Représailles (The New Kids) : la critique du film (1985)

Thriller | 1h29min
Note de la rédaction :
6/10
6
Représailles (The New Kid), cover VHS

  • Réalisateur : Sean S. Cunningham
  • Acteurs : Shannon Presby, Lori Loughlin, Tom Atkins, Eric Stoltz, James Spader, John Philbin
  • Date de sortie: 15 Jan 1985
  • Titre original : The New Kid
  • Titres alternatifs Représailles (VHS, France), Striking Back (VHS, UK, 1988)
  • Année de production : 1984
  • Scénaristes : Stephen Gyllenhaal, d'après une histoire Stephen Gyllenhaal et Brian Taggert
  • Directeur de la photograhie : Steven Poster
  • Compositeur : Lalo Schifrin
  • Société de production : Columbia Pictures, Fogbound Inc
  • Distributeur : Columbia Pictures (Distributeur USA, inédit en France)
  • Editeur vidéo : CGR (VHS), 101 Films (blu-ray britannique)
  • Date de sortie vidéo : août 2020 (Blu-ray Royaume Uni)
  • Box-office USA : 199 108$ (*recettes probablement incomplètes)
  • Format : 1.85 : 1 / Couleurs (Metrocolor) / Mono
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Représailles (New Kids) est une œuvre méconnue en France, signée par le réalisateur de Vendredi 13, Sean S. Cunningham. Ce DTV des années 80, plaisir coupable de cette décennie, est interprété par James Spader, royal et troublant de perversité dans l’un de ses tous premiers rôles.

Synopsis : A la mort de leurs deux parents, deux adolescents, Loren et Abby sont amenés à aller vivre chez leur oncle, dans une petite ville de Floride. Ils entrent très vite en conflit avec un gang sans scrupules qui tentent de pervertir la jeune Abby. Celle-ci refuse leur avance, ce qui va conduire les voyous à leur déclarer une guerre où tous les coups seront permis. Surtout les pires.

Class of 1985

Critique : Véritable propagande reaganienne contre la délinquance juvénile et la drogue, dans son sous-texte basique, The New Kids est un avatar du teen revenge movie avec des adolescents punks, pervers, demeurés, drogués et bouseux… De Class 84 à Campus 86, les exemples d’une jeunesse pervertie, encline à la violence et à la débauche, sont légion à cette époque de grand nettoyage par la bien-pensance de tout ce qui faisait le sel de la décennie passée.

James Spader, magistral de perversité

On s’amusera d’ailleurs qu’en 1985, le jeune James Spader, très grand méchant de ce film qui lui vaut l’une de ses plus mémorables interprétations, tenait le rôle inverse, c’est-à-dire celui du nouveau venu qui devait affronter un gang -, dans Quartier chaud de Fritz – Les démons du maïs – Kiersch (l’un des premiers rôles de Robert Downey Jr., au passage). Spader domine le casting et ne fait nul doute quant à sa postérité à venir. La future vedette de Sexe, mensonges et vidéo et Crash est au-delà de la réalité de B-movie de ce pur produit de cinéma de genre.

Représailles, affiche espagnole du thriller de Cunningham

© 1985 Columbia Pictures Industries,

Danger : jeunesse hors de contrôle

Ce sous-genre de thriller nourri à la peur d’une jeunesse hors-de-contrôle est ici extirpé de l’environnement urbain qui lui servait jusqu’alors de terreau favorable (la déliquescence new-yorkaise de Class 84 de Mark L. Lester) pour la Floride, un environnement humble, un poil pouilleux où débarquent les deux orphelins d’un père colonel (Tom Atkins) qui les a entraînés aux combats et aux rites patriotiques (première séquence d’entrainement sur fond de musique pompier digne d’un Top Gun du pauvre).

