Nope : la critique du film (2022)

Science-Fiction | 2h10min
Note de la rédaction :
5/10
5
Nope, l'affiche

  • Réalisateur : Jordan Peele
  • Acteurs : Steven Yeun, Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Brandon Perea, Michael Wincott
  • Date de sortie: 10 Août 2022
  • Nationalité : Américain, Japonais
  • Titre original : Nope
  • Titres alternatifs : Ben non (Québec) / Ноу (Ukraine) / ¡Nop! (Espagne) / Nie! (Pologne) / Nem (Hongrie) / Não! Não Olhe! (Brésil)
  • Année de production : 2022
  • Scénariste(s) : Jordan Peele
  • Directeur de la photographie : Hoyte van Hoytema
  • Compositeur : Michael Abels
  • Société(s) de production : Universal Pictures, Dentsu, Monkeypaw Productions
  • Distributeur : Universal
  • Éditeur(s) vidéo : Universal Vidéo
  • Date de sortie vidéo : Décembre 2022
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : 100 M$ (en continuation)
  • Budget : 68 M$
  • Classification : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : Sonics-DDP, Dolby Atmos, Dolby Digital, IMAX 6-Track, Dolby Surround 7.1
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : LA. Tous droits réservés.
  • Crédits : Universal Pictures
Note des spectateurs :

Après une première heure inquiétante, Nope se fourvoie lors d’une partie finale plus discutable où le spectaculaire dissimule mal la vacuité du propos. Un coup pour rien pour Jordan Peele dont on salue toutefois la maestria technique.

Synopsis : Les habitants d’une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d’une découverte terrifiante à caractère surnaturel.

Rencontre avec le 3ème opus de Jordan Peele

Critique : Nouveau chouchou de la critique mondiale et protégé des grands studios depuis le triomphe inattendu de son Get Out (2017) qui a vraiment révolutionné la conception des exécutifs des grandes compagnies américaines, Jordan Peele a eu le grand mérite de rendre viable sur le plan commercial une œuvre entièrement portée par des acteurs noirs. Après un Us (2019) toujours très ambitieux, mais au script quelque peu confus, Peele nous revient avec Nope, un pur film de science-fiction qui se voudrait une œuvre actualisant Rencontres du 3ème type (Spielberg, 1977). Toutefois, l’auteur-réalisateur a choisi d’orienter son long-métrage vers une réflexion sur le cinéma, et plus généralement sur l’emprise des images sur nos vies.

Il prend ainsi le temps de développer son intrigue – finalement assez basique – durant une première heure qui bénéficie d’une ambiance très mystérieuse et parfois anxiogène. Lorsque le réalisateur décide de nous faire peur, il y parvient plutôt bien, d’autant que son histoire est présentée de manière parcellaire, ce qui suscite à la fois curiosité et inquiétude. Au passage, il développe l’idée qui lui est chère en défendant la thèse selon laquelle l’une des premières images animées tournées au 19ème siècle était celle d’un homme noir à cheval. De là à faire des Noirs des pionniers du septième art, il n’y a qu’un pas que le réalisateur franchit allègrement. Il n’a ensuite de cesse de reproduire cette image initiale durant ce qui va s’apparenter à un western sur fond de science-fiction.

Des thématiques intéressantes, mais insuffisamment développées

Durant cette première heure, on remarque également l’éclosion d’une thématique opposant le monde animal guidé par l’instinct et le chaos (les chevaux qui désobéissent, le singe qui devient fou ou encore l’extraterrestre revêche) au monde des humains qui se veut ordonné et surtout maîtrisé. Jordan Peele démontre ici que toutes les tentatives de l’homme pour asservir son milieu naturel est voué à l’échec. On peut comprendre ainsi la localisation de l’action dans un parc d’attraction westernien. Il s’agit non seulement d’un milieu entièrement artificiel, mais aussi d’un lieu porteur de la mémoire du cinéma et donc du passé des images.

Malheureusement, une fois la révélation de la présence extraterrestre effectuée, la deuxième heure patine sérieusement car Jordan Peele ne sait plus quoi faire de ses personnages, tous insuffisamment caractérisés et souvent réduits à des archétypes. On le sent embarrassé avec sa critique pas vraiment virulente de la quête du buzz par les jeunes générations, tandis que sa fascination pour la forme extraterrestre le pousse à tourner des scènes spectaculaires qui ont pourtant un goût de déjà-vu.

Une excellente réalisation au service de personnages bien trop creux

Bien entendu, le résultat final n’est jamais mauvais ou catastrophique, mais on regarde Nope de manière distraite et non immersive. La faute à des personnages creux qui n’émeuvent jamais et dont le destin ne nous intéresse pas. Daniel Kaluuya n’a jamais paru aussi distant, Keke Palmer est tout à fait correcte, mais un peu tête à claque, tandis que Steven Yeun paraît lui aussi bien lisse pour un personnage étant traumatisé par un terrible passé.

Si la réalisation est très bonne, que la photographie est impeccable, on ne peut que regretter ce scénario qui initie un nombre conséquent de pistes narratives et thématiques ambitieuses, mais qui ne les pousse jamais jusqu’au bout de leur potentiel. De quoi être frustré puisqu’au lieu de ressembler à un film de Steven Spielberg, Nope nous fait surtout songer à Signes (2022), le ratage de Shyamalan avec Mel Gibson. Nope partage avec son aîné son cadre rural proprement américain et certaines situations absurdes qui permettent à un petit groupe d’Américains moyens de venir à bout d’une menace extraterrestre pourtant bien plus puissante.

Finalement décevant, Nope est parvenu à mobiliser le public américain puisque ce budget moyen est parvenu à franchir les 100 millions de dollars de recettes en peu de temps. Même si le long-métrage n’est pas le plus réussi de son auteur, on peut tout de même saluer le courage de Jordan Peele qui continue d’offrir du neuf à un public habitué à ne regarder que des produits formatés et prémâchés.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 10 août 2022

Nope, l'affiche

© 2022 Universal Pictures – Dentsu – Monkeypaw Productions / Affiche : LA. Tous droits réservés.

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Jordan Peele, Steven Yeun, Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Brandon Perea, Michael Wincott

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Bande-annonce de Nope (VOstf)

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