of Philadelphia le renvoie à l’un de ses meilleurs rôles, celui qu’il tenait dans Quand vient la nuit de son compère Michaël R. Roskam. Il donnait alors la réplique à Tom Hardy.

Dans Sons of Philadelphia, l’acteur qui a la trempe d’un Depardieu en puissance, trouve dans le Scandinave Joel Kinnaman, un autre acteur de sa trempe. Le Suédois affiche une belle gueule de cinéma et un goût pour les personnages écorchés et le noir intense et amer (la trilogie Easy Money). C’est dans le sang. Kinnaman incarne à l’écran son cousin de cinéma et un éventuel faux-frère, une âme cabossée à la folie dangereuse. Sa complicité distante ne se déliera qu’à la vie à la mort. Que le drame s’ensuive alors.

Avec en trame de fond des remous familiaux tors et des flashbacks douloureux et fondateurs qui mettent en scène l’acteur  revenant trop rare au cinéma, Ryan Philippe (Studio 54, Way of the Gun), dans le rôle du père du personnage de Schoenaerts jeune, Sons of Philadelphia impose les décisions intrinsèques aux grandes tragédies. Trahir pour survivre, protéger pour ne pas couper les racines… Schoenaerts fait une démonstration mi-taiseuse de choix intériorisés qui dépassent ses propres traumas. La complexité de son personnage est avant tout celle de son interprétation, dense, tendue, piégée, comme la réalisation de Jérémie Guez. Ce dernier a effectivement compris qu’en posant les pieds aux USA, ce n’était pas pour parader avec une caméra selfie, celle du faux visionnaire qui crève d’une reconnaissance des studios, mais bien pour libérer l’instinct de personnages fouillés qui méritent qu’Hollywood s’intéresse à lui.

Matthias Schoenaerts et Joel Kinnaman dans Sons of Philadelphia

Photo : © Nelson Gedalof

Dans l’un des très rares rôles féminins, Maika Monroe (It Follows) est admirable.

Le polar, proposé à Deauville en 2020, a dû attendre la réouverture des cinémas en mai 2021 pour pouvoir enfin bénéficier d’une date de sortie définitive. Comme c’est une réussite, il serait dommage de ne pas se frotter à sa faune.

Sorties de la semaine du 26 mai 2021

Sélection officielle Hors Compétition – Reims Polar 2021

Sons of Philadelphia, affiche du film

Design : Le Cercle Noir pour The Alamo© 2020 – The Sound Of Philadelphia Production Company – Cheyenne – Killer Films – Brookstreet Pictures – Gapbusters – RTBF. Tous droits réservés.

Reims Polar Film Festival 2021 : 38e édition Festival du Film Policier sur CinéDweller

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