Oblivion : la critique du film (2013)

Science-fiction | 2h06min
Note de la rédaction :
7/10
7
Affiche officielle française de Oblivion avec Tom Cruise

  • Réalisateur : Joseph Kosinski
  • Acteurs : Tom Cruise, Morgan Freeman, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough, Melissa Leo, Nikolaj Coster-Waldau
  • Date de sortie: 10 Avr 2013
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Oblivion
  • Scénaristes : William Monahan, Joseph Kosinski
  • Directeur de la photo : Claudio Miranda
  • Compositeur : M83, Joseph Trapanase
  • Sociétés de production : Universal Pictures, Radical Pictures, Cherlinin Entertainment
  • Distributeur Universal Pictures International France
  • Editeur vidéo : Universal Pictures France
  • Date de sortie vidéo : 10 août 2013
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 1 331 599 entrées / 319 462 entrées
  • Box-office USA / Monde (hors USA) 89 107 235$ / 197 061 337$
  • Budget : 120 000 000$
  • Format : 2.40:1 / SDDS/Dolby Digital/Dolby Atmos
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 4/5]

La critique d’Oblivion, en France, n’avait pu être publiée avant le jour-même de sa sortie nationale en raison d’un sévère embargo mondial. Pourtant, Universal n’avait pas être honteux de cet avatar de science-fiction métaphysique. Joseph Kosinski, le cinéaste visionnaire de Tron l’héritage, réitérait sa maestria d’artiste dévoué à l’épure dans une œuvre de science-fiction magistrale qui échouait toutefois à combler toutes les attentes.

Synopsis : 2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui. Vivant et patrouillant à très haute altitude de ce qu’il reste de la Terre, la vie « céleste » de Jack est bouleversée quand il assiste au crash d’un vaisseau spatial et décide de porter secours à la belle inconnue qu’il renferme. Ressentant pour Jack une attirance et une affinité qui défient toute logique, Julia déclenche par sa présence une suite d’événements qui pousse Jack à remettre en question tout ce qu’il croyait savoir.

photo de Tom Cruise dans Oblivion

©2013 Universal Studios

Ce qu’il pensait être la réalité vole en éclats quand il est confronté à certains éléments de son passé qui avaient été effacés de sa mémoire. Se découvrant une nouvelle mission, Jack est poussé à une forme d’héroïsme dont il ne se serait jamais cru capable. Le sort de l’humanité est entre les mains d’un homme qui croyait que le seul monde qu’il a connu allait bientôt être perdu à tout jamais.

Critique : Né de son propre roman graphique, Oblivion de Joseph Kosinski appartient à ces projets fous qui nourrissent les fantasmes les plus épiques des amateurs de science-fiction toujours prêts à dénicher la perle rare dans un domaine où l’intelligence métaphysique, l’originalité scénaristique et l’épate high-tech font des merveilles.

 

En 2012, c’était Ridley Scott qui avait ainsi fait saliver le adorateurs des astres pendant des mois avant de livrer un Prometheus qui avait finalement divisé… La comparaison avec Oblivion n’est pas inappropriée, puisque le deuxième long métrage de Joseph Konsinski, après Tron l’héritage, visionnaire à l’architecture mentale numérique, passé de chez Disney à Universal, a divisé autant, voire même plus.

Dans une intrigue entièrement bâtie sur la perspective d’un twist radical censé changer notre vision globale de son script, Oblivion appartient à ces œuvres pour lesquelles il est inapproprié de ne pas trop en dire pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte… Et pourtant, pour tous les esprits entraînés à l’exercice, il ne sera pas bien difficile de déceler le fin mot de l’histoire sans en attendre le dénouement… Oblivion contraint son personnage principal – le juvénile Tom Cruise qui paraît avoir 35 ans dans le film -, à se remettre tellement en question que ses bottes d’astronaute en deviennent vite trop encombrantes dans une œuvre qui se veut toute en apesanteur, et où la finesse de trait et de style de Kosinski confine toujours au sublime visuel. Bref, la réponse est vite à portée de main !

