Simple mortel : la critique du film (1991)

Thriller, Fantastique | 1h25min
Note de la rédaction :
7/10
7
Simple mortel, l'affiche

  • Réalisateur : Pierre Jolivet
  • Acteurs : Roland Giraud, Philippe Volter, Christophe Bourseiller, Nathalie Roussel
  • Date de sortie: 28 Août 1991
  • Nationalité : Français
  • Année de production : 1991
  • Scénariste(s) : Pierre Jolivet
  • Directeur de la photographie : Bertrand Chatry
  • Compositeurs : Serge Perathoner, Jannick Top
  • Société(s) de production : Fildebroc, C.A.P.A.C., Ciné Cinq
  • Distributeur (1ère sortie) : AAA
  • Éditeur(s) vidéo : Fravidis (DVD) / StudioCanal (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 69 631 entrées / 38 122 entrées
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Dolby Stéréo
  • Festivals et récompenses : Récompense du meilleur film attribué à Pierre Jolivet au Cinéfest Sudbury (Canada)
  • Illustrateur / Création graphique : Stéphane Bielikoff
  • Crédits : © 1991 StudioCanal
Note des spectateurs :
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Bel exemple de film fantastique français réussi, Simple mortel déploie une atmosphère anxiogène du meilleur effet avec peu de moyens. Son échec commercial est d’autant plus injuste.

Synopsis : Un jeune spécialiste en langues anciennes reçoit des messages d’origine inconnue par voie hertzienne, prononcés en gaélique et qui lui donnent l’ordre d’exécuter des actions étranges. Est-il victime d’hallucinations ou bien le jouet de forces occultes ?

De la science-fiction à forte connotation morale

Critique : Alors que son précédent long-métrage – Force majeure (1988) avec Patrick Bruel et François Cluzet – a connu un petit succès relayé par un accueil critique favorable, le réalisateur Pierre Jolivet décide de se lancer dans l’écriture d’un film de genre. Connaissant la potentielle minceur de son budget, il opte pour une intrigue qui permet de susciter l’angoisse du spectateur sans avoir recours au moindre effet spécial.

Nous suivons donc la lente descente aux enfers d’un jeune homme qui reçoit des appels mystérieux par voie hertzienne. Ces voix qui utilisent une langue gaélique disparue le poussent à intervenir dans le destin d’autres personnages afin d’éviter des catastrophes dans d’autres parties du monde. D’abord persuadé qu’il s’agit d’un canular, le personnage va prendre conscience de sa responsabilité dans le destin des autres, et plus globalement dans celui de la planète tout entière. Pierre Jolivet approfondit donc ici une réflexion morale qui a débuté avec Force majeure (1988), à savoir la responsabilité de chaque individu dans la bonne marche de l’ensemble de la communauté humaine.

Un minimum d’effets pour un maximum d’efficacité

Jouant la carte du minimalisme avec un indéniable talent, Jolivet parvient à créer une atmosphère anxiogène et paranoïaque qui contamine peu à peu le spectateur. Un plan s’attarde un peu trop sur un détail du décor et le doute s’immisce sur une présence qui pourrait être extraterrestre. Le réalisateur nous invite également à douter du personnage principal qui s’enfonce peu à peu dans une folie contagieuse. Et si son délire n’était que la manifestation d’une paranoïa galopante ?

La grande force de Simple mortel est d’arriver à nous faire croire à des événements incroyables alors que l’ensemble reste hors champ. Malgré la présence à l’écran d’un seul vrai personnage qui entend des voix et regarde de temps en temps la télévision, le spectateur a vraiment le sentiment que se joue le sort du monde, comme avait su le faire autrefois quelqu’un comme Romero lorsqu’il enfermait un groupe de personnages dans une maison assaillie par des morts-vivants. Pierre Jolivet retrouve également la saveur des écrits de Nigel Kneale sur la saga Quatermass, à savoir cette idée que des êtres venus d’ailleurs sont sans doute à la manœuvre sans que l’on puisse vraiment les identifier.

Philippe Volter au sommet de son talent

Pour parvenir à cet état de tension, Pierre Jolivet s’est appuyé sur le talent du comédien belge Philippe Volter, qui est tout bonnement excellent dans la peau de ce rat de bibliothèque voyant sa vie basculer du jour au lendemain. Il est crédible à chaque étape de ce récit bien cruel où l’homme devra perdre tous les êtres qui lui sont chers afin de sauver l’humanité entière de la destruction. Face à lui, Christophe Bourseiller joue le bon camarade avec bonhomie, tandis que Nathalie Roussel fait une petite amie crédible.

