Problemos : la critique du film (2017)

Comédie dystopique | 1h25min
Note de la rédaction :
7.5/10
7.5
Problemos, l'affiche

  • Réalisateur : Eric Judor
  • Acteurs : Eric Judor, Blanche Gardin, Youssef Hajdi
  • Date de sortie: 10 Mai 2017
  • Année de production : 2017
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Problemos
  • Titres alternatifs : Problemos (Royaume Uni), Problemos - Alle tot. Wir nicht (Allemagne)
  • Scénaristes : Noé Debré, Blanche Gardin
  • Directeur de la photographie : Vincent Muller
  • Monteur : Jean-Denis Buré
  • Compositeur : Ludovic Bource
  • Producteur : Matthieu Tarot
  • Sociétés de production : Albertine Productions, en coproduction avec France 2 Cinéma, StudioCanal, Auvergne Rhône-Alpes Cinéma
  • Distributeur : StudioCanal
  • Editeur vidéo : StudioCanal
  • Date de sortie vidéo : 19 septembre 2017 (VOD, DVD)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 195 784 entrées / 72 350 entrées
  • Box-office monde : 1 450 028$
  • Budget : 6 000 000 euros
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur / 5.1
  • Festivals et récompenses :
  • Illustrateur / Création graphique : © Affiche : Le Cercle Noir pour The Alamo (design) ; Photographies : Serge Blondeau - Séverine Brigeot. Tous droits réservés. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2017 Albertine Productions - France 2 Cinéma -StudioCanal - Auvergne Rhône-Alpes Cinéma
Note des spectateurs :

Dans l’esprit absurde de ses pubs pour EDF, Judor poursuit un parcours atypique, avec Problemos, comédie à l’esprit doux dingue, à l’aise dans le politiquement incorrect qu’elle sonde constamment, en forme de remake par l’humour absurde des dernières saisons de The Walking Dead, évidemment sans le moindre morceau de zombie à l’intérieur. Trois ans avant la pandémie de COVID-19, on peut même qualifier son long de visionnaire. 

Synopsis : Jeanne et Victor sont deux jeunes parisiens de retour de vacances. En chemin, ils font une halte pour saluer leur ami Jean-Paul, sur la prairie où sa communauté a élu résidence. Le groupe lutte contre la construction d’un parc aquatique sur la dernière zone humide de la région, et plus généralement contre la société moderne, la grande Babylone. Séduits par une communauté qui prône le « vivre autrement », où l’individualisme, la technologie et les distinctions de genre sont abolis, Jeanne et Victor acceptent l’invitation qui leur est faite de rester quelques jours. Lorsqu’un beau matin la barrière de CRS qui leur fait face a disparu, la Communauté pense l’avoir emporté sur le monde moderne. Mais le plaisir est de courte durée : à l’exception de leur campement, la population terrestre a été décimée par une terrible pandémie. Ce qui fait du groupe les derniers survivants du monde. Va t’il falloir se trouver de nouveaux ennemis pour survivre ?…

Problemos, du film catastrophe à l’humour d’anticipation

Critique : Après l’échec du coûteux La tour 2 contrôle infernale, Eric Judor ne jette pas l’éponge, bien au contraire. Il revient, plus ambitieux que jamais, sans budget, mais avec une bonne dose de dialogues féroces d’imbécillité lunaire. Exit le cinéma catastrophe, il revient avec un thèse sociologique de science-fiction sans effets spéciaux. Le huis clos se déroule en plein air, au cœur d’une ZAD idyllique (ou presque), à l’aube d’un « pain de mie »…pardon, « pandémie », puisqu’un virus a exterminé l’humanité à l’exception des quelques altermondialistes ultrasensibles aux ondes de portable et autres appareils de communication modernes.

Les hippies ne branlent pas que des bambous

Le postulat est truculent. Le citoyen joué par Eric Judor part en vacances bon gré mal gré sur ce terrain idyllique tenu par l’ancien prof de yoga de son épouse. Récalcitrant, son personnage de père de famille cynique, ironise, multiplie les sarcasmes envers une communauté qui, il est vrai, est habitée par des dingos et le verbe loufoque de l’absurde. Son adaptation à cet esprit hippie donne lieu à des sketchs hilarants.