Tom Cruise et Olga Kurylenko dans Oblivion

©2013 Universal Studios

Après l’éblouissement esthétique de Tron : l’héritage qui accumulait les plans épiques hors de toute proportion terrestre, la vision de science-fiction d’Oblivion est toute aussi enchanteresse, dans un univers apocalyptique où la surface de la Terre a été réduite à quelques cimes de gratte-ciels, à quelques magnifiques plans évocateurs de La planète des singes, dans sa version originale… Tom Cruise erre dans son Tech 49, vaisseau spatial effilé, qui lui permet de scanner une planète dévastée où il doit encore déjouer les pièges des dernières créatures destructrices repliées dans les entrailles des décombres… Les hommes ont remporté la guerre contre l’ennemi alien, désormais réduit a priori à peau de chagrin, au prix d’une guerre atomique totale qui a contraint l’humanité à s’exiler sur Titan, l’un des satellites de Saturne.

Olga Kurylenko dans Oblivion

©2013 Universal Studios

Tom Cruise, dernier gardien du bon ordre devant l’Éternel, aidé par d’impressionnants cyborgs volants dans sa tâche, doit encore protéger les imposantes structures volantes qui ravitaillent en eau les exilés humains sur l’hostile territoire qui les a accueillis.

Les réminiscences thématiques sont nombreuses : outre La planète des singes, on pense forcément au robot de Pixar dans WALL-E, ou encore au fameux Moon de Duncan Jones, à la différence qu’ici, la Lune a été littéralement anéantie par la force extra-terrestre, laissant apparaître dans le ciel limpide les débris figés d’une guerre dont on ne verra rien mais dont les stigmates nourrissent les fantasmes d’un tableau d’apocalypse parfait.

Sur une musique aérienne d’M83 qui évoque énormément le travail de Daft Punk sur Tron : l’héritage, sans arriver totalement à la même puissance mélodique (les deux formations françaises ont d’ailleurs collaboré avec Joseph Trapanese pour rendre leurs tics musicaux plus adaptés à l’exercice de bande-originale), Oblivion est bien l’œuvre de Kosinski qui, loin d’être le tâcheron d’un studio, impose un point de vue esthétique singulier, intransigeant, poussant l’épure jusque dans le rythme, puisque, mauvais point pour le grand public et le studio qui produit, dans Oblivion, tourné en 2D, l’action est à bout de souffle.

Andrea Riseborough dans Oblivion

©2013 Universal Studios

Moins percutant qu’un film avec robots géants paraphé par Michael Bay, Oblivion est le drame de l’intime dans des décors macrocosmiques ! Kosinski, comme dans Tron 2, joue la carte de l’émotion froide, s’appuyant beaucoup sur le jeu d’acteurs chevronnés (Cruise est solide, Andrea Riseborough, vue dans le W.E. de Madonna, est étonnante dans la retenue de ses sentiments…). De cette beauté constante naît une adhésion qui serait totale s’il n’y avait pas les facilités d’écriture et une poignée de plans maladroits qui viennent tempérer l’excitation.

Au final, Oblivion est un film de vertige qui suscitera des spirales de sentiments contradictoires et dont le résultat au box-office a forcément été loin d’être à la hauteur de sa démesure.

Frédéric Mignard  

Les sorties de la semaine du 10 avril 2013

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Affiche officielle française de Oblivion avec Tom Cruise

©2013 Universal Studios

Box-office :

Parmi les premiers blockbusters estivaux de la saison 2013, Oblivion n’a pas eu l’écho favorable qu’il méritait aux USA, avec 90 000 000$ au box-office, pour un budget gonflé à 120 000 000$. Une déception due au manque de popularité de Tom Cruise aux USA et donc à un premier week-end à 37M$ un peu faible. Mais le film ne s’est pas effondré et a su poursuivre tranquillement sa carrière,  parvenant à largement doubler ses premières recettes, ce qui était le signe d’un bouche-à-oreille plutôt favorable.

En France, pays fidèle à Tom Cruise où le million d’entrées lui est généralement acquis, Oblivion a réalisé une entame satisfaisante (598 132 entrées dans 574 salles), et n’a pas vraiment démérité sur les 3 semaines qui suivirent (355 000, 195 000…). Le film a seulement dévissé en 7e semaine, quand il a perdu le soutien de 72 exploitants, passant de 133 à 61 copies en circulation, et donc de 23 000 à 4 500 spectateurs.

Le Royaume-Uni a par ailleurs plutôt bien reçu le film, se faisant le premier marché hors Etats-Unis. En revanche, le reste du monde sera plus mitigé, avec des résultats à l’avenant de la contre-performance de étatsunienne.

Frédéric Mignard  

Affiche teaser française de Oblivion de Joseph Kosinski

©2013 Universal Studios

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Affiche officielle française de Oblivion avec Tom Cruise

Bande-annonce 3 d'Oblivion

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