Aidé par une bande-son intrigante de Jannick Top et Serge Perathoner, Pierre Jolivet livre avec Simple mortel sa réalisation la plus aboutie. Lui qui a parfois tendance à s’effacer derrière ses sujets opte pour un minimalisme qui sert parfaitement son propos, tout en réussissant les quelques séquences d’action qui parsèment le long-métrage. Au final, cette tentative de film fantastique à la française constitue une vraie petite réussite qui a d’ailleurs reçu un accueil critique plutôt favorable.

Simple mortel, un injuste échec commercial

Malheureusement, sorti en plein cœur de la crise du cinéma, fin août 1991, Simple mortel a été un cinglant échec commercial, ne parvenant à glaner que 69 631 spectateurs sur l’ensemble de l’Hexagone. Pourtant, le film reste aujourd’hui encore un bel exemple de film fantastique français réussi. Il bénéficie de nos jours d’une bonne réputation auprès des fans de science-fiction anxiogène et mérite donc d’être redécouvert par le plus grand nombre.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 28 août 1991

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Simple mortel, l'affiche

© 1991 StudioCanal / Affiche : © Stéphane Bielikoff. Tous droits réservés.

Box-office :

Alors que la France s’apprête à la rentrée, le cinéma français fait grise mine. Les spectateurs n’en n’ont que pour le cinéma américain, grand vainqueur de l’été 1991 (Robin des Bois avec Kevin Costner, Double Impact avec Van Damme, Thelma et Louise qui aura survécu à Cannes pendant toute la saison estivale). D’ailleurs, la semaine du 28/08, l’on peut se jeter une dernière fois dans le grand bleu avec Point Break Extrême Limite de Kathryn Bigelow, qui ne s’embarrasse pas du minois de ses acteurs (Keanu Reeves et Patrick Swayze) pour faire monter le thermomètre à la 2e place (85 904 surfeurs sur 41 planches). Alors que Les Commitments d’Alan Parker sortent leurs tubes fictifs en 5e position (31 138 entrées, 20 salles). Un vrai four anglophone, en revanche, en la personne de Sylvester Stallone qui, avec le remake d’Oscar, L’Embrouille est dans le sac, connaît le pire démarrage de sa carrière en tant que star (18 309 entrées dans 34 cinémas).

Simple mortel a manqué de visibilité et de notoriété

Avec seulement 12 cinémas, Simple mortel peut se satisfaire, cette semaine-là, de ses 12 350 curieux, qui ont su manifester de la curiosité pour son atmosphère. Pierre Jolivet, distribué par AAA, se positionne dans les cinémas Pathé Marignan, Wepler, Montparnasse, Français, Hautefeuille, au Forum Horizon, aux Gaumont Alésia et Convention, au Gambetta et à la Fauvette. Il entre en 10e place sur P.P. La semaine suivante, il se maintient à 9 838 spectateurs dans 8 cinémas. On note sa présence au Forum Orient Express, poubelle des Halles, alors que le Forum Horizon l’a écarté de sa programmation. Le film perd 5 places en raison de 5 nouveautés. Pas si mal. Les exploitants lui laissent une chance en 3e semaine, lui octroyant la même couverture. Désormais, ce sont 7 294 spectateurs aguichés par un bouche-à-oreille très favorable qui se pressent.

Cela se gâte ensuite, avec 5 437 retardataires dans 9 cinémas. Trop d’écrans pour un nombre d’entrées assez stable en soit. Le résultat est sans équivoque, Simple mortel ne reste programmé que sur un seul site, le prestigieux Pathé Marignan sur les Champs, ce qui lui permet une exposition auprès de 1 145 spectateurs.

Pour sa dernière semaine, il se partage deux sites, le Marignan et le Lucernaire, pour un public de quartier cultivé plus ciblé. 938 spectateurs l’accompagnent. Le film de genre français achève sa course en 9e semaine, avec 62 spectateurs et un total parisien de 38 122 amateurs. Le film était tout sauf mauvais, mais il a clairement manqué de notoriété et de visibilité.

Frédéric Mignard

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