SOS Fantômes en 3D : la critique du film (2016)

Comédie fantastique | 1h57min
Note de la rédaction :
5.5/10
5.5
S.O.S Fantômes en 3D (2016), affiche

  • Réalisateur : Paul Feig
  • Acteurs : Chris Hemsworth, Bill Murray, Dan Aykroyd, Kate McKinnon, Melissa McCarthy, Charles Dance, Andy Garcia, Ed Begley, Kristen Wiig, Leslie Jones
  • Date de sortie: 10 Août 2016
  • Année de production : 2016
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Ghostbusters
  • Titres alternatifs : Ghostbusters Answer the Phone (International), Cazafantasmas (Mexique, Espagne)
  • Scénaristes : Katie Dippold, Paul Feig
  • D'après le film S.O.S Fantômes (1984) écrit par Harold Ramis et Dan Akroyd, réalisé par Ivan Reitman
  • Directeur de la photographie : Robert D. Yeoman
  • Monteur : Melissa Bretherton, Brent White
  • Compositeur : Theodore Shapiro
  • Producteurs : Amy Pascal, Ivan Reitman
  • Sociétés de production : Columbia Pictures, LStar Capital, Village Roadshow Pictures, Pascal Pictures, Feigco Entertainment, Ghostcorps, The Montecito Picture Company
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing France
  • Editeur vidéo : Sony Pictures Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 10 décembre 2016
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 415 625 entrées / 69 209 entrées
  • Box-office nord américain / monde : 128 350 574$ / 229 147 509 $
  • Budget : 144 000 000$
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleur (Imax, 3D) / Dolby Digital, Dolby Atmos, Auro 11.1, 12-Track, Digital Sound (IMAX 12 track), Sonics-DDP (IMAX version), DTS (DTS: X), IMAX 6-Track, Dolby Surround 7.1
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2016 Columbia Pictures Industries, Inc. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Franchise : Reboot au féminin de S.O.S Fantômes (1984)
Note des spectateurs :

SOS Fantômes en 3D est le reboot anodin d’un blockbuster des années 80, divertissant au mieux grâce à un casting de comédiennes enjouées.

Synopsis : SOS Fantômes est de retour, revisité et dynamisé avec un casting féminin et de tout nouveaux personnages plus hilarants les uns que les autres. Trente ans après le raz-de-marée planétaire du premier film, le réalisateur Paul Feig nous offre sa vision rafraîchissante et ultra vitaminée de la comédie surnaturelle, avec la complicité de certaines des personnalités les plus drôles du cinéma actuel : Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Leslie Jones et Chris Hemsworth. Les fantômes n’ont qu’à bien se tenir !

Un reboot longtemps trollé sur Internet

Critique : Détesté par les fans des années 80 dès l’annonce de son casting féminin, haï dès l’instant où les premières vidéos furent postées sur Internet… le reboot de Ghostbusters a fait couler beaucoup d’encre, suscitant systématiquement ce que l’on appelle couramment aujourd’hui le « bad buzz », au point de susciter une gêne sans précédent pour le studio Sony pensant pouvoir créer l’événement lors d’un été 2016 qui a, par la suite, déjà vu l’un de ses films culte couler au box-office : le sequel d’Independence Day. Pour le studio, il s’agissait de relancer une franchise de deux numéros (dont une suite totalement médiocre, en 1989), vieille de plus de 30 ans, et dont on annonçait suites et remakes, depuis des décennies, avec ou sans les acteurs d’origine. Ghostbusters était un peu devenu l’arlésienne de Hollywood.

Macho, les fans ? Sûrement. Pourtant Sony prit la décision de donner la main à Paul Feig. Sa troupe de comédiennes favorites (notamment Melissa McCarthy ou Kristen Wiig du Saturday Night Live) se fait le miroir du premier film, bâti sur la réputation de vedettes de cette même émission, comme Dan Akroyd ou Bill Murray. Dans les deux cas, SOS Fantômes répond aux exigences comiques de leur époque, en se faisant la voix d’une émission politiquement incorrecte, qui n’hésite pas aussi à jouer dans le graveleux.

Slimer dans S0S Fantômes en 3D (2016)

Slimer dans SOS Fantômes en 3D. © 2016 Columbia Pictures Industries, Inc. Tous droits réservés / All rights reserved

SOS fantômes en 3D : un blockbuster anodin

Si l’on ne fera sûrement pas au film le procès de ses actrices, méconnues des Français, comme 70% du casting originel en 1984, on ne versera pas dans les louanges pour autant.
Si SOS Fantôme 2016 est un pur divertissement qui passe comme une lettre à la poste, sans trop de longueurs et désagréments ; et surtout s’il n’est pas le Pixel vomitif de 2016 (que le même studio distribuait d’ailleurs), la nouvelle chasse aux spectres est tout à fait anodine et s’avère même souvent à côté de la plaque dans son refus de trop coller à l’original.