Le passage à l’état de siège par la menace extérieure est progressive et vient révéler les failles d’un système utopiste où l’amour de l’autre et la haine de la civilisation, systématiquement renvoyée à Babylone, deviennent l’objet de lutte des pouvoirs et surtout résonnent creux et hypocrite, alors que se crée à nouveau un schéma de hiérarchie et de lutte des classes, engrais favorable à la jalousie et donc à la haine, à l’hystérie collective…

Une comédie décalée estampillée de l’humour tranchant d’une quasi inconnue, Blanche Gardin

Peu à peu, l’on glisse tout simplement vers un remake à peine caché de The Walking Dead, où l’on sonde les vils instincts humains en temps de crasse et de communautarisme. Eric Judor se s’érige en nouveau leader face à un stéréotype de femme ultra-gauchiste qui a baptisé son fils/fille(?)… « l’Enfant, pour lui laisser la liberté de choisir son prénom quand il en aura l’âge. Sous les idéaux libertaires de celle-ci se cachent évidemment mauvaise foi, mensonge et manipulation, à l’instar loufoque du chamane hirsute en transe qui s’avère être que Claude le clodo, qui, une fois l’usurpation révélée devient un paria qui schlingue, à ostraciser de la yourte. L’entre-aide a ses limites : les odeurs !

Avec un filmage aussi minimaliste que les décors, Eric Judor réalise son 3e long avec des bouts de ficelle, fidèle à son humour dévastateur qui pointe les travers de l’humain pluriel, qu’il soit citadin cynique ou écolo de pacotille, le résultat est ravageur et l’hypocrisie exposée de toute part. Face à cette suite de dialogues acerbes, où l’humour bêta est féroce, l’on rit beaucoup de cette humanité à la dérive. Judor a compilé dans cette fable de bricole le meilleur de son humour poil-à-gratter. Problemos est un délire assumé qui assure l’euphorie sur toute sa durée, ce qui n’est jamais gagné avec les comédies d’aujourd’hui. Il y a du Platane dans l’air et surtout du Blanche Gardin, celle-ci inconnue des spectateurs co-écrivait un script dont les mots sont à l’image sarcastiques de ses spectacles. Problemos offre en fait le meilleur de Blanche Gardin, mais les spectateurs de l’époque n’étaient pas encore prêts.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 10 mai 2017

Problemos, l'affiche

© 2017 Albertine Productions – France 2 Cinéma -StudioCanal – Auvergne Rhône-Alpes Cinéma / Affiche : Le Cercle Noir pour The Alamo (design) ; Photographies : Serge Blondeau – Séverine Brigeot. Tous droits réservés.

Box-office :

Problemos a été une déception pour Eric Judor, réalisateur et acteur. Depuis sa première réalisation, Seuls Two, en 2008, qui avait flirté avec le million, puis le bide de La Tour 2 contrôle infernale (357 801), l’artiste ne trouve pas son public avec la comédie Problemos qui ne dépasse pas les 196 000 spectateurs, malgré des critiques bienveillantes. Point positif, la rentabilité est supérieure, puisque ses deux premiers films avaient coûté respectivement 18 400 000 et 12 600 000 euros. Le zadiste Problemos n’a coûté de son côté que 6M d’euros.

Pour le distributeur StudioCanal, c’est un 15e résultat annuel décevant sur un total de 17 sorties. Proposé en contre programmation cannoise dans 307 cinémas face à la sortie de Ridley Scott Alien : Covenant (611 copies), Problemos ne trouve le soutien que de 96 600 spectateurs pour ses 7 premiers jours. Face aux continuations américaines (Les gardiens de la galaxie 2, Get Out, Fast & Furious 8),  la comédie absurde entre en 5e position, avant de chuter de 47% avec 51 171 spectateurs, puis à 25 139 spectateurs pliés en deux en 3e semaine (-51%)…

L’atout Blanche Gardin, alors inconnue des salles de cinéma avec quelques petits rôles tertiaires, de l’ordre de l’apparition, ne saura mener les fans de l’humoriste en salle.

Depuis, StudioCanal n’a édité le film qu’en DVD et VOD. Pour le découvrir en haute définition, il faut donc se contenter d’un format digital, signe d’une vraie désolation. La comédie de science-fiction est devenue culte et une vraie pandémie a eu lieu trois ans plus tard donnant du grain à moudre à un Eric Judor visionnaire. On assume le qualificatif.

Frédéric Mignard

Teaser du troisième film d'Eric Judor, Problemos

© 2017 Albertine Productions – France 2 Cinéma -StudioCanal – Auvergne Rhône-Alpes Cinéma / Affiche : Le Cercle Noir pour The Alamo (design). Tous droits réservés.

Biographies +

Eric Judor, Blanche Gardin, Youssef Hajdi

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Bande annonce de Problemos

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