Massacre au Grand Canyon : la critique du film (1973)

Western | 1h25min
Note de la rédaction :
6/10
6
Massacre au grand canyon, affiche du film d'Albert Band

  • Réalisateur : Albert Band Sergio Corbucci
  • Acteurs : Andrea Giordana, George Ardisson, James Mitchum
  • Date de sortie: 01 Mar 1973
  • Nationalité : Italien
  • Titre original & alternatifs : Massacre at Grand Canyon, Grand Canyon Massacre, Massacre at Canyon Grande (Etats-Unis.), I pascoli rossi (Italie), Keinen Cent für Ringos Kopf (Allemagne)
  • Scénaristes : Albert Band, Sergio Corbucci, Fede Arnaud (dialogues)
  • Directeur de la photographie : Enzo Barboni
  • Compositeur : Gianni Ferrio
  • Sociétés de production : Ultra Film, Prodi Cinematografica
  • Distributeur : Les films Jacques Leitienne
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs - 35mm, Eastmancolor / Son : Mono
  • Crédits visuels : © 1973 Ultra Film,Prodi Cinematografica, Les films Jacques Leitienne. Tous droits réservés.
  • Année de production : 1963
  • Box-office Paris-Périphérie : 13 884 entrées
Note des spectateurs :
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Massacre au Grand Canyon est un western très classique, pour ne pas dire générique. Néanmoins, il se laisse suivre avec plaisir et ébauche certaines thématiques qui seront propres au western spaghetti.

Synopsis : Après avoir enfin éliminé les meurtriers de son père, Wes Evans revient au bout de deux ans dans son village, où tout le monde le croyait mort. Les habitants le somment de reprendre le poste de shériff de son père afin de régler un différent entre deux familles rivales : les Dancer et les Whitmore.

Un film signé Corbucci ou Albert Band ?

Critique : Bien que sorti en 1973 chez nous, Massacre au Grand Canyon est un western européen coréalisé en 1963 par Albert Band et Sergio Corbucci, quelques mois avant le film qui a révolutionné le genre, Pour une poignée de dollars. De fait, nous sommes devant une œuvre dont les canons esthétiques se rattachent à la série B américaine. Massacre au Grand Canyon est donc un film très classique, qui peine malheureusement à se distinguer du reste de la production, la faute à un certain manque d’inventivité.

La réalisation de Band et Corbucci se révèle donc sans surprise ni saveur, en dépit d’un travail intéressant sur les gros plans et de scènes d’action rondement menées. A noter que Corbucci, dans Sergio Corbucci a cura di Orio Caldiron minimise son travail sur le film. Il prétend en effet n’avoir tourné que quelques scènes, et laisse entendre qu’il ne devrait même pas être crédité au générique.

Anecdotique, mais…

S’il décevra ceux qui s’attendent à trouver les caractéristiques du cinéma de Corbucci et du western spaghetti en général, Massacre au Grand Canyon demeure divertissant et intéressant. Divertissant, car il propose des scènes de fusillades généreuses à la faveur de nombreux figurants et un script efficace qui parvient à tenir le spectateur en haleine.

Du spaghetti sans la sauce

Massacre au Grand Canyon est un film intéressant, car il annonce certains thèmes que le western italien développera à posteriori. En effet, on retrouvera ce type de conflit entre deux clans dans Pour une poignée de dollars, et la figure du héros exilé revenant sur ses terres dans Le retour de Ringo. Ensuite, si la musique de Gianni Ferrio, assez moyenne, ne cache pas ses influences américaines, certains passages minimalistes et choix d’instruments annoncent ce que sera la bande-son du western européen. Enfin, il s’agit du premier film du tout jeune Andrea Giordana, qui deviendra un acteur très apprécié des amateurs du genre au vu de ses prestations ultérieures dans de superbes westerns tels que Django porte sa croix et Les colts brillent au soleil.

De façon générale, le film propose de bonnes performances d’acteurs. James Mitchum incarne un protagoniste convaincant, bien qu’à mille lieues du charisme de l’homme sans nom. Face à lui, George Ardisson est impeccable dans le rôle de l’opposant.

Massacre au Grand Canyon, ou les débuts timides de grands noms du genre

Si les décors yougoslaves de Massacre au Grand Canyon peinent à convaincre, le film bénéficie d’une photographie soignée et d’éclairages réussis, même lors des scènes nocturnes. Cela n’est pas étonnant puisqu’Enzo Barboni est aux commandes. Ce dernier travaillera  notamment sur Django et passera à la réalisation, en signant les deux Trinita, dont on est ici à mille lieues au vu du sérieux du ton.

Ainsi, le principal intérêt de ce Massacre au Grand Canyon est d’être le témoignage des premiers pas de personnalités majeures du western européen. Il ne possède pas les caractéristiques stylistiques qui feront les heures de gloire du genre et n’est à conseiller qu’aux fanatiques les plus acharnés. Sa production soignée et son scénario efficace en font néanmoins un film qui pourrait aussi plaire aux amateurs de westerns classiques.

Critique : Kevin Martinez

Les westerns spaghettis sur CinéDweller

Massacre au grand canyon, affiche du film d'Albert Band

© 1973 Ultra Film, Prodi Cinematografica, Les films Jacques Leitienne. Tous droits réservés.

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