Film d’horreur sans doute trop classique dans son déroulement, Primate offre des scènes gore efficaces et des situations paroxystiques dans la violence qui expliquent son interdiction aux moins de 16 ans.
Synopsis : Un groupe d’amis voit son séjour idyllique, sur une île lointaine, dégénérer en un affrontement bestial.
Après les requins, les singes…
Critique : Artisan très inégal du cinéma horrifique, le Britannique Johannes Roberts a été capable du meilleur (Strangers Prey at Night en 2018) comme du pire (Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City en 2021) au cours de sa riche carrière. Pour Primate (2025), il est également à l’origine du scénario, en coopération avec Ernest Riera et retrouve donc le sous-genre du film d’agression animale après 47 Meters Down (2017) et sa suite 47 Meters Down : Uncaged (2019), deux œuvres loin de nous avoir laissé un souvenir impérissable.

Miguel Torres Umba est “Ben” dans Primate. © 2025 Paramount Pictures. All Rights Reserved.
Avec Primate, il change donc de prédateur pour mettre en scène un chimpanzé apprivoisé qui commence par être la plus charmante des créatures, avant d’être malencontreusement mordu par une mangouste ayant la rage. Le tout intervient exactement le jour de l’arrivée de la jeune Lucy qui vient passer ses vacances dans la maison familiale, avec sa meilleure amie Kate et sa pote Hannah. Dans sa magnifique demeure située à Hawaï – en réalité tournée au Royaume-Uni et intégrée avec des effets spéciaux dans un décor exotique – elle retrouve également sa sœur Erin et son père sourd Adam. Mais le pensionnaire le plus intrigant des lieux demeure le singe Ben, sympathique petit chimpanzé qui va assez rapidement changer de comportement pour devenir une redoutable machine à tuer.
Un scénario généré par IA, compensé par une violence graphique étonnante
Autant le dire immédiatement, la présentation des différents personnages ne se démarque aucunement du tout-venant du film horrifique contemporain en proposant des jeunes filles lisses et sans aspérités qui, en plus, se ressemblent toutes sur le plan physique. A cela, il convient d’ajouter un bogosse plutôt irritant – qui, heureusement, disparaîtra très vite de l’écran. Rien à signaler en matière de psychologie puisque le script est rédigé en mode automatique et que l’intérêt de Primate est ailleurs.
En fait, Johannes Roberts a sans doute eu conscience que son scénario enfile les clichés du film horrifique comme des perles et il a donc tout tablé sur l’efficacité et la violence graphique. Ainsi, le singe ne met pas trop longtemps à devenir agressif et la situation se dégrade suffisamment rapidement pour que le spectateur ne s’ennuie pas. Bien entendu, on pourra reprocher au cinéaste d’avoir recours à des effets faciles et à des ressorts narratifs essorés – comme l’arrivée inopinée de deux garçons supplémentaires attirés par l’odeur du sexe et qui font de providentielles victimes. Toutefois, il faut lui reconnaître le courage de livrer une œuvre sans concession en matière de violence et dans laquelle les victimes tombent comme des mouches, y compris dans l’entourage proche de l’héroïne incarnée avec pugnacité par Johnny Sequoyah, plutôt convaincante.
Une scène gore vous décrochera la mâchoire
Dès la scène inaugurale, Johannes Roberts nous prouve qu’il est capable de filmer une mort atroce de manière assez gore. Si toutes les exécutions ne sont pas aussi graphiques, il en est une qui risque de marquer durablement les esprits lorsque le chimpanzé décide d’arracher consciencieusement la mâchoire d’un jeune garçon, tandis que la caméra ne loupe aucun détail de l’extraction douloureuse. L’image est affreuse, puissante et justifie à elle seule l’interdiction du long métrage aux moins de seize ans.

Jessica Alexander et Miguel Torres Umba dans Primate from Paramount Pictures. © 2025 Paramount Pictures. All Rights Reserved.
Dans la dernière demi-heure, le réalisateur parvient à créer une atmosphère de violence assez éprouvante puisque désormais les êtres humains doivent retourner à leur état bestial pour pouvoir survivre aux assauts carnassiers du prédateur sur deux pattes. Autant dire que le sang gicle et que le spectateur est parfois confronté à des situations très tendues qui feront assurément la réputation du film.
Un singe bien réel en animatronique
La très bonne idée de Johannes Roberts vient du fait d’avoir écarté le recours aux effets numériques pour donner vie au singe. Il a privilégié l’emploi du comédien Miguel Torres Umba qui manipule une créature animatronique particulièrement palpable dans ses évolutions. Si certains risquent de critiquer ce choix, il donne en réalité toute sa puissance à l’incarnation de la menace, très réelle, aussi bien pour les spectateurs que pour les acteurs lors du tournage.
Enfin, en grand fan des années 80 et notamment du cinéaste John Carpenter qu’il cite à plusieurs reprises, Johannes Roberts a fait le choix d’utiliser une musique synthétique composée par Adrian Johnston et qui ressemble aux scores délivrés autrefois par le maître Carpenter. Il s’agit assurément d’un bon point qui fait donc de Primate un spectacle recommandable pour les amateurs de films d’horreur, même s’il faut passer outre le manque d’originalité du script, le peu de charisme d’un casting globalement fade et le recours à des ressorts narratifs qui semblent d’un autre âge.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 21 janvier 2026

Design : Concept Arts. © 2025 Paramount Pictures. All Rights Reserved.
Biographies +
Johannes Roberts, Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, Victoria Wyant, Troy Kotsur
Mots clés
Survival, Les singes au cinéma, Films d’horreur de l’année 2026, Interdit aux moins de 16 ans, Cinéma américain, Animaux tueurs, Les films d’horreur des années 2020