Il est vraisemblablement louable d’éviter la photocopie en privilégiant les clins d’œil narratifs, les échos lointains, avec quelques scènes de référence plus ou moins reprises (l’ouverture surnaturelle, des fantômes stars qu’on a plaisir à retrouver, évidemment l’apparition des acteurs encore vivants du casting 84…). Malheureusement, durant ces scènes, les mauvaises décisions en série donnent souvent raison au film d’Ivan Reitman, réalisateur des deux films des années 80 et producteur de celui-ci. Visuellement, le reboot n’a pas un dixième de la beauté urbaine de la pellicule originale, qui était un parfait film de Noël, pour toute la famille, avec des effets spéciaux astraux lumineux. L’esprit new-yorkais est ici revu à la baisse, pour favoriser surtout les sketches des comiques farfelus, dont l’outrance, drôle en soi, paraît déplacée dans le contexte général d’un film qui aurait dû en premier lieu manifester avant tout un bel hommage à son illustre modèle ; il était stupide de penser qu’on pouvait en faire l’économie.

Surnaturel au rabais

Les premières séquences sont particulièrement laborieuses, avec des gags « prouts » qu’on croirait sortis d’un Scooby-Doo, et non du re-machin-chose de SOS Fantômes. Cela place parfois le surnaturel, qui était le grand triomphe du film d’origine, jusque sur le logo trognon de l’affiche teaser, grand perdant de l’affaire. La texture des fantômes de 2016 n’a rien gagné par rapport aux effets flashy de la décennie 80. Et la volonté de s’adonner au film catastrophe avec un ultime spectre colossal qui détruit Manhattan fait sourire : dans ce divertissement familial, on ne déplorera aucun mort ni même le moindre dégât légitime, comme si l’attaque fantôme n’avait jamais eu lieu. Cela traduit un mélange des genres et époques périlleux.

Oui, SOS Fantômes en 3D (c’est son titre français !) est un divertissement sympathique, parfois spectaculaire, mais mal brossé. Il lui manque l’envergure d’un scénario, une écriture digne d’un projet mûri pendant des décennies : on a la désagréable impression d’avoir affaire à un blockbuster lambda.
Les fans des deux films originaux auront donc toutes les raisons d’être furieux contre cette résurrection de l’au-delà qui aurait mieux fait de rester dans son illustre tombeau.

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 10 août 2016

S.O.S Fantômes en 3D (2016), affiche

© 2016 Columbia Pictures Industries, Inc. Tous droits réservés / All rights reserved

Box-Office :

Echec mondial, S.O.S Fantômes en 3D a tout juste dépassé les 400 000 entrées en France quand le premier volet avait flirté avec les 3 millions en 1984 et le second avait fini son péché d’orgueil à 2 175 000 spectateurs.

L’équipe féminine de S.O.S Fantômes entrait la semaine du 10 août 2016 avec une manne de spectateurs insuffisantes de 197 408 spectateurs, malgré le jour férié du 15 août. Le maintien très relatif de la seconde semaine (130 713 entrées) dû au retour des vacances, laisse place ensuite à une baisse considérable en 3e (55 255 spectateurs) et en 4e semaine (15 873) qui coïncidait avec la fin des vacances.

Aux USA, le blockbuster de 144M$, sorti un mois plus tôt, finit sa carrière à 128M$, ce qui sera mieux que son score international (100M$), mais décevant de par son budget. La comédie de Paul Feig passera de 46M$ pour son premier week-end à 21M$ pour son second. Pour son 3e tour, il perd encore plus de 50% de ses recettes (10M$) et finit sous les 5 millions dès son 4e week-end. Un fiasco.

Pour mémoire, S.O.S Fantômes premier du nom, en 1984, avait renfloué les caisses de la Columbia, avec 242M$ aux USA. Si l’on ajuste les recettes à l’inflation, le triomphe d’Ivan Reitman a dépassé les 600 000 000$ durant son exploitation cinématographique.

En 1989, le second épisode, qui avait déçu, avait à peine dépassé les 112M$, soit 258M$ avec l’inflation.

Non distribué en Chine, S.O.S Fantômes en 3D n’aura réalisé des scores acceptables qu’au Royaume-Uni (14M$) et au Japon (11M$). Le Brésil et le Mexique débourseront 6M$ pour voir ce reboot au féminin, l’Australie 9M$.

Les scores français, allemands ou espagnols oscilleront entre 3 et 4M$. Une misère qui mettra un terme à la perspective d’une suite avec ce même casting. Sony mettra donc en œuvre un nouveau reboot en 2020, par le fils d’Ivan Reitman.

Frédéric Mignard

S.O.S Fantômes en 3D, affiche teaser

© 2016 Columbia Pictures Industries, Inc. Tous droits réservés / All rights reserved

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S.O.S Fantômes en 3D (2016), affiche

Bande-annonce de S.O.S Fantômes (2016)

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