Le réalisateur, Sean S. Cunnigham connaît bien l’arrière-pays redneck et sa cinégénie pour y avoir engendré avec son acolyte Wes Craven le fleuron du genre rape & revenge movie, La dernière maison sur la gauche. Un monument hippie de l’underground glauque. Vendredi 13 et son camp de vacances pour moniteurs libidineux est également perdu dans un environnement forestier favorable aux rencontres avec des locaux patibulaires. Quant aux ados, que ce soit dans l’horreur ou la comédie (le Spring-break de 1983), Cunningham s’en est fait une spécialité de film en film.

Le père de Jake Gyllenhaal au scénario

Sur une histoire de Brian Taggert (la série V, Poltergeist 3, Mort ou vif de Sherman, Terreur à l’hôpital central), Stephen Gyllenhaal, également réalisateur à l’époque, et père de Jake, qui a alors quatre ans durant le tournage, délivre un script peu porté sur l’horreur, préférant s’adonner à sa fascination sur la violence de la société.

Représailles (The New Kids) cherche son genre

Le film de Sean S. Cunningham cherche, pour sa part, son ton durant toute la projection : drame adolescent, teen movie, gang violence movie, film d’horreur, hymne à l’Amérique, plébiscite conservateur pour de futures élections…

Pour Columbia qui est allé chercher le réalisateur de Vendredi 13, il faut vendre le film comme un nouveau jalon dans l’horreur, en axant la promotion sur le réalisateur star. Représailles (The New Kids) proposera donc un visuel publicitaire très horrifique dans son ton, avec masques effrayants et stand de tir visant des humains. Ce n’est pas mensonger, mais pas totalement le ton du film pris dans sa globalité. Représailles (The New Kids) sait aussi être mélo, léger… Il n’a pas toujours cette tonalité lugubre de fête foraine abandonnée.

The New Kids, de Sean S. Cunningham

© 1985 Columbia Pictures Industries, inc All Rights Reserved – Design blu-ray : 2020 101Films Ltf. All Rights Reserved

Sortie ratée et VHS généralisée ?

Columbia se trompe de cible et précipite le film dans les marécages du bide commercial. Pourtant, en VHS, le film est un « hit » et se vendra sur de nombreux marchés (le Royaume-Uni, où il sera renommé et subira la foudre de la censure, l’Allemagne, l’Espagne…). Columbia France, associée à Gaumont sur le marché de la vidéo, propose The New Kids sous le titre de Représailles en VHS. Le film connaît une fortune diverse en DTV en fonction si, le vidéo-club du patelin a commandé ou non cette pure pellicule pour drive-in.

Des acteurs so eighties

Avec le recul de l’âge, Représailles (The New Kids) n’est certes pas un sacré bon film, mais cultive le plaisir du nostalgique. Les acteurs (Lori Loughlin, avant qu’elle ne tourne en vedette de télévision et mère d’élève indigne condamnée par les tribunaux ; James Spader, surréaliste de présence malsaine ; Eric Stolz, déjà présent sur le précédent Cunningham, pour une apparition amicale, car le Hollywood de Peter Bogdanovich l’appelait…) sont pour beaucoup dans la convivialité.

Le rythme aussi malheureusement

Le film traîne un peu la patte, la naïveté est de mise, mais quand la chasse à l’homme démarre dans sa fête foraine (un hommage à Massacre dans le train-fantôme?), le thriller percute, électrocute avec toute la bonhommie de Cunningham qui a perdu de sa verve d’indépendant, il faut le dire, pour plus de calcul et de mesure dans la violence manifestée à l’écran. Au final, ce redneck movie avec des méchants graves qui sont un appel à rétablir la peine de mort, est un plaisir pour peu que l’on aime ce type de spectacle régressif, mais somme tout bien inoffensif.

A découvrir en DVD et blu-ray Zone B chez 101Films en édition limitée. Version originale, sous-titrée en anglais.

Frédéric Mignard

Représailles (The New Kid), cover VHS

© 1985 Columbia Pictures Industries, inc All Rights Reserved

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